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Par A. Gatri : Organiser des coupes du monde ou des J.O, interdit aux arabes
Publié dans Tunisie Numérique le 13 - 10 - 2022

Soudain, douze ans après l'attribution de l'organisation du mondial 2022 au Qatar, la France de la bien pensance et du politiquement correct a effectué une levée de boucliers digne de celui qui vient de se réveiller sur la nouvelle. Unes de journaux, plateaux de télévision et débats politiques virent à l'hystérie générale, découvrant, comme par enchantement, que le Qatar est un pays du Golfe où la chaleur est suffocante, que beaucoup d'accidents de travail surgissent lors de la construction des stades et que la climatisation de ceux-ci est une aberration écologique. Le pire, c'est qu'il se trouve aussi parmi nous des personnes trop bien intentionnées promptes à relayer cette campagne de dénigrement aux relents de racisme anti arabe primaire.
Tout ce beau monde en oublie que sans la France, le Qatar n'aurait probablement jamais obtenu son mondial. Le 23 novembre 2010, un déjeuner, à l'Elysée même, avait réuni le prince héritier Tamim ben Hamad al Thani – devenu émir en juin 2013 – et Hamad ben Jassem al Thani, alors premier ministre, côté qatari, et le président Sarkozy et Michel Platini, alors puissant président de l'UEFA et membre influent de la FIFA, acquis jusqu'alors à la candidature américaine. Le 02 décembre, soit 9 jours plus tard, le Qatar obtenait sa coupe du monde par 14 voix (dont celle de Platini et des membres européens) contre 8 pour les USA.
Les américains n'avaient pas décolérés avant d'obtenir la tête de Blatter et de Platini pour présomption de corruption et d'avoir pu obtenir l'organisation de la coupe du monde 2026 aux dépens d'un autre candidat arabe, le Maroc. Si l'arrestation spectaculaire de 8 membres de la FIFA et les départs de Blatter et de Platini avaient fait couler beaucoup d'encre en leur temps, leur acquittement par la justice suisse pour les accusations de corruption dans la gestion de la FIFA ainsi que l'acquittement de Platini par la justice française pour les accusations de corruption dans l'affaire qatarie sont passés presqu'inaperçus.
Avant le mondial du Qatar, les attributions de beaucoup d'autres grands évènements sportifs ont été entachées de corruption avérée. En novembre dernier, la justice brésilienne avait condamné Carlos Nuzman, l'ex président du comité d'organisation des J.O 2016 de Rio, à 30 ans de prison pour son rôle dans le versement à Lamine Diack, ex-président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) et à son fils Papa Massata Diack d'une somme d'environ 2 millions de dollars en échange de six voix pour Rio lors du vote du Comité International Olympique (CIO). En janvier 2019, la justice française avait mis en examen le président du Comité olympique japonais, Tsunekazu Takeda, vice-président du comité d'organisation de Tokyo 2020, pour son rôle dans le versement, en 2013, de deux millions d'euros pendant la campagne de candidature japonaise à la société Black Tidings, liée à Papa Massata Diack, le fils de son père cité ci-haut. L'année dernière, les enquêteurs japonais ont arrêté pas moins de neuf individus dont un ancien membre du comité d'organisation des JO de Tokyo, pour corruption liée à ces jeux.
Auparavant, pour l'attribution des JO d'hiver de Salt Lake City, organisés en 2002, pas moins d'un million de dollars avait été versé par la ville américaine à des membres influents du CIO. Le légendaire président du C.I.O, l'espagnol Juan Antonio Samaranch, avait même reçu deux fusils.
Pour les jeux olympiques de 2024 à Paris, deux rapports de l'agence française anti-corruption (AFA) soupçonnent les organisateurs d'avoir « saucissonné » un marché au profit d'un ancien directeur de campagne de candidature Paris-2024, c'est-à-dire de l'avoir divisé pour que les montants échappent à l'obligation légale de publicité.
Pourquoi tous ces scandales et bien d'autres n'ont pas amené nos amis outre-méditerranée à appeler à boycotter les évènements qu'ils ont salis ?
Passons maintenant au nombre de morts sur les chantiers de construction des stades qui fait jaser nos amis français et leurs suiveurs zélés en Tunisie. En février 2021, le Guardian estimait à 6500 le nombre d'ouvriers migrants morts au Qatar depuis l'attribution de la Coupe du monde. Les détracteurs du Qatar ont pris ce chiffre pour de l'argent comptant, faisant fi des statistiques officielles du Qatar qui, elles, ne font état que de trois morts sur les sites eux-mêmes, 35 en dehors.
