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Tunisie - Environnement :
La fermeture de Jradou cache-t-elle une autre problématique environnementale?
Publié dans WMC actualités le 15 - 01 - 2014

"L'Agence nationale de gestion des déchets (ANGED) vient de résilier le contrat de la société allemande "Nehlson" exploitant le Centre de traitement des déchets industriels et spéciaux de Jradou, en arrêt depuis le 28 février 2011", a indiqué, à l'agence TAP, Kamel El Eir, avocat chargé de la défense des habitants de Jradou.
Les riverains avaient porté plainte contre l'ANGED, autorité de tutelle, le 22 juin 2011. Le centre avait été mis en arrêt, en vertu d'un verdict prononcé, le 19 mars 2013, par le Tribunal de première instance de Zaghouan, qui a ordonné sa fermeture, jusqu'à sa restructuration.
La justice, qui a tranché en faveur des habitants de Jradou, sur la base d'un rapport d'experts confirmant des défaillances dans la conception des installations du centre et reconnaissant ses éventuels impacts surtout sur la nappe phréatique, a, notamment, ordonné, la suppression définitive des bassins des eaux polluées "lixiviats" et l'évacuation des déchets entreposés.
Kamel El Eir a fait savoir que l'ANGED a retiré sa demande de recours présenté à la Cour d'appel de Nabeul, qui devait statuer sur cette affaire, le 21 janvier 2014.
Après ce retrait, les habitants de Jradou ont demandé, par le biais de leurs avocats, à la Cour d'appel de Nabeul, de statuer sur le sort final du centre, resté à l'abandon depuis presque trois ans, et dont l'état actuel présente des dangers sur la nappe phréatique de la région.
Maitre El Eir a précisé qu'il s'agit là d'une demande "d'éclaircissement sur la situation, pour savoir ce qui va se passer, après la décision de l'ANGED".
Entré en activité en novembre 2009, le centre a permis, jusqu'à son arrêt en février 2011, de traiter 12.000 tonnes de déchets industriels spéciaux, sachant que le volume national des déchets industriels dangereux, autres que le phosphogypse, est estimé à 150.000 tonnes par an, selon "sweepnet", rapport sur les déchets dans les pays du Maghreb et du Mashreq, réalisé en collaboration entre l'ANGED et la GIZ (coopération allemande).
Le centre de Jradou, premier établissement du genre en Tunisie et en Afrique, situé à 20 km au sud de Zaghouan, éloigné de seulement 830 mètres des lieux d'habitation de Jradou, a été contraint de fermer ses portes, fin février 2011, en raison du sit-in organisé par ses 54 ouvriers et aussi de la pression exercée par les citoyens de la région.
Plusieurs habitants de la région ont déclaré que leur santé est mise en péril à cause des activités du centre, soupçonnant même que "des polluants très dangereux auraient été dissimulés dans les déchets enfouis dans le site d'une superficie de 87 hectares".
Les citoyens de Jradou, soutenus par des ingénieurs et des avocats, ont écrit des pétitions mentionnant "la possibilité de fuites et d'infiltration de polluants dans la nappe phréatique en raison des cassures des réservoirs d'eaux polluées et des défauts de construction de ces ouvrages, situés non loin de carrières utilisant des explosifs".
Certains accusent l'établissement de recevoir des déchets dangereux importés de l'étranger, imputation démentie par l'Ambassade d'Allemagne, qui a tenu à préciser, le 10 mars 2011, dans un communiqué, que "le centre ne reçoit de déchets importés ni d'Allemagne, ni d'autres pays".
A rappeler à ce propos que la Tunisie est l'un pays signataires de la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination.
Déchets dangereux: les entreprises face à des difficultés de stockage
Avant l'arrêt du centre de Jradou, 150 à 160 entreprises industrielles déposaient leurs déchets spéciaux dans le centre, en vertu de contrats et de processus de traçabilité bien déterminés. Ces entreprises se sont trouvées, aujourd'hui, devant des difficultés énormes pour la gestion de leurs déchets, alors que leurs espaces de stockage sont limités.
