The liveblog has ended. No liveblog updates yet. Un destroyer américain équipé de missiles a mouillé dimanche au large de Trinidad et Tobago, à seulement une dizaine de kilomètres des côtes vénézuéliennes, dans un contexte de fortes tensions entre Washington et Caracas. La présence de ce bâtiment, identifié par les autorités locales comme l'« USS Gravely », et l'annonce d'exercices militaires de cinq jours ravivent les inquiétudes dans une région déjà marquée par les opérations contre le narcotrafic et les frictions politiques. Le bâtiment de guerre a été repéré au large de Port of Spain, la capitale de l'Etat-archipel situé à proximité immédiate du littoral vénézuélien. L'intention officielle affichée par les forces américaines est d'y conduire des manœuvres conjointes avec une unité de marines et les forces armées de Trinidad et Tobago. L'archipel, peuplé d'environ 1,4 million d'habitants, se situe à quelques dizaines de kilomètres seulement du rivage vénézuélien à son extrémité occidentale, une proximité géographique qui explique l'attention suscitée par la manœuvre. Washington explique avoir massé des moyens navals dans la zone dans le cadre d'une opération qu'il qualifie de lutte contre les réseaux de trafic de stupéfiants. Selon des bilans communiqués par les autorités américaines, dix frappes ont été menées ces dernières semaines contre embarcations suspectées de trafic dans l'océan Pacifique et en mer des Caraïbes, entraînant la destruction de plusieurs embarcations et la mort d'au moins 43 personnes, chiffre relayé à partir des comptes américains. Huit navires seraient ainsi déployés dans la région, dont sept en mer des Caraïbes et un dans le golfe du Mexique, selon les mêmes sources. Ces opérations et cette projection navale prennent place sur fond d'escalade verbale entre Washington et Caracas. Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, accuse les Etats-Unis d'instrumentaliser la lutte antidrogue pour tenter d'imposer un changement de régime et de s'emparer des riches ressources pétrolières du pays. Dans ses déclarations publiques, il qualifie les manœuvres américaines de menace directe à la souveraineté et met en garde contre toute forme d'ingérence. La décision de Trinidad et Tobago d'accueillir l'USS Gravely a elle-même une portée politique régionale. Le gouvernement de Port of Spain — dirigé, selon les informations locales, par Kamla Persad-Bissessar — affiche une posture résolument alignée sur Washington depuis sa prise de fonctions en mai dernier, avec des positions fermes sur l'immigration vénézuélienne et la sécurité intérieure. L'accueil des forces américaines illustre le resserrement de certains partenariats bilatéraux dans la région caraïbe, mais suscite aussi des interrogations sur les risques d'une régionalisation du conflit. Les répercussions politiques s'étendent au-delà de la zone immédiate. En Colombie, la situation est également tendue. Des groupes armés et milices ont multiplié les mises en garde contre toute violation de la souveraineté nationale, et l'une des formations mentionnées dans le débat public a déclaré qu'elle se tiendrait prête à combattre une intervention étrangère jugée illégitime. Ces voix rappellent que la mémoire des interventions extérieures reste vive et que le moindre dérapage pourrait cristalliser des réactions violentes. Pour les autorités américaines, la justification sécuritaire reste centrale : empêcher le transit de stupéfiants qui alimente des réseaux criminels et déstabilise des Etats de la région. Mais pour Caracas, il s'agit d'une manœuvre à finalité politique visant à isoler le régime et à affaiblir sa capacité à gérer les ressources stratégiques du pays. Entre ces deux lectures, les populations locales, déjà éprouvées par des flux migratoires et des difficultés économiques, se trouvent au cœur d'une zone d'incertitude. Les opérations récentes ont par ailleurs relancé la controverse sur les méthodes employées en haute mer : destruction d'embarcations en mouvement, risques de pertes civiles et effets collatéraux, questions d'identification et de proportionnalité. Ce débat s'accompagne d'une interrogation plus large sur l'efficacité d'une politique fondée sur la dissuasion navale face à des réseaux adaptatifs qui exploitent la porosité des espaces maritimes. À court terme, la présence de l'USS Gravely et la série de manœuvres prévues pour cinq jours renforcent la visibilité américaine dans une zone sensible. À moyen terme, elles contribuent à une dynamique régionale où les enjeux de sécurité, d'immigration et d'accès aux ressources se chevauchent. Pour les gouvernements de la Caraïbe, la double contrainte est déjà palpable : répondre aux attentes de partenaires puissants tout en apaisant les tensions avec des voisins directs comme le Venezuela. La partie se joue autant sur les seas que sur la diplomatie. Les prochains jours permettront d'observer si les exercices resteront strictement militaires et limités à un cadre antinarcotics, ou s'ils feront monter encore d'un cran les tensions entre Washington et Caracas, avec des répercussions plus larges pour la stabilité régionale. Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!