Les avocats de Sousse poursuivent en justice ceux qui les ont diffamés    El Fouladh : La joie de la libération est de courte durée, 7 mandats de dépôt tombent    La STB affiche de solides performances au 1er trimestre et avance dans l'exécution de son plan    L'UBCI adhère officiellement au programme « ADAPT » et devient partenaire stratégique de l'Agence Italienne pour la Coopération au Développement (AICS)    Inauguration de la filiale tunisienne des Laboratoires Théa    Urgent : Une secousse sismique secoue le sud-ouest de la Tunisie    Revendications des boulangers tunisiens pour sauver leur secteur    Abir Moussi : ils essaient de m'enterrer vivante !    Nouvelle composition de la direction nationale d'Arbitrage    Le roi Charles III dévoile son premier portrait officiel    Harvard: Le camp de solidarité avec G-a-z-a est terminé, les étudiants réussissent à conclure un accord avec l'administration    EST - Al Ahly : Demain, mise en vente des billets    Les pâtisseries traditionnelles libérées du fardeau des taxes    Radio IFM suspend temporairement "Emission impossible" animée par Borhen Bssais    Carthago Delenda Est : la locution imprimée sur le T-shirt de Zuckerberg qui a offensé les Tunisiens    France : ils servent du porc pour empêcher les SDF musulmans de manger, on en est là…    Siliana: Un mort et cinq blessés dans un accident de la route    Festival de Carthage: Les préparatifs avancent à grands pas    Sécurité et souveraineté alimentaires en Tunisie | L'objectif : répondre aux besoins du citoyen par nos propres ressources    Coupe Arabe : Le Qatar accueillera les 3 prochaines éditions    Célébrez la fête des mères avec Ooredoo et gagnez 10 000 DT !    Pourquoi | Ça n'arrive pas qu'aux autres…    La société Ciments de Bizerte arrête la production de clinker    Report de l'audience de l'avocate tunisienne Sonia Dahmani à lundi prochain    Mark Zuckerberg : Carthage doit être détruite !    Tunisie: Le t-shirt de Mark Zuckerberg enflamme les réseaux sociaux    À la Galerie Selma-Feriani : Image, récit et représentation    Vient de paraître – «Kef Al Ajayeb » de Bahri Rahali : Le mont des merveilles !    «Revival», nouvel album de Gultrah Sound System : Une authenticité renouvelée    Le pain ou la clé - Une métaphore du quotidien en Tunisie    Aéroport Tunis-Carthage : Un passager arrêté avec un pistolet cachée dans sa valise    Le gouvernement présente de nouvelles législations sur les congés parentaux    Vient de paraître: Des sardines de Mahdia à la passion des mathématiques de Béchir Mahjoub    FARK : Ghazi MABROUK    CONDOLEANCES : Feu Ammar ALAIMI    Tunisie : l'AMA retire les sanctions, le sport reprend son souffle    Abdelaziz Kacem: De «Genocide Joe» à Meyer Habib, dit «Le Phacochère»    MEMOIRE : Fatma Kilani JRAD    Météo de ce mercredi: Des températures jusqu'à 44°C dans certaines régions    AVIS D'APPEL D'OFFRES N° 06/2024    USA : Un milliard de dollars d'armes destinées à Israël en cours d'approbation du Congrès    Le Drapeau Tunisie de retour à l'intérnational avec la fin de l'affaire Antidopage    L'Agence mondiale antidopage lève les sanctions infligées à la Tunisie    Des artistes Tunisiens au Québec en Tunisie dans une exposition conjointe à Montréal    Habib Touhami: La politique américaine au Moyen-Orient et le sionisme chrétien    Tunisie : enquête ouverte sur l'incident du drapeau national    Tournoi KIA Tunis Open du 13 au 18 mai 2024 : Le sponsor officiel UBCI vous fait gagner des places!    De la ligne de but à la ligne de conduite : Entraîneur de gardiens, un poste à part entière    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Printemps arabe: Un remake de la «Grande révolte arabe» (1)?
Publié dans WMC actualités le 11 - 08 - 2012

L'ancien patron du quotidien égyptien «Al Ahram» et ancien ministre de l'Information de Gamal Abdenasser, Mohamed Hassanein Heykel, voit dans l'agitation que connaît le monde arabe la mise en place d'un nouvel accord secret du type Sykes-Picot. Pour le spécialiste français du renseignement, «dès 2007-2008, des conférences organisées sous l'égide d'ONG américaines, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions». Thèses fantaisistes?
Et si le Printemps arabe n'était qu'un mensonge? La question ne pourra pas, sans doute, être évitée au regard de ce qui se déroule sous nos yeux dans de nombreux pays arabes comme la Syrie, l'Arabie Saoudite et le Bahreïn, pour ne citer que ces derniers, qui risquent c'est déjà le cas en Syrie- d'être mis à feu et à sang.
La thèse du complot défendu par des analystes, comme le spécialiste du renseignement français Eric Dénécé, ou encore l'universitaire suisse d'origine égyptienne Taraq Ramdan, qui soutiennent que les révolutions arabes, qui ont éclaté, le 17 décembre 2011, ne sont pas aussi spontanées que cela, peut-elle être crédible? Certes, il y a ras-le-bol d'une grande partie de l'opinion arabe face à des régimes dictatoriaux, kleptomanes et corrompus, mais ces révolutions n'ont-elles pas été préparées de longue date de l'étranger? C'est-à-dire inscrites dans les agendas de quelques pays occidentaux dont les Etats-Unis d'Amérique… En vue d'assurer la domination politique de cet espace et de partager les richesses.