Dans cette conjoncture marquée par une perturbation des systèmes de contrôle et de gestion des déchets en Tunisie, déjà mal conçus dès le départ, d'après des experts, les pratiques irresponsables et les atteintes à l'environnement se multiplient dans l'impunité totale.
Le DG de l'Agence nationale de la protection de l'environnement (ANPE), Habib Ben Moussa, reconnaît une "méconnaissance, aujourd'hui, des quantités et de la destinée des déchets industriels dangereux, après la fermeture du centre de Jradou". C'est pourquoi, une étude ou un inventaire sur le devenir de ces déchets est actuellement, indispensable.
Il a avancé que l'ANPE a "déposé, auprès du ministère des Finances, une demande de financement pour l'élaboration d'une étude ou d'un inventaire sur la destinée des déchets en l'absence du centre de Jradou, laquelle n'a pas été prise en considération dans le cadre de la loi de finances pour 2014, à cause des pressions sur le budget de l'Etat". Il évalue le coût de cette étude à 100 mille dinars.
"Nous allons chercher un financement extérieur et voulons que cette étude soit réalisée en commun entre le ministère de l'équipement et de l'environnement, l'ANGED et l'ANPE. Le centre de Jradou était la solution pour les industriels engagés sur la voie de la compétitivité environnementale et appelés à respecter les normes européennes", a encore, ajouté le premier responsable de l'ANPE.
Aujourd'hui en l'absence de cet établissement, les espaces de stockage des déchets de ces entreprises vont arriver, tôt ou tard à saturation, que feront-t-elles alors?, s'est-il interrogé.
D'après lui, la mission de contrôle devient de plus en plus difficile et les 30 contrôleurs de l'agence "trouvent du mal à se déplacer pour rédiger des procès verbaux contre les transgresseurs des lois en vigueur. L'agence a rédigé 3 ou 4 procès verbaux contre des industriels contrevenants, un seul parmi eux, a été sanctionné pour non respect de l'étude d'impact sur l'environnement".
"Les interventions pour le contrôle doivent se faire à travers des analyses pour vérifier la nocivité des déchets et la manière de les traiter mais aussi pour déterminer la source de ces déchets, ce qui est parfois, difficile", d'après ses dires.
Pour M. Ben Moussa, "il ne s'agit pas seulement d'un problème de contrôle, mais aussi d'un manque de sensibilisation, de maturité, de citoyenneté et de responsabilité envers l'environnement, de la part de certains industriels".
"Ceux qui jettent leurs déchets dans le milieu naturel sont indéfendables, mais, il faut reconnaître, au même temps, que les industriels se trouvent aujourd'hui dans l'impasse avec des capacités de stockage saturées et d'autres contraintes financières et conjoncturelles. Travailler en l'absence du centre de Jradou est un grand problème pour les entreprises et pour l'agence, car elle se trouve devant des entreprises en difficulté et un système en arrêt".
Du côté de l'ANGED, Fethi Chob, sous-directeur de la gestion des déchets industriels et spéciaux, a, aussi, convenu que depuis la mise en arrêt du centre de Jradou, "les industriels, notamment, ceux liés par des contrats avec l'établissement se sont trouvés devant l'impasse".
Il a expliqué que "beaucoup d'entreprises ont trouvé des difficultés dans la gestion de leurs déchets. Elles ne peuvent ni créer leurs propres installations pour le traitement seulement, de petites quantités, ni les exporter, vu les coûts exorbitants de l'exportation des déchets pour le traitement".
D'après ses dires, "l'ANGED a effectué des visites sur terrain, à la demande des industriels et constaté que la capacité de stockage de certaines sociétés est saturée et qu'elles se trouvent devant des risques d'incidents, de fuites ou d'incendies, en raison des mauvaises conditions d'autogestion de leurs déchets (bassins remplis, acide détériorant les installations de l'entreprise, des difficultés de manœuvre au sein des entrepôts….).

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