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Inflation maîtrisée, chômage réduit et croissance du PIB à 4,9%
Publié dans WMC actualités le 27 - 05 - 2002


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BCT: Rapport annuel 2001
Lettre de présentation

Le gouverneur de la BCT et l'état de santé de l'économie Tunisienne en 2001 :
Présentant dernièrement au chef de l'Etat, le président Zine El Abidine Ben Ali, le rapport de la Banque pour l'exercice 2001, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie Mohamed Daouas a retracé, dans la lettre de présentation de ce rapport qui donne en pareille période de chaque année l'état de santé de l'économie tunisienne, les points forces et faiblesses de l'économie tunisienne dans ses divers secteurs.
Mais il a et surtout donné l'ordonnance des principales mesures à prendre pour que cette économie émergente puisse continuer son « petit bonhomme de chemin » dans la sérénité et sans trop se soucier des chocs qui pourraient secouer son environnement tout en tirant profit de ce qu'il pourrait offrir en opportunités.

En dépit de la conjoncture internationale difficile et de la persistance de conditions climatiques défavorables, pour la troisième année consécutive, l'économie tunisienne a enregistré, en 2001, des résultats probants avec un taux de croissance du PIB de 4,9%, une meilleure maîtrise de l'inflation et une réduction du taux de chômage, portant la marque des réformes structurelles de la décennie écoulée.

Néanmoins, la conjonction de chocs externes et internes, devenus récurrents et de plus grande amplitude, appelle au renforcement de l'appareil de production et à sa diversification afin de maintenir un rythme de croissance compatible avec l'absorption de la demande additionnelle d'emploi et l'affirmation de la tendance baissière du chômage ; ceci d'autant que l'année 2001 a été marquée au niveau de la distribution du crédit par une prolifération des crédits à la consommation et à la promotion immobilière.

Dans ce contexte, le déficit courant, quoique finançable, s'est situé, pour la seconde année consécutive, à un niveau assez élevé sous l'effet, notamment, de la récurrence de certains aléas défavorables, ce qui incite à renforcer la compétitivité de l'économie nationale pour préserver la "soutenabilité" des comptes extérieurs surtout que les paiements courants risquent de subir de nouvelles pressions en raison du prolongement des retombées des événements du 11 septembre, la timidité de la reprise économique dans l'Union Européenne et la persistance de la sécheresse.

A cette fin, le déficit de la balance des biens d'équipement qui représente encore plus de 60% du déficit commercial mérite un suivi attentif en vue d'optimiser l'utilisation des capacités de production existantes et d'améliorer, ainsi, l'efficacité du capital. En particulier, certaines branches de l'industrie manufacturière souffrent de surcapacités de production, exerçant des effets négatifs aussi bien sur les paiements extérieurs que sur la situation financière des entreprises.

De même, l'élargissement du déficit énergétique induit, entre autres, par la baisse de la production pétrolière et la volatilité des prix du brut, requiert l'approfondissement des réformes du secteur, notamment par un ajustement sélectif des prix pour rationaliser la consommation et une plus grande diversification des sources d'énergie. A cet effet, une évaluation des programmes d'économie d'énergie et de développement des énergies renouvelables peut contribuer à identifier les forces et faiblesses des actions entreprises en vue de leur conférer davantage d'efficacité.

Par ailleurs, l'accord d'association avec l'Union Européenne, entré dans une phase cruciale, s'est accompagné de l'accroissement des importations de biens de consommation destinés au marché local. Cela incite à redoubler d'efforts pour accélérer l'application des mesures visant une meilleure intégration du secteur offshore et la promotion des produits locaux en améliorant leur rapport qualité-prix et en intensifiant les actions de sensibilisation en leur faveur.

