La confrontation entre Donald Trump et la Réserve fédérale américaine a franchi un nouveau cap. Le président des Etats-Unis a annoncé lundi le limogeage immédiat de Lisa Cook, gouverneure de la Fed et première femme afro-américaine à occuper ce poste, sur fond d'accusations de fraude immobilière. Une décision sans précédent dans l'histoire de la banque centrale, qui pourrait déclencher une bataille judiciaire. Dans une lettre publiée sur son réseau Truth Social, Donald Trump a affirmé avoir «déterminé qu'il y avait suffisamment de raisons» pour mettre fin aux fonctions de Lisa Cook. Le président républicain l'accuse d'avoir falsifié des documents pour obtenir des conditions favorables sur deux prêts immobiliers, déclarant deux résidences principales distinctes, l'une dans le Michigan, l'autre en Géorgie. «Au minimum, une négligence grossière en matière de transactions financières», a écrit Trump, qui estime que cela remet en cause la compétence de la responsable. Lisa Cook contre-attaque La gouverneure a immédiatement répliqué, affirmant que le président «n'a pas le pouvoir» de la démettre. «Je ne démissionnerai pas. Je continuerai à exercer mes fonctions pour aider l'économie américaine comme je le fais depuis 2022», a-t-elle déclaré dans un communiqué transmis à la presse par son avocat Abbe David Lowell. Celui-ci a annoncé que toutes les mesures nécessaires seront prises pour bloquer cette décision jugée «illégale». Nommée en 2022 par Joe Biden, Lisa Cook est une économiste chevronnée, ancienne collaboratrice de Barack Obama. Elle avait déjà expliqué que son prêt immobilier contesté avait été contracté avant son arrivée à la Fed. Les accusations proviennent notamment de Bill Pulte, responsable de l'Agence de financement du logement (FHFA) nommé par Trump, qui l'accuse d'avoir manipulé des documents bancaires. Une première dans l'histoire de la Fed CNN souligne qu'il s'agit de la première fois qu'un président américain tente de renvoyer un gouverneur de la Fed, une institution réputée indépendante. Cette décision accroît les tensions entre la Maison-Blanche et Jerome Powell, président de la Fed, déjà sous pression de Donald Trump pour abaisser rapidement les taux d'intérêt. Le président américain l'a d'ailleurs surnommé «Trop tard», l'accusant d'avoir attendu trop longtemps pour agir. La semaine dernière, Powell s'était montré ouvert à une baisse prochaine des taux afin de soutenir l'emploi, dans un contexte où les droits de douane imposés par Trump depuis avril perturbent l'économie. Le mandat de la Fed consiste à maintenir l'inflation autour de 2% et à garantir le plein emploi, un équilibre rendu fragile par les politiques protectionnistes actuelles. Vers un bras de fer juridique et politique Selon les juristes, la décision de Donald Trump sera probablement contestée devant les tribunaux, ce qui permettrait à Lisa Cook de rester en poste jusqu'à l'issue de la procédure. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a dénoncé une «prise autoritaire du pouvoir qui viole de manière flagrante la législation sur la Réserve fédérale». Cette crise intervient alors que Trump a déjà placé un de ses proches conseillers, Stephen Miran, à la Fed, après la démission d'une autre responsable. Sa nomination, prévue pour janvier, doit encore être confirmée par le Sénat, désormais à majorité républicaine. La Fed, contactée après l'annonce, n'a pas souhaité commenter immédiatement la décision présidentielle. Mais une chose est sûre : le bras de fer entre Donald Trump et la banque centrale américaine ne fait que commencer. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!