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BANQUES DU MAGHREB : Le temps des incertitudes
Publié dans WMC actualités le 28 - 02 - 2004

Croissance économique volatile, rigidités structurelles freinant leur développement, difficultés dues à la mauvaise performance du secteur touristique et à la frilosité des investissements directs étrangers, l'avenir du secteur semble aléatoire.
Dans son rapport intitulé «North African Banks Lack Momentum Amid Turbulent Regional » publié en septembre dernier, l'agence internationale de notations Standard & Poor's a établi un des lieux des banques nord africaines. En se focalisant sur le côté solvabilité, ses experts ont passé au crible les activités de ces banques, montrant aussi bien les handicaps que les atouts. S'ils ont diagnostiqué les fragilités du secteur, ils ont enregistré de bonnes perspectives sur le long terme. Ces dernières ne peuvent, cependant, se concrétiser, tant que la libéralisation du système reste inachevée, en l'absence, également, des opérations de restructuration et de rationalisation. Ce qui pourrait entraver l'adaptation efficace des moyens aux objectifs fixés.
Ce constat définissant les ratings (notations), correspondant à des banques du Maroc, de Tunisie et d'Egypte a, en revanche, écarté les secteurs algérien et libyen. Interrogé par Arabies, le Credit Analyst auprès de Standard & Poor's à Paris, Anouar Hassoun, a indiqué que les autorités monétaires à Alger « n'ont pas exprimé leur intérêt à l'égard de ce genre de bilan » ; et de poursuivre : « Il semble que le système bancaire n'est pas en mesure de demander des notations. » Pour la Libye, il a précisé que « Car l'agence, en tant que société tunisienne, n'a pas le droit d'exercer dans ce pays, avant la levée totale des sanctions. D'autant que le système est toujours nationalisé. Donc, il n'y a pas une « incitation forte pour demander un rating » , conclut Hassoun.
Par ailleurs, si la croissance du secteur bancaire arabe (maghrébin compris) a atteint 3,1% en 2002 déclaration faite lors du Congrès annuel de l'Union des banques ambres (UBA), tenu à Beyrouth le 10 octobre dernier , cela ne reflète, en aucun cas, une bonne performance. Et moins encore, un taux de rentabilité suffisant. Surtout que celui ci est toujours en-dessous des normes adoptées par les pays émergents. Ensuite, il ne faut pas sous estimer les répercussions du climat de risque économique dans lequel opèrent les banques maghrébines, ni la rude concurrence et la lente amélioration des pratiques financières. Notamment, pour la plupart des banques publiques, créant de sérieux obstacles à tout élan du secteur. Ainsi, la majorité des rapports établis par les experts du FMI, de la Banque mondiale ou des agences, comme Moody's, Fisher ou Standard & Poor's, saluent la bonne santé des banques commerciales privées, tout en épinglant l'« Etat banquier ». Les exemples ne manquent pas.

Maroc
Le mieux placé


Les banques privées dominent l'industrie bancaire marocaine. Dix des seize banques qui composent le système sont de véritables institutions financières commerciales. Les opérations des établissements du secteur sont concentrées sur l'économie domestique, ceux ci ayant une présence certes limitée. Et ce, hormis une part du marché significatif des dépôts des Marocains résidant à l'étranger (MRE), basés principalement en Europe. De ce fait, ces banques sont en permanence à la merci des chocs aussi bien internes qu'externes. Contrairement aux banques publiques, devant faire face aux problèmes de la qualité de leurs avoirs et de leur mauvaise gestion [la Banque nationale pour le développement économique BNDE qui a perdu, à titre d'exemple, 840 millions de dirhams (1 DH = 0,092 €) en 2002 ; somme venue s'ajouter à 4 milliards de dirhams, encore dans la nature], les banques privées arrivent à tirer leur épingle du jeu. Et ce, malgré la volatilité du PIB marocain et la lenteur de la croissance économique.