Grâce à l'amélioration de l'environnement de l'entreprise et la diffusion de la culture de l'exportation, la Tunisie est parvenue, durant la dernière décennie, à tripler le volume de ses ventes à l'étranger. Il convient, toutefois, de poursuivre les réformes engagées afin de consolider la position du secteur exportateur et relever ainsi les défis qui se profilent à l'horizon, dont au premier chef le démantèlement des accords multifibres et l'adhésion de la Chine à l'Organisation Mondiale de Commerce. La recrudescence de la concurrence qui en résulterait invite à améliorer davantage la compétitivité des produits à travers l'accélération de la réalisation du programme de mise à niveau et son extension à tous les secteurs. Les nouveaux programmes devraient mettre l'accent sur l'investissement immatériel, l'amélioration de l'encadrement et de la qualité, facteurs incontournables pour le renforcement de la compétitivité qui demeure le premier objectif recherché. Le relèvement de la valeur ajoutée des exportations et la sauvegarde de nos parts de marché sont aussi tributaires d'une participation plus efficace des services de transport, notamment, maritime, de fret et de manutention portuaire, domaines dans lesquels un déficit de compétitivité persiste par rapport à la concurrence internationale.

Parallèlement, la part du secteur des services dans les exportations gagne à être affermie en promouvant les secteurs porteurs notamment ceux liés à l'ingénierie et aux nouvelles technologies de l'information et des communications où la Tunisie dispose d'avantages comparatifs. Quant au secteur du tourisme, il requiert une évaluation approfondie pour réduire, autant que possible, sa sensibilité aux chocs externes et augmenter sa contribution à l'effort d'exportation. A cet égard, mettre l'accent sur la qualité totale des prestations du secteur et l'intégrer davantage dans l'industrie du tourisme mondial par le biais de partenariats de référence, peuvent constituer des axes stratégiques appropriés pour son développement. Il est, par ailleurs, indiqué d'adopter les politiques de prix qui, tout en recherchant une meilleure compétitivité, doivent également privilégier l'image de marque du secteur.

Le rapatriement des économies sur salaires de la communauté tunisienne établie à l'étranger, effectué pour plus du quart sous forme notamment de matériel roulant, devrait être davantage mis à contribution en engageant la réflexion sur les mesures à même de stimuler les transferts financiers et d'augmenter, de surcroît, le potentiel d'exportation des industries mécaniques et électriques dans le cadre du mécanisme mis en place avec les constructeurs étrangers. S'agissant des IDE et en dépit de leur volume croissant au cours des dernières années, ils demeurent en deçà des capacités d'accueil. Compte tenu du rôle important que jouent ces investissements dans la création d'emploi, la maîtrise de l'endettement et l'apport technologique, il est essentiel d'approfondir les réformes afin d'appuyer l'attractivité du site tunisien pour mieux rencontrer les besoins de l'investisseur étranger.
A cet égard, l'extension des opportunités d'investissement étranger au secteur des services à haute valeur ajoutée, l'offre d'espaces industriels intégrés et en nombre suffisant et l'adaptation du profil de la ressource humaine, sont autant de moyens susceptibles d'insuffler à l'IDE une nouvelle dynamique. En outre, l'amélioration significative de l'environnement général, particulièrement administratif et judiciaire, et la célérité dans le choix des opportunités offertes, devraient renforcer les atouts de la Tunisie dans ce domaine. De même, l'arrivée à terme des premières exonérations fiscales accordées aux entreprises totalement exportatrices, incite à envisager, dès à présent, les mesures à prendre pour continuer à fidéliser l'investisseur étranger.

La conduite rationnelle de la politique monétaire a contribué à une meilleure maîtrise de l'inflation tout en assurant un financement de l'économie compatible avec le rythme de croissance et l'équilibre du système financier. La poursuite d'une telle politique devrait aider à renforcer le rôle du taux d'intérêt en tant qu'instrument privilégié et à créer les conditions propices au développement de l'épargne et à une plus grande adéquation entre les ressources et les emplois des banques. En particulier, le cadre de conduite de la politique monétaire a été enrichi en 2001 par de nouveaux instruments permettant de mieux satisfaire le besoin de liquidité des banques et de favoriser l'émergence d'une courbe de rendement.

Ces instruments leur offrent également l'opportunité d'améliorer la gestion de leur trésorerie et à l'Institut d'Emission de mieux réguler la liquidité bancaire. Dans le même sillage, la poursuite d'une politique de taux de change flexible et réaliste visant le maintien de la stabilité réelle de la monnaie nationale, a permis une évolution du dinar en harmonie avec les équilibres fondamentaux et la compétitivité extérieure. Cette politique a mis la monnaie nationale à l'abri des perturbations qui ont affecté celles d'autres pays émergents. En ce qui concerne les finances publiques, des progrès importants ont été enregistrés, notamment en matière d'amélioration du rendement de la fiscalité. Le maintien du déficit budgétaire dans des limites tolérables, appelle toutefois à la persévérance dans l'effort de recouvrement fiscal et d'assainissement des entreprises publiques.

