Lors d'une visite à Tunis, Philippe Orliange, directeur exécutif des Géographies de l'Agence française de développement (AFD), a signé avec les autorités tunisiennes une série de conventions totalisant 54,5 millions d'euros. Ces financements ciblent trois leviers jugés prioritaires par la Tunisie : sécuriser l'accès à l'eau potable, soutenir l'autonomisation économique des populations vulnérables et accélérer la formation professionnelle des jeunes. La cérémonie s'est tenue au ministère de l'Economie et de la Planification en présence de Samir Abdelhafidh, ministre de l'Economie et de la Planification, d'Abdelhamid Mnajja, PDG de la SONEDE, et de l'ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen. Eau potable : des investissements structurants pour 6 millions de personnes Sur le front de l'eau, l'AFD apporte 12 M€ et 30 M€ additionnels pour deux projets structurants : le renforcement de l'adduction Cap Bon–Sahel–Sfax et la sécurisation du Grand Tunis (cofinancée avec la BEI). Une subvention de 0,5 M€ est également allouée à la finalisation du schéma directeur de l'eau potable du Grand Tunis. Avec ces ajouts, l'engagement cumulé de l'AFD sur le Grand Tunis atteint 68 M€. Concrètement, il s'agit de construire de nouvelles stations de traitement (à Kalaa Kébira et Béjaoua), édifier des réservoirs et poser des conduites supplémentaires pour augmenter la capacité et la fiabilité du réseau. Près de 6 millions de Tunisiens – soit environ la moitié de la population – sont concernés à terme par ces investissements, qui visent à valoriser les excédents du Nord, répondre à la hausse de la demande urbaine et soulager les nappes intérieures. Inclusion économique : un appui de 5 m€ pour doubler la capacité du programme Sur l'inclusion économique, un appui budgétaire de 5 M€ soutient le Programme d'autonomisation économique des catégories pauvres et à revenus limités et des personnes handicapées, piloté par le ministère des Affaires sociales. Créé en 2022, ce dispositif finance des projets d'entrepreneuriat via des subventions et un accompagnement personnalisé. L'apport de l'AFD doit doubler la capacité du programme, avec un ciblage prioritaire des régions les plus touchées par la pauvreté et la mobilité, afin de renforcer l'inclusion durable et la résilience des territoires. Emploi des jeunes : 7 m€ pour deux centres d'excellence Côté emploi des jeunes, un financement de 7 M€ est dédié à la formation professionnelle et à la mobilité (dont 5 M€ AFD et 2 M€ du ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères). L'objectif est d'apporter une réponse opérationnelle au chômage des 15–24 ans (37,7 %). Le projet – d'une durée de trois ans à compter de décembre 2025 – modernisera deux centres pilotes : le Centre sectoriel d'Outillage de Sousse et le Centre sectoriel de Mécanique générale de Grombalia, pour en faire des centres d'excellence. Les cibles annoncées sont 1 800 apprenants accueillis, un taux d'emploi de 100 % un an après la sortie, la création ou le renforcement de 10 filières, ainsi que l'accompagnement de 100 Tunisiens de retour dans leur réinsertion professionnelle. Le financement couvre à la fois les infrastructures, la montée en compétences des formateurs et les passerelles de mobilité internationale. Un signal politique et technique de haut niveau Au-delà des chiffres, la présence à Tunis de Philippe Orliange, l'un des plus hauts responsables opérationnels de l'AFD, porte un signal politique et technique fort. Elle confirme la confiance de l'institution envers les priorités nationales tunisiennes, facilite les arbitrages nécessaires à l'aboutissement des projets et accélère la coordination avec les partenaires (BEI, ministères sectoriels, SONEDE). Cette visite illustre aussi une convergence de vues franco-tunisienne : des financements orientés résultats, sur des secteurs sociaux et productifs, avec des indicateurs mesurables et un accent sur la mise en œuvre. Dans un contexte de pression hydrique, d'attentes sociales et d'urgence d'insertion des jeunes, l'approche retenue – infrastructures essentielles + inclusion + compétences – vise des effets tangibles à court terme et structurants à moyen terme. De la mise en œuvre aux résultats : cap sur l'impact Les déclarations de clôture l'ont rappelé : « Ces financements n'ont de sens que par leur mise en œuvre effective », a souligné Philippe Orliange, tandis que le ministre Samir Abdelhafidh a mis en avant « l'ampleur et la diversité de la coopération avec la France, et en particulier l'AFD », pleinement alignée sur les priorités économiques et sociales de la Tunisie. Entre sécurité hydrique, autonomie économique et employabilité, ce nouveau paquet de 54,5 M€ vise à passer du projet à l'impact, au bénéfice direct des ménages et des territoires. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!