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Servir l'Etat est dangereux
Publié dans Business News le 17 - 05 - 2023

La condamnation du journaliste Khalifa Guesmi à cinq ans de prison pour un article de presse a suscité une vive polémique. Le journalisme n'est pas un crime et le fait d'obtenir un scoop ne saurait être punissable par la loi. Cette polémique, tout à fait justifiée, autour de la condamnation d'un journaliste qui n'a fait que son travail a occulté la condamnation, dans la même affaire, d'un haut cadre de la Garde nationale à dix ans de prison.
Ce gradé des forces de l'ordre a passé quinze ans à servir l'Etat et à combattre le terrorisme avec plusieurs succès à son actif. Il a bénéficié de plusieurs formations et a acquis un savoir-faire certain dans son domaine de compétence, et pourtant, l'Etat n'a pas hésité à le faire condamner pour avoir fait fuiter une information sur une opération antiterroriste qu'il était en train de mener. Certains diront qu'il a divulgué des informations secrètes à un journaliste qui s'est empressé de les publier, d'autres diront qu'il a cherché une reconnaissance que sa hiérarchie et l'Etat pour lequel il travaille ne lui ont jamais donnée. Toutefois, le résultat est le même : un valeureux soldat de la Tunisie, qui se met en danger tous les jours et qui ne sait pas s'il va retrouver ses enfants quand il part au travail, est actuellement emprisonné par ce même Etat qu'il a juré de défendre. Il risque dix ans de prison à cause d'un simple article de presse.
Il faut dire que l'ingratitude de l'Etat tunisien avec ses plus fidèles serviteurs est devenue légendaire. Il est vrai également que cela n'a pas commencé avec le putsch du 25-Juillet et qu'il s'agit d'une tendance affirmée depuis des dizaines d'années. Mais ce n'est pas parce qu'une erreur dure depuis longtemps, qu'elle n'est plus une erreur.

L'ancienne cheffe de cabinet du président de la République, Nadya Akecha, s'est exposée personnellement à cause des fonctions qu'elle a occupées et a fait l'objet de véritables campagnes de dénigrement. Certains lui prêtaient le rôle de tête pensante de la présidence et croyaient même qu'elle lorgnait sur le poste de son patron de l'époque. Son dévouement ne lui aura pas épargné un cinglant limogeage consécutif à une lutte de clans dans l'entourage présidentiel. On peut dresser le bilan objectif de son action au poste de cheffe de cabinet et conclure qu'il est négatif. Mais cela n'empêche pas qu'elle a servi l'Etat et que ce même Etat est aujourd'hui en train de la poursuivre judiciairement et de la condamner.
L'ancienne ministre du Commerce, Fadhila Rebhi, a également fait les frais du même traitement ingrat et brutal. Elle a été limogée par un simple communiqué parce qu'elle n'a pas réalisé de résultats satisfaisants dans la lubie présidentielle de lutte contre la spéculation et le monopole. Son collègue, Nasreddine Nsibi, ministre de l'Emploi et porte-parole du gouvernement, a également été limogé sans ménagement car le président de la République s'est arrêté devant un chantier conduit par le ministère et qui n'avançait pas assez vite à son goût. Encore une fois par simple communiqué, le ministre se retrouve viré par un ce même Etat ingrat qu'il a choisi de servir dans une période trouble. La ministre de l'Industrie, des Mines et de l'Energie, Neila Nouria Gonji, a également été virée sans ménagement parce qu'elle a eu l'audace de dire clairement aux médias, et donc à l'opinion publique, que le travail du gouvernement avec le FMI avançait et qu'il y aurait des augmentations des prix des hydrocarbures à prévoir. La ministre s'est aventurée à exposer clairement l'activité gouvernementale et s'est permis une certaine honnêteté avec les médias. Il n'en fallait pas plus pour qu'elle se retrouve éjectée de son poste l'après-midi même de sa déclaration.
L'Etat n'est jamais aussi rapide et efficace que quand il s'agit de punir ceux qui l'ont servi et ceux qui se sont exposés pour protéger ses intérêts. L'ingratitude est une caractéristique profonde de l'Etat tunisien. Des dizaines de personnes ont fait les frais de ce comportement. On peut citer les gouverneurs dont celui de Sfax, Fakher Fakhfakh, également limogé sans ménagement bien qu'il se soit égosillé à défendre le régime. Il y a également le magistrat, Makram Ben Mna, qui a brièvement présidé la commission nationale de conciliation pénale. Il a été viré de son poste car le président a estimé que le rythme nécessaire pour récupérer le montant faramineux de 13.500 milliards était trop lent. Le magistrat se trouve aujourd'hui mis au ban.

Evoquer l'ensemble de ces cas où l'Etat est ingrat et brutal vis-à-vis de ses serviteurs ne veut absolument pas dire qu'il s'agissait de ministres performants ou de gouverneurs efficaces. Procéder à une évaluation et décider de mettre un terme aux fonctions de tel ou tel responsable fait partie du fonctionnement habituel d'un Etat. Toutefois, rien n'empêche de le faire avec élégance et de ne pas perdre de vue le fait qu'il s'agit de personnes qui ont, généralement, passé des années à servir de leur mieux l'Etat.
Si ce dernier continue à être ingrat et parfois injuste avec ses propres représentants, plus personnes ne voudra y prendre de responsabilités et on laissera le champ libre aux opportunistes et aux incompétents. Si le haut cadre de la Garde nationale qui a fourni une information au journaliste Khelifa Guesmi, est finalement condamné à dix ans de prison, l'Etat et la collectivité auront perdu un homme dont le métier est de se mettre en travers du danger qui guette ce même Etat et cette même collectivité. C'est l'une des raisons qui font que les vraies compétences désertent petit à petit la fonction publique et même le pays. Quand un Etat n'a pas les moyens de bien payer ses fonctionnaires, ni de les faire travailler dans des conditions favorables, il devrait au moins les respecter.


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