Les autorités iraniennes ont récemment franchi un pas symbolique mais lourd de signification diplomatique. En coordination avec le ministère des Affaires étrangères, le conseil municipal de Téhéran a annoncé, à la mi-juin, le changement de nom du boulevard « Khaled Al-Islambouli », désormais rebaptisé « Hassan Nasrallah ». Ce geste met fin à une dénomination controversée qui a longtemps constitué un point de friction entre l'Iran et l'Egypte. Khaled Al-Islambouli, officier égyptien et principal accusé dans l'assassinat du président Anouar el-Sadate en 1981, était considéré en Iran comme une figure de résistance à l'époque postrévolutionnaire. Mais cette glorification était perçue au Caire comme une offense à la mémoire nationale et un obstacle à toute normalisation entre les deux pays. Le Caire salue un geste "positif" et appelle à renforcer les liens Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdel Aaty, a salué cette décision, la qualifiant de « positive » lors d'une déclaration à la chaîne égyptienne ON. Selon lui, ce changement de nom permet de lever l'un des freins majeurs à l'amélioration des relations bilatérales. « Nous accueillons favorablement le changement du nom du boulevard portant le nom de l'assassin du président Sadate. C'est une étape importante qui pourrait contribuer à rétablir des relations diplomatiques complètes entre Le Caire et Téhéran », a-t-il déclaré. Abdel Aaty a également révélé le lancement d'un mécanisme de concertation entre les deux capitales, à un niveau inférieur à celui ministériel, pour discuter d'une coopération accrue dans les domaines économique, commercial et touristique. Un contexte de rapprochement progressif entre Le Caire et Téhéran Cette évolution s'inscrit dans un climat d'apaisement progressif. Ces derniers mois, l'Egypte et l'Iran ont multiplié les signaux de bonne volonté. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a effectué plusieurs visites officielles au Caire, où il a rencontré de hauts responsables égyptiens, dont le président Abdel Fattah al-Sissi. Selon les observateurs, ce rapprochement s'explique également par une conjoncture régionale en recomposition, marquée par une volonté commune d'ouverture et de redéfinition des alliances stratégiques. Un nom, une mémoire, un tournant Le nom de Khaled Al-Islambouli a longtemps symbolisé l'impasse diplomatique entre les deux puissances du Moyen-Orient. Sa suppression des rues de Téhéran n'est pas qu'un geste cosmétique : elle reflète une volonté iranienne de tourner une page et d'envoyer un message clair à l'Egypte. Pour autant, les défis restent nombreux. La restauration complète des relations diplomatiques suppose un dialogue soutenu, des garanties mutuelles et une confiance à reconstruire après des décennies de tensions idéologiques et géopolitiques. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!