Le blog en direct est terminé. Aucune mise à jour du blog en direct pour le moment. La guerre que les USA et Israël ont lancée, et dont la rationalité échappe à l'Humanité entière (sauf Donald Trump et Benjamin Netanyahu), impacte bien au-delà du Moyen-Orient. Le premier secteur touché, les hydrocarbures, du fait de l'assèchement du trafic dans le détroit d'Ormuz, montre quelque signe de détente après les propos du président américain. Il a déclaré que la fin des hostilités est imminente, mais en même temps dépêche ses bombardiers – les B52 – pour frapper comme jamais. Bref, on s'y perd. Même Washington s'y perd. Ce qui est certain c'est que la guerre de Netanyahu et Trump a un coût, qu'ils payeront. Leurs alliés payent déjà. Il n'y a pas que les pays du Golfe qui trinquent, le Maroc également. Le transport maritime, qui pèse lourd dans le royaume (avec les hubs portuaires Tanger Med, Jorf Lasfar et Casablanca), commence à être impacté par le conflit ouvert au Moyen-Orient, avec des coûts qui flambent. Du fait du danger qui rôde sur le détroit d'Ormuz et la mer Rouge, les armateurs sont déboussolés et les chaînes logistiques mondiales sont fébriles. Le Maroc est directement touché par cette tension ambiante. «Nous sommes entre deux feux: d'une part les risques qui pèsent sur le détroit d'Ormuz où les navires pourraient désormais devenir des cibles potentielles de missiles et, d'autre part, les armateurs qui hésitent à reprendre la route du canal de Suez», commente Rachid Tahri, vice-président de la Fédération du transport et de la logistique à la CGEM, et président de l'Association des Freight Forwarders du Maroc. Les compagnies maritimes, qui réagissent au moindre bruit, ont déjà commencé à revoir leurs prix en fonction de la conjoncture. «Pour les marchandises en provenance du Golfe, les armateurs ont instauré une surcharge d'urgence pour risque de guerre d'environ 2.000 dollars pour un conteneur de 20 pieds et près de 3.000 dollars pour un conteneur de 40 pieds», confie le responsable. Les pays concernés par cette surcharge sont le Bahreïn, Chypre, Djibouti, l'Egypte, l'Irak, Israël, la Jordanie, l'Arabie saoudite, le Koweït, Oman, le Qatar, le Soudan, les Emirats arabes unis (EAU) et le Yémen. «Sont également concernées toutes les cargaisons entrant et sortant de la Méditerranée et de l'Afrique du Nord qui transitent par la mer Rouge», indique la compagnie singapourienne SeaLead Shipping dans un communiqué. Une surcharge du même type, avec les mêmes niveaux tarifaires, est imposée par le géant français CMA CGM depuis le 2 mars. Sa concurrente MSC elle opte pour la sécurité de ses équipages. «À titre de mesure de précaution, MSC a suspendu toutes les réservations de cargaisons à destination du Moyen-Orient, en provenance du monde entier, et ce jusqu'à nouvel ordre», a annoncé le suisse dans un communiqué daté du 1er mars. Le péril qui guette en mer Rouge, avec des rebelles Houthis qui ont « le doigt sur la gâchette » (et on sait de quoi ils sont capables), oblige de nombreux armateurs à revoir leurs itinéraires. «Les navires ont commencé à contourner la zone en passant par le cap de Bonne-Espérance», fait savoir Rachid Tahri. Cette mesure, prise par la majorité des compagnies, rallonge sensiblement les trajets maritimes. L'effet sur la logistique est immédiat. «Le détour par le cap de Bonne-Espérance rallonge le transport d'environ quinze jours», ajoute le responsable, en expliquant que cette prolongation provoque mécaniquement un surcoût de fret. Cette agitation touche directement le Maroc. «Le retard touchera tous les produits à destination du Maroc en provenance du Moyen-Orient, mais aussi de l'Extrême-Orient, notamment la Chine et l'Inde», déclare M. Tahri. Les premières majorations tarifaires commencent à produire leurs effets. Pour les expéditions en provenance de Chine, les armateurs ont révisé leurs prix à la hausse. «Les tarifs ont augmenté d'environ 700 dollars par conteneur à destination du Maroc». Les marchandises en provenance du Golfe subissent également une forte hausse. Le responsable marocain évoque le port de Jebel Ali, à Dubaï, l'un des principaux hubs de transbordement de la région… «Toutes les marchandises qui passent par ce port subissent l'augmentation tarifaire liée à la surcharge de guerre», dit M. Tahri, en soulignant que de nombreux produits à destination du Maroc passent par cette plateforme logistique. Les tarifs de fret depuis le complexe portuaire de Jebel Ali ont explosé. «Le coût du transport pour un conteneur de 20 pieds est passé d'environ 2.300 dollars à près de 3.300 dollars», dit le responsable. Pour un conteneur de 40 pieds, les prix sont passés «d'environ 2.900 dollars avant la guerre à près de 4.600 dollars aujourd'hui». Ces tarifs n'englobent pas la surcharge de guerre facturée séparément. Et puis il y a l'équation énergétique. Hier lundi 9 mars, le baril de pétrole a bondi à +30% en quelques heures, titillant même brièvement le seuil des 120 dollars, une poussée qui risque de faire monter la pression sur les tarifs du transport maritime. Deux jours plus tôt, le 7 mars, alors que le baril était encore aux environs de 92 dollars, l'armateur CMA CGM faisait savoir qu'à partir de ce 23 mars une surcharge oscillant entre 75 et 180 dollars par conteneur serait appliquée à tous ses transports. La raison : la hausse du prix du pétrole. «Si la guerre se poursuit et que les prix du pétrole continuent d'augmenter, cela se répercutera inévitablement sur les taux de fret», alerte M. Tahri.
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