La Tunisie enregistre une performance remarquable en matière d'attraction des capitaux privés durant les sept premiers mois de l'année 2025. Selon le dernier rapport de l'Instance Tunisienne de l'Investissement (TIA), le volume global des investissements déclarés atteint 3 920,1 millions de dinars, marquant une progression de 12,1% comparativement à la même période de 2024. Cette dynamique positive masque toutefois des disparités territoriales. Les 53 198 opportunités d'emploi attendues, en hausse de 7,2%, se concentrent majoritairement sur le littoral. Le secteur industriel maintient sa position dominante L'industrie tunisienne continue d'occuper une place prépondérante dans le paysage économique national, représentant 37% du total des investissements déclarés et 40% des emplois projetés. Cette position de force témoigne de la solidité structurelle du tissu industriel du pays. Néanmoins, ce secteur fait face à un certain ralentissement avec un repli de 12,7% des investissements déclarés, tandis que la création d'emplois ne progresse que modestement de 0,6%. Le secteur des services confirme quant à lui sa place de second contributeur à l'économie tunisienne. Avec 855,2 millions de dinars d'investissements mobilisés, soit 22% du volume total, et 24 463 emplois à créer représentant 46% du total, ce domaine d'activité démontre un dynamisme particulièrement soutenu. Les services bénéficient d'une croissance remarquable de 25% en termes d'investissements et de 14,4% concernant les emplois déclarés. Efforts de rééquilibrage L'analyse géographique des flux d'investissement révèle une concentration qui illustre relativement certaines disparités. Les dix premiers gouvernorats accaparent plus de 72% du volume total des investissements déclarés, laissant les quatorze autres gouvernorats se partager moins d'un tiers des capitaux. Cette répartition dessine une carte économique où Tunis trône avec 415,3 millions de dinars, soit 11% des investissements nationaux. La primauté des régions côtières s'affirme avec force : Nabeul (383,2 MD), Gabès (306,8 MD), Sfax (275,5 MD), Ben Arous (237,7 MD), Bizerte (204,3 MD), Monastir (157,4 MD) et Sousse (134,6 MD) captent l'essentiel des flux financiers. Cette polarisation géographique contraste avec la situation des gouvernorats de l'intérieur à l'exception notable de Kairouan (360,5 MD) et Jendouba (333,6 MD). Bien que les zones de développement régional mobilisent 1 859,7 millions de dinars, soit 47% du total national, ce chiffre ne suffit pas à compenser les écarts. Un partenariat public-privé renforcé La structure du financement des projets révèle une prédominance du capital tunisien à hauteur de 70% du volume global. Parallèlement, les projets intégrant une participation étrangère mobilisent 1 174,8 millions de dinars, soit 30% du total, et génèrent 11 178 emplois correspondant à 21% de l'emploi déclaré. Cette configuration témoigne d'un équilibre entre l'entrepreneuriat local et l'apport de capitaux internationaux. Les projets d'intérêt national, au nombre de cinq pour un montant de 868,1 millions de dinars, représentent 22% du volume global et prévoient la création de 1 619 postes. Ces initiatives structurantes, bien qu'ambitieuses, risquent d'accentuer les disparités si leur implantation privilégie les zones déjà favorisées. L'équilibre entre efficacité économique et équité territoriale demeure un enjeu majeur pour le développement régional qui doit concilier attractivité des investissements et réduction des inégalités. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!