À cet égard, le gouverneur de Banque al-Maghrib (banque centrale), Abdellatif Jouahri, affirme que les « banques commerciales sont relativement saines et rentables alors que leurs emplois sont assez diversifiés ». (interview à la page suivante) Ce qui explique la forte présence notamment française et espagnole dans le capital de ces banques. Ainsi, les banques françaises telles que la BNP Parisbas, le Crédit Lyonnais, la Société générale et le Crédit agricole Indosuez détiennent presque quatre des six joyaux des établissements privées de la place : la Banque marocaine du commerce et de l'industrie (BMCI) la Société générale marocaine de banques (SGMB), le Crédit du Maroc et la Wafabank. Cette dernière, d'après son P DG, Abdelhak Bennani, devait en principe ficeler son projet de fusion avec le Crédit du Maroc au début de 2004. En dépit de ce schéma, les banquiers marocains se plaignent du refus des autorités monétaires françaises de donner le statut d'agence aux établissements marocains opérant sur son territoire, depuis plus de trente ans. « La tutelle continue ainsi à leur imposer de s'adosser à une banque française, ce qui est inexplicable », rétorque un DG d'une banque marocaine à Paris.

Sur le plan des pratiques professionnelles, les analystes des banques étrangères partenaires estiment que les établissements marocains manquent encore, même partiellement, de modèles intégrés d'affaires. La bancarisation limitée, évaluée à 22 %, et le taux faible de pénétration du crédit (le total des prêts représentant 60 % du PIB en 2002) ont rendu les transactions bancaires modérées. Quant à l'offre produit, elle reste peu sophistiquée et légèrement diversifiée. Parallèlement, la performance mitigée n'a pas excédé 1,8 % du rendement des actifs (ROA), au moment où le niveau du rendement des fonds propres (ROE) est d'environ 12,5 %, à la fin de septembre 2003. En revanche, une étude commandée par une banque privée de la place relève que ces établissements ont une activité de placement assez significative. Ils ont une facilité d'accès due à une masse importante et à la solidité du marché de dépôts clientèle, dont plus de 25% proviennent des transferts des MRE.

Dans l'ensemble, les agences de notation aussi bien que les institutions financières internationales confirment que les banques marocaines représentent un modèle d'affaires assez cohérent. Les opérateurs offrent à leur clientèle des services bancaires du genre « Plan Vanilla Banking ». De plus, la banque de détail (crédit à la consommation, bancassurance, cartes de retrait et de paiement) se développe rapidement, pendant que les activités de marché sont délibérément finalisées. Les experts du FMI interrogés par Arabies affirment que « jusqu'ici, tout va bien ». Leurs rapports d'évaluation précisent que le système bancaire marocain est, à court terme, à l'abri des crises majeures, en dépit des incertitudes qui planent sur la région. Et que ce secteur représente « le prototype le plus développé de toute l'Afrique du Nord ». Mais, malgré ce satisfecit, il continue de jouer un rôle limité.


Si les banques privées marocaines consolident le processus de libéralisation du secteur, la présence de l'Etat dans le capital des institutions financières reste, néanmoins, importante. Autre inconvénient : la concurrence limitée en dehors du système, due à la position dominante des trois holdings financiers. Ce qui rend indispensable le parachèvement du programme de réformes mis en place par Banque al Maghrib. La nomination d'Abdellatif Jouahri à la tête de cette institution en mai dernier est un indice tangible à cet égard. Les prochaines semaines seront décisives, rapportent les milieux proches du Groupement professionnel des banques marocaines (GPBM). Notamment, concernant la Banque marocaine pour le commerce extérieur (BMCE) et l'avenir de son P DG, Othmane Benjelloune.

Concernant les autres holdings importants, leurs résultats sont variables. Alors que Wafabank a réalisé des résultats semestriels satisfaisants avec un PNB en hausse de 10 % et un taux de couverture des créances douteuses de 72,6% chiffres confortant sa position dans le tour de table en cours avec le Crédit du Maroc , le PNB de la Banque Commerciale du Maroc (BCM) ne progresse que de 0,82 %. Son P DG, Khalid Oudghiri, récemment arrivé à la tête de l'établissement, à demandé qu'on lui accorde le temps nécessaire pour redresser la barre. En rappelant que l'activité de la BCM s'est caractérisée par une augmentation des ressources-clientèle qui a atteint 42,6 milliards de dirhams. Quant au Crédit populaire du Maroc (CPM), il occupe la tête du peleton, contrôlant 31% des activités des collectivités avec 79,6 milliards de dirhams et 22% de celles du crédit. Il vient de publier ses chiffres du premier semestre 2003, qui montrent une consolidation de ses positions. De plus, déjà candidate à la privatisation au cours de 2004, elle cédera 21% de ses actions au privé pour le montant de 300 millions de dollars.

Dans les mois à venir, le paysage du secteur bancaire marocain va connaître des changements importants qui le rendront encore mieux placé dans son environnement régional.



Par Samir SOBH
ARABIES n°201 - Décembre 2003
Site web: http://www.arabies.com

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