La tension diplomatique est montée d'un cran entre la Guinée équatoriale et la France. Lors d'une audience devant la Cour internationale de justice (CIJ), Malabo a accusé Paris de poursuivre un « nouvel agenda colonial », dans le cadre d'un contentieux juridique toujours en cours autour d'un luxueux palais situé à Paris, dont la valeur dépasse les 100 millions d'euros. Ce bien a été saisi par les autorités françaises après la condamnation du vice-président équato-guinéen, Teodorin Nguema Obiang Mangue, pour corruption. Le gouvernement équato-guinéen a réclamé de toute urgence à la CIJ d'interdire à la France toute tentative de mise en vente du bien. Le palais en question comprend des installations somptueuses : salle de cinéma privée, hammam, et même des robinets plaqués or. Malabo dénonce des actes unilatéraux de la police française, notamment le changement des serrures de plusieurs portes du bâtiment, sans notification officielle. « Un mépris pour la souveraineté nationale » L'ambassadeur de Guinée équatoriale en France, Carmelo Nvono-Ncá, a vivement critiqué ce qu'il qualifie de « mépris flagrant pour la souveraineté nationale », affirmant que la France « n'a toujours pas compris que les Africains ne tolèrent plus l'ingérence dans leurs affaires internes ». Il a exigé un « accès immédiat, complet et sans restriction au bâtiment », accusant Paris de vouloir vendre le palais et s'emparer unilatéralement des recettes issues de la transaction. Un dossier judiciaire relancé Ce litige n'est pas nouveau. En 2016, déjà, la CIJ avait été saisie par la Guinée équatoriale, qui tentait de faire reconnaître le bâtiment comme siège de sa mission diplomatique. Mais la Cour avait donné raison à la France, estimant que le statut diplomatique n'avait été invoqué qu'après l'ouverture des enquêtes, et que l'ambassade officielle du pays se trouve à une autre adresse dans la capitale française. Pour sa part, Diego Colas, conseiller juridique du ministère français des Affaires étrangères, a rejeté les accusations, qualifiant la plainte de « sans fondement ». Il a précisé que la vente du palais « n'est pas imminente », et que la récente intervention policière avait pour but une simple reconnaissance des lieux. Ce nouveau chapitre judiciaire ravive un débat plus large sur les relations postcoloniales entre la France et l'Afrique, dans un contexte de tensions croissantes autour des symboles de richesse, de pouvoir, et de souveraineté. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!