Université tunisienne: sortir du fétichisme électoral pour restaurer la compétence    20 dinars : la Banque Centrale introduit un nouveau billet pour les Tunisiens    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    Accident au campus El Manar : la porte principale s'effondre    Ministère de l'Education : le respect du calendrier des visites est la clé d'un climat scolaire serein    Ramadan en Tunisie: entre spiritualité et gourmandise (Album photos)    Météo en Tunisie : nuages passagers, températures en légère hausse    Déclarations d'impôts en Tunisie : Les dates clés à retenir pour éviter les sanctions    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Lutte contre la spéculation : La viande locale disponible à 42,900 DT dans les points de vente officiels    Ramadan 2026 : Le guide complet du Ministère de la Santé pour un jeûne sans risques    Epson renforce sa gamme de projecteurs 3LCD en Tunisie : performance, innovation et polyvalence au service des professionnels et de l'éducation    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Ooredoo Fintech Tunisie obtient l'agrément de la Banque Centrale pour lancer walletii by Ooredoo en Tunisie    RSE : Focus sur la pratique des métiers de justice et des institutions d'arbitrage (Album photos)    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Arabie Saoudite annonce le début officiel du Ramadan 2026 avec le Qatar et les Emirats    Qui est Anne-Claire Legendre, la première femme à réinventer l'Institut du monde arabe ?    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    Où et quand suivre les barrages aller de la Ligue des champions ?    Le ministère de l'éducation tunisien interdit la prise de photos à l'intérieur des écoles et la Dakhla du Bac    Quart de finale de la Ligue des champions : Les dates clés pour Espérance Tunis contre Al Ahly !    40ème anniversaire du décès du Dr Slimane Ben Slimane : un livre dédié au Comité Tunisien de la Liberté et de la Paix    CIVP : vers une augmentation de l'indemnité des stages en Tunisie    Prix Littéraires COMAR d'Or : appel à candidatures pour la 30ème édition    Météo en Tunisie : pluies éparses attendues sur le nord et localement le centre    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Conférence de Munich 2026: l'Europe face au duel Washington–Pékin    OPPO A6 5G et A6x 5G lancés par OPPO en Tunisie offrant des avantages de performance, de puissance et de fluidité au quotidien    L'odorat des chiens au service de l'oncologie médicale    Lancement de la première session de recrutement 2026 : dates et modalités    Anouar Brahem signe son grand retour en Tunisie avec l'ouverture de la 11e édition de Sicca Jazz au Kef    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    Dégradations du VAR : la FTF promet des poursuites et un durcissement disciplinaire    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Ooredoo Night Run by Xiaomi célèbre sa 5e édition et lance les inscriptions (Album photos)    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Casa Tarab, les Nuits musicales du Ramadan 2026, reviennent dans une 5ème édition au Théâtre Cléopâtre à Gammarth    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Fierté tunisienne : Ridha Mami ouvre un département arabe et islamique au Mexique    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    Raoua Tlili et Yassine Gharbi remportent 2 médailles d'argent aux Championnats internationaux de Fazza de para-athlétisme 2026    Elyes Ghariani - La doctrine Donroe: le retour brutal de l'hégémonie américaine    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Y a-t-il encore des choses à espérer de Kaïs Saïed ?
Publié dans Business News le 09 - 02 - 2022

La dernière lubie du président a pris pour cible les juges et leur Conseil supérieur de la magistrature. Après avoir suspendu les avantages et les primes des membres de ce conseil, le chef de l'Etat, Kaïs Saïed a décidé de dissoudre le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Un peu plus de quinze jours seulement séparent les deux décisions, preuve supplémentaire de l'incapacité du président de la République à établir des plans réalistes sur plus de quelques jours. Toutefois, cette décision a fait le bonheur de ses soutiens fanatisés qui souhaitent se mettre dans les meilleures dispositions pour les nominations à venir. Une autre partie de ses soutiens est nourrie à la haine de la période passée et biberonnée au populisme à deux balles qui leur fait croire que le CSM est responsable de la situation de la justice.
En parlant de soutiens du président de la République, il faut une mention spéciale au bâtonnier des avocats, Brahim Bouderbala. Il a été l'un des premiers à dire, après la déclaration nocturne du président, qu'en fait Kaïs Saïed ne voulait pas dire « dissoudre le CSM », mais seulement changer sa composition. Quand le présidentissime a convoqué sa cheffe du gouvernement pour blablater, il a dit explicitement qu'il allait dissoudre le conseil. Réaction de Brahim Bouderbala ? Pareil, c'est une bonne décision ! Tout le panache vient quand il déclare que les critiques de cette décision veulent « diaboliser le travail du président de la République ». C'est absolument magnifique ! Il n'y a que Abid Briki qui peut battre Brahim Bouderbala en s'échinant à tenter de mettre une substance politique dans les actions du président de la République.