Il invite, par ailleurs, à la maîtrise des dépenses, particulièrement celles liées aux charges salariales, à l'accélération du processus de privatisation et à un meilleur ciblage des avantages fiscaux et financiers. D'autres progrès en matière de renforcement des équilibres interne et externe, et de l'assise financière du secteur bancaire, permettront à la Tunisie d'améliorer son risque ; d'autant que, malgré le climat d'instabilité sur la scène internationale, les principales agences de rating ont confirmé la notation souveraine et les marchés de capitaux sont restés réceptifs aux émissions de la Tunisie à des conditions satisfaisantes.

Le processus de libéralisation et d'intégration à l'économie mondiale dans lequel le pays s'est résolument engagé, interpelle le système bancaire pour améliorer sa compétitivité et hisser ses
prestations à un palier de qualité supérieur pour occuper une place de choix dans l'échiquier régional. Dans le cadre de l'action de remodelage du paysage bancaire national, marqué par l'absorption des banques d'investissement et la « dépublicisation » de certaines banques, la loi de juillet 2001 est venue offrir aux établissements de crédit un espace de plein exercice et étendre leur domaine à d'autres services financiers, montrant par-là même, la voie aux banques de développement mixtes.

Comme corollaire à cette libéralisation, la transparence de l'information financière a bénéficié quant à elle d'un intérêt particulier. Emboîtant le pas à la nouvelle norme comptable conforme au standard international et à l'adoption successive du nouveau Code des sociétés puis de la loi sur les groupes, les nouvelles règles prudentielles sur la division des risques et l'exigence d'états financiers certifiés comme condition d'accès au crédit bancaire, devraient conduire à établir de nouvelles bases dans la relation banque-client. A titre de référence, l'adhésion de la Tunisie au programme des Normes Spéciales de Diffusion des Données «NSDD» atteste, déjà, d'une volonté de renforcer davantage la transparence des statistiques publiques.

L'action de ce point de vue étant globale et permanente, il est nécessaire de persévérer dans cette voie afin de réduire de manière significative la part des actifs classés et le recours excessif au crédit bancaire en améliorant, notamment, la culture du crédit. Par ailleurs, le renforcement des fonds propres de l'entreprise et la diversification de ses modes de financement par un recours plus important au marché financier sont à même de développer la transparence recherchée à ce niveau et de créer de nouvelles opportunités d'activité pour les banques dans les domaines du conseil et de l'assistance financière.

Au titre de la qualité des services, enfin, la refonte des systèmes de paiement et la dématérialisation des supports de crédit, ont constitué une avancée notable soutenue par l'adoption d'un programme cohérent pour la mise en place d'une architecture informatique moderne et sécurisée. Ceci devrait se traduire par une réduction des délais et des coûts et une simplification des procédures.

L'instabilité chronique qui caractérise, aujourd'hui, l'environnement international et l'adversité des conditions climatiques laissent entrevoir les fragilités contre lesquelles la Tunisie doit se prémunir pour préserver ses équilibres tant interne qu'externe. La maîtrise du déficit courant et son financement sain pourraient constituer, dans ce cadre, un défi majeur. Certes, la couverture de ce déficit a été, à ce jour, assurée en grande partie par des ressources extérieures autres que d'emprunts ; ce qui a permis d'éviter une quelconque pression sur la position extérieure et de sauvegarder les paramètres de l'endettement. Néanmoins, la poursuite du développement de l'économie nationale et l'amélioration du niveau de vie du citoyen amèneraient à observer à l'avenir un amenuisement additionnel des ressources bilatérales, au moment où les disponibilités auprès des organismes multilatéraux atteignent certaines limites. Dans ces conditions, l'ensemble des politiques macro-économiques devraient concourir à relever ce défi.

07.2002
Khaled Boumiza
[email protected]


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