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La France, le Japon, la BEI… : Personne ne filera des sous à Bouden, que de l'aide directe
Publié dans Tunisie Numérique le 08 - 12 - 2021

Il y a une nouvelle tendance en Tunisie : Financer directement des projets structurants et qui créent de la richesse, et ne plus injecter un euro ou un dollar dans le budget de l'Etat. Budget dont on connait le cruel destin : le paiement des salaires de notre armée de fonctionnaires. Un poste de dépense qui coûte un bras aux caisses publiques, entretient des rentiers à vie – ou quasiment – et nourrit une machine laquelle la plupart du temps ne fait que mettre des grains de sable dans la roue de l'économie. Alors le Japon et la France, mais pas qu'eux, se sont mis à faire dans l'aide directe, avec à la clé un suivi pas à pas des projets, et ça marche très bien. La BEI, dont un responsable a débarqué ce mercredi 8 décembre à Tunis, fait également la même chose. Est-ce une bonne nouvelle pour le chef de l'Etat, Kais Saied et son poulain, Najla Bouden ? Rien n'est moins sûr…
En fait ce dont ont cruellement besoin en ce moment Kais Saied et Najla Bouden ce sont des espèces sonnantes et trébuchantes pour boucler les dépenses étatiques de 2021. Et après on verra pour 2022. Le problème c'est qu'aucun de nos partenaires traditionnels n'est disposé à nous en donner, en dépit de toutes les offensives de charme. Rien à l'horizon, et ça devient fâcheux à quelques jours de la fin de l'exercice 2021 et à quelques encablures du prochain. Ça devient même terriblement angoissant…
Bon, il y a bien les bruits sur le virage vers la Chine, qui elle a les moyens de ses ambitions et arrose généreusement le continent africain, noyant même certains pays dans la dette publique, ce qui est une vraie bombe à retardement à certains égards. Mais la Tunisie n'en demande pas autant, ce qu'elle veut c'est de quoi finir sans trop de dégâts cette année, voire entamer 2022 avec quelque motif d'espoir, en attendant la fin de la valse du président de la République. Le hic c'est que même ça, même ce "minimum", la Tunisie risque d'en être privée…
Le silence du côté des bailleurs traditionnels est très inquiétant pour l'exécutif tunisien. Certes il y a de belles réussites dans le pays, comme le magnifique et discret travail des Japonais pour épargner à la capitale, Tunis, les désastres des inondations cycliques ; il y a les investissements ciblés et diablement efficaces de la France. Mais c'est tout !
Quant à la visite du responsable de la BEI à Tunis, à part les projets structurants que les Européens vont piloter sur place, il ne faut rien en attendre. Pas un euro de plus. Sale temps pour Saied et Bouden. Sortir de ce casse-tête relèverait du miracle et assurerait à coup sûr aux deux pilotes des lettres d'or dans les annales de l'Histoire…
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