Une tentative vouée à l'échec Essayez maintenant de vous chatouiller sous les aisselles ou sur les côtes. Avez-vous ri ? Probablement pas. Pourtant, lorsqu'un proche le fait, vous éclatez de rire et lui demandez d'arrêter. Pourquoi cette différence ? Parce que votre cerveau anticipe parfaitement vos gestes et sait déjà ce que vous allez ressentir. Le rôle du cervelet Cette prouesse neurologique repose sur une petite zone située à l'arrière du crâne : le cervelet. Chargé de la coordination des mouvements, il agit comme un prédicteur. Lorsque vous décidez de vous chatouiller, votre cerveau envoie une commande à vos muscles, mais transmet également une copie de ce signal au cervelet. Celui-ci calcule aussitôt la direction, la force et la vitesse du mouvement, et surtout le moment exact du contact. Le cervelet informe alors le cortex somatosensoriel — responsable de l'interprétation des sensations tactiles — qu'il s'agit d'un contact auto-induit, donc inoffensif. Résultat : votre corps filtre l'information et la considère comme négligeable. Une fonction de filtrage essentielle Sans ce filtre interne, notre quotidien serait submergé de distractions sensorielles : le frottement des vêtements, les cheveux sur la peau, les gestes de nos propres bras... Le cerveau a donc appris à ignorer les signaux qu'il produit lui-même pour mieux se concentrer sur les stimuli extérieurs potentiellement menaçants, comme un bruit suspect ou une piqûre d'insecte. Peut-on tromper le cerveau ? Des chercheurs du University College de Londres ont tenté de le faire en 1999. Dans leur expérience, les participants actionnaient un levier qui déclenchait, avec un léger décalage, une chatouille par une main robotique. Lorsque le délai était court, la sensation restait faible. Mais à partir d'un tiers de seconde de retard, l'effet devenait beaucoup plus fort — presque équivalent à celui provoqué par une autre personne. Cela prouve qu'l'imprévisibilité est cruciale pour que le cerveau réagisse pleinement. Quand les autres nous chatouillent Dans ce cas, le cerveau n'est pas préparé : il ne sait ni où ni quand aura lieu le contact. Cela active intensément les zones sensorielles et déclenche un sursaut ou un rire nerveux. Ce mécanisme, hérité de l'évolution, permettait à nos ancêtres de réagir à des contacts légers sur des zones sensibles, comme la peau — souvent signe d'un insecte menaçant. Le rire, lui, servait à désamorcer la tension et signaler que tout va bien. Conclusion : un système nerveux bien réglé Si vous ne pouvez pas vous chatouiller vous-même, c'est une bonne nouvelle. Cela signifie que votre cervelet fait correctement son travail : filtrer ce qui est prévisible pour mieux vous alerter en cas d'imprévu. C'est une démonstration parfaite de l'efficacité de notre système nerveux, conçu pour nous garder attentifs à ce qui compte vraiment. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!