Le gouvernement canadien hausse le ton. Mercredi, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand a annoncé que le Canada est en train « d'évaluer » sa relation avec Israël, au lendemain de frappes « inacceptables » menées mardi à doha et présentées comme visant des membres du Hamas. « Il s'agit d'une violation de l'espace aérien qatari (...) au moment où le qatar essayait d'œuvrer pour la paix », a déclaré la cheffe de la diplomatie lors d'une conférence de presse à edmonton. Cette prise de position marque un durcissement du discours d'ottawa. Anita anand a rappelé que le canada travaille à la reconnaissance de l'Etat de palestine, une décision que le gouvernement entend officialiser lors de l'assemblée générale de l'onu fin septembre. « Nous veillons à être sur la bonne voie pour reconnaître officiellement la palestine », a-t-elle ajouté, tout en soulignant que la priorité d'ottawa reste « de travailler pour la paix au moyen-orient » et de répondre rapidement à la crise humanitaire à gaza. L'annonce intervient sur fond de tensions diplomatiques croissantes autour de la guerre à gaza et du rôle des médiateurs régionaux. En ciblant doha, acteur central de multiples médiations, les frappes israéliennes ont suscité de vives réactions dans les capitales occidentales et arabes, d'autant qu'elles interviennent alors que le Qatar affirme œuvrer à des efforts de désescalade. Sur le plan européen, la présidente de la commission européenne, ursula von der leyen, a proposé mercredi des sanctions contre des ministres « extrémistes » en israël et une suspension partielle de l'accord d'association ue–israël. Une orientation qui, si elle se concrétise, accroîtrait l'isolement diplomatique de tel-aviv et renforcerait la pression internationale pour un retour à la négociation. Pour ottawa, l'« évaluation » de la relation avec israël pourrait se traduire par un réexamen des échanges politico-sécuritaires et des positions canadiennes dans les enceintes multilatérales. Sans détailler de mesures immédiates, la ministre anand a insisté sur l'exigence de respect du droit international, de la souveraineté des Etats et de la protection des civils. Alors que l'échéance de fin septembre approche à l'onu, le canada se positionne pour faire coïncider sa reconnaissance annoncée de la palestine avec un renforcement de son rôle diplomatique au moyen-orient. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!