Notre président qui regarde son peuple de haut et qui hurle de Carthage : le peuple veut. Mais, arrêtons-nous un instant pour poser une question : Que veut le peuple ? Une démocratie avec une prospérité économique qui garantit un minimum de dignité pour les oubliés, les déshérités, les marginaux. Bref, la majorité du peuple tunisien.
Pour Kaïs Saïed, l'affaire est réglée. Une commission de façade avec trois marionnettes. Deux d'entre eux, Sadok Belaïd et Amine Mahfoud, ont dénoncé la situation. Le texte, leur texte, était défiguré et dénaturé. Disaient-ils. Mais le mea-culpa n'efface pas l'implication. Trop tard pour se retirer. Impossible de bouger car vous êtes (nous aussi ?) dans la merde jusqu'au cou.
Là-bas pas très loin de ses collègues. Le bâtonnier qui défend bec et ongle le Projet. Votez oui. Dit-il. La course à la gloire a commencé. Mais le représentant des avocats a pris le mauvais chemin. Il a déshonoré son métier. Il s'est retrouvé dans une arène. Lui, qui n'a jamais été un vrai gladiateur. Peut-être aurait-il des arguments ?
Dans un combat, un duel ou un débat, il y'a toujours des avocats. Ceux qui mettent la robe pour défendre le diable. Le défenseur du président, n'a pas le talent. On n'entend que des balbutiements, des absurdités et un sophisme de mauvaise qualité. Bouderbala serait-il le Sancho Panza tunisien ?
Il va essayer de défendre son Don Quichotte à tout prix.
Je l'imagine devant un miroir le matin, en train de fixer son reflet. Figé face à son inconscient et asphyxié par des questions sur cette aventure dans laquelle il a embarqué tout un peuple. Sur le chemin de la Nouvelle République, on a emmerdé Platon, assassiné Montesquieu et dépassé Rousseau. Bientôt, la Tunisie sera un vaste asile psychiatrique. Certainement, nous journalistes, serons les premiers patients. Le président nous a déclaré la guerre. Rien ne pourra contrer les vagues de l'ignorance. C'est l'ère de la BHIMOCRATIE comme disait le regretté Kamel Zaghbeni.
Pourquoi et comment sont deux mots tabous. Mais est-ce qu'on a le droit d'argumenter au moins ? Sommes-nous des citoyens ou des moutons ? A-t-on le droit de dire non ? Non.
L'ogre a avancé. Il a tout avalé.
Ceux qui sont déjà dans une course pour se positionner dans le paysage actuel, seront désarmés demain avec ce même texte tant adulé. Ni partis politiques, ni institutions. Y'aura juste le peuple face à son Monarque qui le connait et le comprend. S'il y a des ambiguïtés, Bouderbala serait là pour clarifier. Il est le prophète de cette République défigurée.