The liveblog has ended. No liveblog updates yet. La tension entre Washington et Caracas franchit un nouveau seuil. Le président américain Donald Trump a annoncé mardi l'instauration d'un blocus maritime total visant les navires pétroliers soumis à sanctions quittant le Venezuela ou s'y rendant, dans une escalade sans précédent de la pression exercée sur le président vénézuélien Nicolás Maduro. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a également déclaré avoir décidé de classer le régime vénézuélien comme organisation terroriste étrangère. Il a affirmé que l'important dispositif naval américain déployé dans la mer des Caraïbes, qu'il décrit comme « le plus grand jamais rassemblé dans l'histoire de l'Amérique du Sud », serait encore renforcé jusqu'à ce que le Venezuela restitue aux Etats-Unis « le pétrole, les terres et les actifs qu'il a volés ». Le président américain accuse le gouvernement de Nicolás Maduro d'utiliser les revenus pétroliers pour se financer et pour soutenir, selon ses propos, le trafic de drogue, la traite d'êtres humains, ainsi que des activités criminelles incluant meurtres et enlèvements. Il a averti que le pays sud-américain subirait un choc inédit tant que ces revendications ne seraient pas satisfaites. La réaction de Caracas ne s'est pas fait attendre. Dans un communiqué publié mercredi, le gouvernement vénézuélien a qualifié l'annonce américaine d'« irrationnelle » et de « menace abjecte », accusant Washington de vouloir imposer un blocus militaire déguisé dans le but de s'approprier des richesses appartenant au peuple vénézuélien. Cette nouvelle escalade intervient quelques jours après la saisie par les forces américaines d'un pétrolier au large des côtes vénézuéliennes. Le 10 décembre, Caracas a dénoncé cet acte devant le Conseil de sécurité de l'ONU, évoquant une opération de « piraterie parrainée par un Etat ». Dans une lettre adressée au diplomate slovène Samuel Žbogar, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil, le Venezuela a demandé la condamnation de ce qu'il considère comme un usage illégal de la force militaire et la libération des membres d'équipage qu'il estime avoir été « enlevés ». Nicolás Maduro affirme que le déploiement militaire américain à proximité du territoire vénézuélien s'inscrit dans un plan visant à renverser son gouvernement et à s'approprier les vastes réserves pétrolières du pays sous couvert de lutte antidrogue. Selon des propos rapportés par Reuters, il accuse « l'impérialisme et l'extrême droite » de vouloir coloniser le Venezuela pour contrôler ses ressources en pétrole, gaz et or. Le Venezuela, qui dispose des plus grandes réserves de pétrole au monde, produit actuellement environ un million de barils par jour. Depuis 2019, les sanctions internationales l'obligent toutefois à écouler une grande partie de sa production sur le marché parallèle à des prix fortement décotés. Les marchés ont rapidement réagi à cette annonce. Les contrats à terme sur le pétrole américain ont progressé de plus de 1 %, atteignant 56,08 dollars le baril à 00h14 GMT, soit une hausse de 1,5 % ou 81 cents. Selon le Wall Street Journal, les menaces américaines de saisie ont déjà perturbé le trafic maritime, immobilisant plusieurs pétroliers dans les ports vénézuéliens et contraignant d'autres à rebrousser chemin, notamment sur les routes reliant le Venezuela à la Chine et à Cuba. Parallèlement, la Federal Aviation Administration (FAA) américaine a renouvelé son avertissement aux compagnies aériennes civiles, leur déconseillant de survoler l'espace aérien vénézuélien en raison de risques liés aux activités militaires. L'agence a précisé que ces menaces pouvaient concerner toutes les phases de vol, y compris le décollage, l'atterrissage et les opérations au sol. Les Etats-Unis poursuivent en effet leur montée en puissance militaire dans les Caraïbes, avec le déploiement de la plus grande porte-avions au monde, de navires de guerre et des survols réguliers de l'aviation militaire américaine au large des côtes vénézuéliennes. Selon des médias américains, des avions de la marine ont récemment effectué des patrouilles près d'îles caribéennes. Washington affirme que cette présence vise à lutter contre le narcotrafic, accusant Nicolás Maduro de diriger un cartel de drogue, ce que Caracas rejette fermement. Les Etats-Unis ont par ailleurs annoncé une récompense de 50 millions de dollars pour toute information menant à l'arrestation du président vénézuélien. Depuis début septembre, Donald Trump a ordonné des frappes aériennes contre au moins 26 navires soupçonnés de trafic de drogue dans les Caraïbes et l'est du Pacifique, opérations qui auraient causé la mort d'au moins 95 personnes, selon les données disponibles, sans que des preuves publiques de leur implication n'aient été présentées. Ces actions ont provoqué une vive controverse à Washington, notamment après une opération au cours de laquelle des tirs successifs ont tué les deux derniers survivants d'un navire incendié. Mardi, les ministres américains de la Défense, Pete Hegseth, et des Affaires étrangères, Marco Rubio, ont défendu ces frappes lors d'une audition à huis clos au Congrès, les qualifiant de « cruciales et très efficaces ». Ils ont indiqué que les parlementaires pourraient visionner ultérieurement des images des opérations, tout en excluant leur diffusion publique intégrale pour des raisons de sécurité. Plusieurs élus, dont le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer, ont toutefois mis en garde contre les risques d'un nouvel engagement militaire sans débat démocratique. Certains sénateurs républicains, à l'image de Rand Paul, se sont également interrogés sur la conformité de ces opérations avec le droit international. Dans ce contexte de fortes tensions, le Sénat américain pourrait prochainement se prononcer sur des résolutions visant à empêcher toute action militaire contre le Venezuela sans l'aval du Congrès, alors que la crise entre les deux pays continue de s'intensifier. Abonnez-vous à la newsletter quotidienne Tunisie Numérique : actus, analyses, économie, tech, société, infos pratiques. Gratuite, claire, sans spam. Chaque matin Veuillez laisser ce champ vide Vous vous êtes bien abonné.e à notre newsletter ! Commentaires Que se passe-t-il en Tunisie? Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!