De violentes explosions ont secoué dans la nuit la capitale yéménite Sanaa, après une série de frappes aériennes israéliennes visant plusieurs sites stratégiques. Les médias proches du mouvement Ansar Allah (Houthis) ont dénoncé un « acte d'agression sioniste-américain », tandis que l'armée israélienne affirme avoir ciblé des infrastructures militaires en représailles aux tirs de missiles et de drones en provenance du Yémen. Des frappes de grande ampleur Selon des correspondants sur place, au moins trois raids ont visé la zone d'Atan, au sud-ouest de Sanaa, tandis que des sources israéliennes indiquent que le palais présidentiel et son complexe militaire auraient été directement ciblés. Des dépôts de carburant, deux stations électriques et une base de lancement de missiles figurent également parmi les cibles. La chaîne israélienne Kan 13 a précisé que des missiles avaient frappé une base de roquettes située à proximité du palais présidentiel. L'opération, baptisée « Nevi Tsidk » (Prophète de la justice), a mobilisé 14 avions de combat et près de 40 missiles, selon la radio militaire israélienne. Les autorités locales font état d'un bilan provisoire de 2 morts et 5 blessés dans une attaque ayant visé une station de la compagnie nationale du pétrole. Les pompiers ont été déployés pour maîtriser d'importants incendies dans le sud et l'ouest de la capitale. La riposte et les menaces L'armée israélienne affirme avoir agi sur la base de « renseignements précis », en accusant les Houthis d'utiliser les installations énergétiques civiles « à des fins militaires ». Elle soutient également que les frappes visent à réduire la capacité du mouvement à lancer des attaques contre Israël, menées « avec le soutien et le financement iranien ». En réponse, un haut responsable politique du mouvement Ansar Allah, Mohamed al-Faraj, a déclaré que les frappes visaient avant tout des zones civiles et constitueraient une tentative « de masquer les pertes israéliennes à Gaza et en mer Rouge ». Les Houthis promettent d'intensifier leurs attaques et d'atteindre « des cibles plus profondes au cœur du territoire israélien ». Une escalade régionale Cette attaque intervient deux jours après l'interception par la défense israélienne d'un missile tiré depuis le Yémen, muni d'une ogive à fragmentation, ainsi que d'un drone piégé. Les autorités israéliennes avaient brièvement suspendu le trafic aérien à l'aéroport Ben Gourion à Tel-Aviv, provoquant des scènes de panique. Depuis fin juillet, les Houthis annoncent vouloir étendre leurs opérations maritimes à toutes les compagnies commerciales liées à Israël, en signe de soutien à Gaza. Le Premier ministre israélien Benjamín Netanyahou, le ministre de la Défense Israël Katz et le chef d'état-major Eyal Zamir ont suivi en direct l'opération depuis le ministère de la Défense. Selon un responsable cité par la radio militaire, « le raid sur le palais présidentiel est un message clair : les centres de pouvoir des Houthis sont désormais dans notre ligne de mire ». Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!