En tout état de cause, personne n'a pensé à poser la question importante sur la source des chiffres du journal britannique. Celui-ci se base sur des données fournies par les ambassades d'Inde, du Bangladesh, du Népal, du Sri Lanka, et du Pakistan de 2011 à 2020. Personnellement, je ne vois aucune raison pour douter de la parole des autorités du Qatar plus que de celle des pays concernés.
En France, rien qu'en 2019, on a recensé près de 656 000 accidents de travail dont 733 ont été mortels. Soit deux morts par jour sans compter les décès à cause des maladies du travail et des accidents de la route pour se déplacer au travail. La majorité de ces accidents ont lieu dans les secteurs à risque, soit le bâtiment et travaux publics, l'industrie, le transport... Pourtant, personne n'a appelé à boycotter telle ou telle entreprise française dans ces secteurs, ni à boycotter l'Euro 2021 en France ou les jeux olympiques de 2024 à Paris.
Le BIT (Bureau International du Travail) estime à 335 000 par an le nombre d'accidents de travail mortels auxquels s'ajoutent 158 000 décès par accidents de trajet, soit un total de 493 000. La grande majorité de ces décès sont comptabilisés dans les pays pauvres, surtout en Afrique, dont certains sont la chasse gardée d'entreprises françaises telles que Total, Vinci, Bouygues, Bolloré, Areva ou Orange. Ces entreprises tirent allègrement des profits par centaines de milliards, employant souvent, directement ou indirectement, des enfants dont la place est à l'école, dans des conditions de travail inhumaines, dans les forêts et les mines, en dehors de toute norme de sécurité, en complicité avec des régimes corrompus mis en place par les renseignements étrangers pour les besoins de la cause.
Pourquoi cela n'émeut-il pas madame la maire de Paris qui a décidé le boycott du mondial qatari ? Pourtant, le Qatar a contribué à rendre sa ville plus attractive par sa prise en main de son club phare, le Paris Saint-Germain. En seulement 10 ans, 1,39 milliards d'euros ont été dépensés rien qu'en recrutements. Sans le Qatar, il n'y a aucune probabilité de voir évoluer des joueurs comme Ibrahimovitch, Beckham, Silva, Cavani, Luiz, Di Maria et bien d'autres sur les pelouses françaises de Ligue 1, ou de voir, tour à tour, Neymar, M'bappé et le sextuple ballon d'or Messi débarquer au Parc des Princes. Aujourd'hui, le budget du PSG est égal à environ trois fois celui de l'O.L, deuxième budget de Ligue 1. En décidant de ne pas installer d'écrans géants à Paris pour ce mondial, madame Hidalgo ne fait pas seulement preuve d'ingratitude, mais prive les parisiens du plaisir de partager ensemble un moment de football qui ne se répète que tous les quatre ans.
A l'annonce de l'attribution à l'Arabie Saoudite des J.O asiatiques d'hiver, le très sérieux journal Le Monde criait au scandale en écrivant « A l'heure où plusieurs grandes villes françaises annoncent boycotter, pour des raisons environnementales et humanitaires, le Mondial de football au Qatar, le Conseil olympique d'Asie (OCA) a annoncé, mardi 4 octobre, que le royaume désertique d'Arabie saoudite accueillera les Jeux asiatiques d'hiver de 2029 ». Le crime de ce pays est donc de n'être qu'un « royaume désertique ». Dans son attitude hautaine et méprisante, le journal semble avoir oublié que 90% des stations de ski françaises sont équipées de canons à neige, que 80% de la neige des pistes des J.O d'hiver 1992 d'Albertville était artificielle, et que pour les derniers J.O d'hiver de Pékin, 100% de la neige etait artificielle, soit plus de 185 millions de litres d'eau.
Un dicton bien français dit :« Le coq est le seul animal capable de chanter les pieds dans la merde ».
Le vrai crime du Qatar et de l'Arabie Saoudite, ce n'est ni les conditions du travail, ni la corruption ni les atteintes écologiques, écarts somme toute partagés par la majorité des pays organisateurs de grands évènements sportifs. Leur crime impardonnable, c'est d'être des pays arabes. Pour certains de nos amis français, un arabe est juste bon pour se faire voler son pétrole et se taire. Alors, organiser des coupes du monde ou des jeux olympiques, quelle aberration !
Abdelaziz GATRI
Conseiller pour les opérations douanières, le commerce international et le contentieux douanier.
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