Mais qu'espèrent-ils ? Au mieux, Kaïs Saïed les a accusés de convoiter des postes de responsabilité. En plus, il est devenu clair que ces postes-là sont réservés à l'entourage très proche du président. Au pire, il les accusera de trahison et de complot, comme il fait avec pratiquement la moitié du pays.
Mais la vraie question est de savoir ce qu'espèrent de lui les soutiens qui n'ont pas de convoitise particulière et qui ne sont pas intéressés. Pour beaucoup d'entre eux, ce sont même des personnes qui ont été de toutes les batailles démocratiques. Outre la satisfaction de voir les islamistes laminés et mis sur la touche, il n'y a rien d'autre à espérer.
Mettons de côté tous les principes relatifs à la démocratie et à la séparation des pouvoirs théorisée par Montesquieu qui fait des pirouettes dans sa tombe depuis que le président le cite.

La présidence de la République sous la houlette de Kaïs Saïed depuis qu'il a accédé à la magistrature suprême est restée cette institution coupée des réalités de la Tunisie. Les échecs ont été successifs en termes de politique extérieure alors que c'est une prérogative exclusive du président. Le budget de la présidence de la République n'a fait qu'augmenter depuis 2019, sans que l'on sache vraiment pourquoi. Je vous épargne la chronique de toutes les intrigues de palais et la succession de démissions au sein de la présidence. Pour couronner le tout, la présidence de la République s'est coupé des médias et ni le président, ni sa conseillère n'ont souhaité collaborer avec le quatrième pouvoir. Toutes les rédactions de Tunisie se souviendront de ce légendaire mail envoyé par la présidence de la République indiquant un numéro de téléphone fixe et ordonnant aux journalistes de n'appeler que durant les heures de bureau…
Ensuite, le chef de l'Etat s'est emparé du pouvoir législatif. Admettons que les problèmes du pays viennent de l'Assemblée des représentants du peuple. Admettons qu'il s'agit réellement du « danger imminent » indiqué dans la constitution. Admettons que l'ensemble des 217 élus, ainsi que les agents et fonctionnaires soient tous des pourris. Qu'a fait le chef de l'Etat de ce pouvoir législatif ? Rien ou presque. Je ne compte pas le décret 117 puisque nous avons déjà éliminé les principes démocratiques. En termes d'efficacité, quel décret le président a-t-il émis qui a changé la face du pays ou qui a mis un terme au monopole ou à la corruption ? Il n'y en a aucun. Il y a eu le décret concernant le Pass sanitaire, promulgué sans aucune consultation, et qui, par conséquent, n'a simplement pas été appliqué. Le chef de l'Etat réfléchit encore au décret sur l'amnistie pénale et il doit y faire quelques modifications comme il l'a dit avant-hier à la cheffe du gouvernement. Heureusement qu'il s'agit d'un projet auquel il réfléchit depuis…2012.
Le président de la République s'est également emparé du gouvernement et de la nomination de sa cheffe et de l'ensemble des ministres. Quel résultat cela a-t-il donné ? En tout cas rien qui dépasse de loin le rendement du gouvernement de Hichem Mechichi. Les manifestations consécutives à la situation de la déchèterie de Agareb ont été réprimées par la police à coups de matraque et de gaz lacrymogène. La Loi de finances 2022 pondue par ce gouvernement restera probablement dans les annales comme l'une des pires, sans aucune vision et sans la moindre mesure pour combattre la corruption ou la contrebande. Pire que cela, l'Etat a donné l'opportunité aux contrebandiers et aux personnes ayant des fortunes illicites de se blanchir totalement. Une mesure pompée sur un plan de réforme élaboré par…le gouvernement de Hichem Mechichi. On attend toujours les décrets d'application des lois sur l'économie sociale et solidaire et sur le crowdfunding. A la place, nous avons un gouvernement incapable d'assurer le versement des salaires de ses fonctionnaires, et qui ose même prétexter un week-end pour l'expliquer. Comble de l'absurde, Kaïs Saïed lui-même accuse des parties « hostiles au peuple tunisien » d'avoir augmenté le prix de l'essence…

Kaïs Saïed n'a rien fait de tous les pouvoirs qu'il a accumulés. Il n'a rien changé dans le quotidien des Tunisiens. Au contraire, celui-ci s'est détérioré. Peut-être pas de la responsabilité directe de Kaïs Saïed, mais il n'a rien fait pour l'éviter. Maintenant qu'il a, en plus, vampirisé la justice tunisienne, va-t-il y apporter la moindre réforme ? Va-t-il répondre aux vœux de ses soutiens si prompts à dire que le CSM n'a rien fait pendant toutes ces années pour réformer la justice ? En regardant l'historique de ses actions à la tête de l'Etat, le doute est plus que permis. Mais que serait la vie sans espoir, même s'il n'est pas du tout rationnel.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.