Créer un contexte favorable aux révolutions
Pour Eric Dénécé, «dès 2007-2008, des conférences organisées sous l'égide d'ONG américaines, comme Freedom House, l'International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l'Union soviétique, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie» (Voir, à ce propos, pour Eric Dénécé, «Les mouvements démocratiques arabes seraient des coups d'Etat masqués»).
Tariq Ramdan estime, pour sa part, que «des gens et des courants ont accompagné le processus de ces révolutions afin de les contrôler». Il évoque la même formation assurée par le Département d'Etat américain de «cyberactivistes arabes» «pendant 3 ans» à «l'agitprop.» (Voir notamment «Révolutions arabes: quand Tariq Ramadan franchit la ligne rouge». Lire l'article).
On connaît l'accueil réservé à cette thèse par de nombreux observateurs et intellectuels qui les trouvent souvent fantaisistes et lancées pour attirer l'attention sur leurs auteurs en mal de notoriété. Des thèses de mégalomanes, voire de contre-révolutionnaires qui minimisent la capacité des populations arabes à être maîtres de leur destin et qui accréditent la thèse permanente selon laquelle elles sont toujours manipulées de l'étranger.
L'histoire dira si les uns et les autres ont raison. Peut-être donnera-t-elle raison aux deux camps. Une autre manière de voir les choses consiste à se poser la question suivante et pour reprendre une formule largement connue: A qui profite le «crime»?
Les Britanniques «ne respectent pas leur foi, leur parole»
Cette question est posée à la lumière d'une récente réflexion d'un vieux routier de l'analyse de la politique arabe, l'ancien patron du quotidien égyptien Al Ahram et ancien ministre de l'Information de Gamal Abdenasser, Mohamed Hassanein Heykel, qui voit dans l'agitation que connaît le monde arabe la mise en place d'un nouvel accord secret du type Sykes-Picot.
Tout le monde connaît la nature des accords secret de Sykes-Picot, du nom de deux négociateurs britannique et français, qui ont créé, alors que la Première Guerre mondiale n'était pas encore terminée, le 16 mai 1916, des zones d'influence franco-britannique au Moyen-Orient «dépeçant» un Empire Ottoman mourant, allié de l'Allemagne pendant la Guerre. L'objectif était de diviser la Grande Syrie en quatre Etats (la Syrie, la Palestine, le Liban et la Jordanie), d'installer un Etat juif sur une partie de la Palestine (la déclaration du ministre Arthur James Balfour sur la création d'un «foyer national juif» en Palestine interviendra une année plus tard (le 2 novembre 1917)).
Les Britanniques avaient pris soin, depuis 1915, d'œuvrer pour faciliter l'exécution de ce plan en «fomentant» ce qu'on désigne comme étant «La grande révolte arabe». Celle-ci, dont le nom a été donné par les Britanniques «désigne la rébellion menée entre 1916 et 1918 par Hussein Ben Ali, chérif de La Mecque, afin de libérer la péninsule Arabique de l'Empire ottoman qui en occupait alors la plus grande partie. Inspiré de nationalisme arabe, le chérif de La Mecque voulait ainsi créer un Etat arabe Hachémite- unifié allant d'Alep en Syrie à Aden au Yémen». Hussein Ben Ali est de la tribu des Hachémites, descendants du prophète Mohamed (SWS). (Voir l'Article de l'encyclopédie de Wikipédia sur ce sujet.)
Deux éléments sont, sans doute, à retenir de cette «Grande révolte arabe». Le premier: la Grande-Bretagne, principale puissance de l'époque, l'avait conduite de bout en bout grâce notamment au service d'un officier-espion britannique en mal d'aventure (Thomas Edward Laurence, le fameux Lawrence d'Arabie), qui est allé convaincre Hussein Ben Ali de s'engager dans la bataille lui promettant de constituer un grand royaume arabe au sortir de la Guerre contre les Ottomans. Le second: les Arabes et même Lawrence- ont été roulés, pour ainsi dire, dans la farine: seul un territoire quasi désertique pour l'essentiel (la Transjordanie La Jordanie actuelle), une infime partie de ce Royaume promis au chérif de La Mecque, échouera en définitive à un descendant de ce dernier, l'émir Abdallah.
Son autre fils, l'émir Fayçal, à qui échoit la Syrie, qu'il libère en mars 1920, est obligé de s'exiler en juillet 1920: les troupes françaises occupent, conformément aux accords secrets de Sykes-Picot, la Syrie. Les Britanniques lui offrent une porte de sortie: le Royaume d'Irak. Le règne des Hachémites ne dure pas longtemps en Irak: son petit-fils, Gazi 1er, est chassé par un coup d'Etat en juillet 1958. Ironie de l'histoire: les Britanniques ne s'opposeront même pas à son renversement par Abdulaziz Al Saoud, en 1924, qui le dépossédera du royaume du Hedjaz. Ce dernier, parti en 1902 à la conquête de la péninsule arabique, avait signé en 1915 un traité de protection avec les Britanniques. Perfide Albion. Ainsi s'exprimait un homme d'église français du nom de Jacques-Bénigne Bossuet, au XVIII siècle, pour dire que les Britanniques «ne respectent pas leur foi, leur parole».
Les Occidentaux ne sont-ils pas capables de rééditer leur coup?
Nous y reviendrons.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.