Sabri Lamouchi sort du silence : Être sélectionneur de la Tunisie est un honneur immense    Le grand couturier italien Valentino s'éteint à 93 ans, une légende de la mode disparaît    Suspension des cours à Nabeul en raison des intempéries    Mauvais temps en Méditerranée : le navire « Carthage » modifie son programme    Audi Tunisie rend le luxe plus accessible avec les 'Best Deals' et les 'Black Weeks'    Médicament dangereux sur Facebook : l'Ordre des pharmaciens saisit la justice    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Nouvelle loi sur l'hybride : un collectif demande à être remboursé    Joy Awards 2026 : Riyad célèbre le divertissement mondial dans une cérémonie digne des Oscars    BYD Tunisie lance la Dolphin Surf: La citadine électrique multi-primée arrive en Tunisie    CAN 2025 : Polémique après le refus du frère du Roi de remettre le trophée au Sénégal    Météo agitée en Tunisie : vigilance ce lundi    Top 10 des stars qui ont marqué la CAN 2025    Collision de trains en Espagne : dizaines de blessés et 39 morts    Saïfeddine Makhlouf maintenu en détention : cinq ans de prison confirmés    Match Maroc vs Sénégal : où regarder la finale de la CAN Maroc 2025 du 18 janvier ?    Groenland : Washington passe à l'offensive avec des taxes sur 8 pays européens    UIB: Publication de l'appel à candidature pour le choix d'un Administrateur représentant des actionnaires minoritaires    Partenariat stratégique et innovant entre Tunisie Telecom, la BERD pour renforcer l'infrastructure numérique en Tunisie    OMODA & JAECOO en Tunisie : une nouvelle ère pour la mobilité intelligente et électrique    Festival Jean Rouch Hors-les-murs Tunis 2026 : Appel à candidatures pour la 3ème édition    Ramadan 2026 en Tunisie : les calculs astronomiques dévoilent la date probable du début du mois sacré    Météo en Tunisie : pluies attendues sur le nord et le centre    Khadija Taoufik Moalla: Mourad Wahba, le philosophe qui voulait réconcilier raison, foi et humanité    USA: La suspension de la délivrance de visas affecte-t-elle un visa en cours de validité et s'applique-t-elle aux visas de tourisme ? Voici la réponse    UIB distinguée meilleure Banque de Financement du Commerce International en Tunisie par Global Finance    Météo en Tunisie : pluies isolées attendues la nuit    Trump renforce la politique migratoir...mais certains restent exemptés    Taboubi met fin à la démission et renforce le mouvement syndical    Film Where the Wind comes from d'Amel Guellaty : un souffle d'air frais sur le cinéma avec Alyssa et Mehdi    Nouveau portail consulaire : Simplification des démarches pour les Tunisiens aux Emirats    Abdelaziz Kacem - De la culture générale (I): Le temps des alertes    Et si Bourguiba n'avait pas aboli les habous ?    Habib Touhami: Le développement à l'ombre de la démographie    La photographie et la peinture: deux écritures de la lumière    La cannelle: Un condiment au parfum envoûtant et un remède ancestral    Le Maroc élimine le Cameroun et attend le vainqueur d'Algérie–Nigeria en demi-finale de la CAN    Instalingo : les auditions se poursuivent devant la Cour d'appel    America First 2026: Le Mémorandum qui redessine l'échiquier mondial    La banane: saveurs, bienfaits, secrets et petites histoires    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    Mathilde Panot (LFI) : « La France doit impérativement refuser d'être le vassal des Etats-Unis »    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Suppression des primes et des privilèges des membres du Conseil supérieur de la Magistrature : Saïed passe à l'action
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 01 - 2022

S'agit-il d'un premier pas vers la dissolution du conseil supérieur de la magistrature ?
Les avis divergent, mais le Président de la République semble déterminé à limiter le pouvoir d'une telle structure.
Dans la soirée du mercredi, la présidence de la République a publié un décret mettant fin aux différents privilèges des membres du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), ouvrant le débat encore une fois autour de cet organe qui jouit d'un grand pouvoir dans la branche judiciaire.
En effet, le Président de la République Kaïs Saïed a paraphé, mercredi, un décret mettant fin aux avantages et privilèges accordés aux membres du Conseil supérieur de la magistrature.
« Le Chef de l'Etat a paraphé un décret portant modification de la loi organique n° 2016-34 du 28 avril 2016, relative au Conseil supérieur de la magistrature. Ledit décret met fin aux avantages et privilèges accordés aux membres du CSM », souligne la présidence de la République dans un bref communiqué.
Au fait, la tension entre le locataire de Carthage et le CSM était déjà palpable depuis plusieurs mois. Ce dernier était le premier à s'opposer aux dispositions exceptionnelles dans leur partie accordant la présidence du ministère public au président de la République. Même si le président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Youssef Bouzakher, avait été convié au palais de Carthage, notamment au sujet de la réforme de la justice, la rupture était totale, au vu de l'inaction de cet organe et son incapacité à réformer dans l'urgence la justice tunisienne.
D'ailleurs, il faut rappeler que le Président de la République a tiré à boulets rouges sur ce Conseil, l'accusant d'avoir rendu service à des intérêts, les plus particuliers et privés, insinuant même son implication dans des affaires de corruption. Pour le Président de la République — et c'est ce qui explique en partie sa décision —, le CSM serait impliqué en effet dans le prolongement des affaires en cours de manière à retarder les jugements. « Une loi relative au Conseil supérieur de la magistrature, qui pourrait même faire l'objet d'une thèse de doctorat, a été mise en place sur mesure. Ils interviennent dans certains jugements et s'ingèrent dans le mouvement du corps de la magistrature. Ils interviennent même dans des affaires en cours devant la justice et forcent leur report afin qu'elles traînent durant des années », avait même dénoncé le Président de la République au début de ce mois.
En recevant aussi Brahim Bouderbala, le bâtonnier des avocats, Saïed a affirmé même que « certains membres du CSM ont été élus en privilégiant des intérêts financiers et politiques. Des membres du CSM n'ont pas été élus suivant des critères objectifs, mais en privilégiant les considérations personnelles, les intérêts financiers et les rapprochements politiques », a-t-il expliqué.
Dans sa première réaction, le magistrat Youssef Bouzakher, président dudit conseil, a affirmé, hier, que les privilèges accordés aux membres du CSM intervenaient dans le cadre de la transparence la plus totale. Dans ce sens, le magistrat a haussé le ton, considérant cette décision « comme une atteinte aux membres du CSM ». « Les avantages avaient été mis en place par le CSM et publiés au Journal officiel de la République tunisienne ! Nous avions procédé à cela dans le cadre de la transparence et en collaborant avec le gouvernement et l'Assemblée des représentants du peuple », a-t-il expliqué.
Comment interpréter cette décision ? Youssef Bouzakher indique que l'annulation des avantages accordés aux membres du CSM ne signifie pas sa dissolution, affirmant que les membres de cette « institution constitutionnelle dotée d'une indépendance financière et administrative conformément à la Constitution poursuivront leur mandat jusqu'au mois d'octobre prochain ». Face à ce nouveau rebondissement que certains ont interprété comme un premier pas vers la dissolution du CSM, les réactions n'ont pas manqué. Rachida Jelassi, membre du CSM, a estimé que la Loi portant sur le CSM « comporte clairement des lacunes. Cette décision ne semble pas emprunter le bon chemin de la réforme de la justice ».
Le bâtonnier des avocats, Brahim Bouderbala, a estimé quant à lui qu'il s'agit d'une décision dans le cadre de la bonne gouvernance. « La bonne gouvernance stipule la limitation de certains avantages, assumer ces postes doit être bénévole sans aucune contrepartie ou privilège », a-t-il soutenu, estimant que ce décret n'a aucun effet sur le bon fonctionnement de cet organe de la justice tunisienne.
Pour sa part, Kalthoum Kennou, ancienne présidente de l'Association des magistrats tunisiens (ASM), a tenu à souligner, dans un post sur Facebook, que contrairement aux interprétations sur les réseaux sociaux, « le Chef de l'Etat n'a pas dissous le CSM mais il a posé des limites aux avantages de ses membres ».
La juge et présidente d'honneur de l'Association des magistrats tunisiens (AMT), Raoudha Karafi, a estimé que le décret retirant les avantages des membres du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) « entre dans le cadre d'une décision punitive. La punition infligée par le Président de la République vient après que le CSM a adhéré à son indépendance en vertu de la Constitution et a rejeté la loi organique et n'a pas accepté l'ingérence du pouvoir exécutif », indique-t-elle.
La sphère politique réagit
Plusieurs partis et personnalités politiques ont également réagi à cette décision qui fait couler beaucoup d'encre. Lors d'une conférence de presse, le porte-parole du parti Ennahdha, Imed Khemiri, a estimé que cette décision confirme « le penchant du Président de la République pour l'instauration d'un régime de pouvoir individualiste ». « Il existe des intentions pour dissoudre le CSM et mettre la main sur la justice », a-t-il déclaré.
La présidente du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi, a critiqué à sa manière cette annulation des privilèges des membres du CSM, laissant croire qu'elle n'aura aucun effet sur la scène nationale, ni un impact sur les finances publiques. « Qu'il annule les primes et même les salaires de tout le monde s'il veut, c'est très bien. L'essentiel et le plus important, alors qu'on ne fait que distraire la fanfare, est que les caisses de l'Etat sont vides et qu'on n'a pas de quoi vivre ! », a-t-elle posté sur Facebook.
Le député de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) suspendue Walid Jalled a estimé que cette décision est « populiste » d'autant plus que le mandat de ces membres expire dans quelques mois, soulignant la nécessité de préserver l'indépendance de la justice.
Hostile au processus du 25 juillet, le politicien Issam Chebbi estime que cette décision « émane d'un conflit personnel du Président de la République avec le CSM et que cette décision ne rend pas service aux Tunisiens qui font face à une hausse sans précédent des prix ».
Mis en place en vertu de la loi organique n° 2016-34 du 28 avril 2016, le Conseil supérieur de la magistrature est une institution constitutionnelle garante, dans le cadre de ses attributions, du bon fonctionnement de la justice et de l'indépendance de l'autorité judiciaire, conformément aux dispositions de la Constitution et des conventions internationales ratifiées. Le Conseil bénéficie de l'autonomie administrative et financière et de la libre gestion de ses affaires et dispose d'un pouvoir réglementaire dans son domaine de compétence.
C'est l'assemblée plénière de ce Conseil qui avait fixé les indemnités et les avantages alloués aux membres dudit conseil.
Selon la présidence de la République, un membre de ce Conseil touche une prime de 2.360 dinars ainsi que des bons de 400 litres d'essence par mois. D'ailleurs, le Chef de l'Etat s'en est toujours pris aux membres du CSM, épinglant les primes qu'ils touchaient, insinuant qu'il s'agissait de gros montants et d'avantages en nature non mérités, remettant en cause, à maintes reprises, l'indépendance de ces magistrats. Des accusations rejetées par le CSM qui, dans plusieurs communiqués rendus publics, affirmait qu'il tenait à son indépendance et que la réforme de la justice ne pouvait pas être dictée par la branche exécutive.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.