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L'Ites s'intéresse au secteur informel en Tunisie
Publié dans Business News le 06 - 06 - 2023

Le secteur informel a toujours eu un poids prépondérant dans l'économie tunisienne à tel point que certains gouvernements avaient estimé qu'il représentait 50 à 60% de l'économie tunisienne. Mais quel est le poids réel de ce secteur ?

L'Institut tunisien des études stratégiques (Ites) a tenté de réépondre à cette interrogation, via les statistiques les plus récentes. En effet, il vient de publier une étude intitulée "Secteur informel : inclusion, transition & conformité", réalisée par le professeur Mohamed Safouane Ben Aïssa.
Il en ressort que l'économie tunisienne se caractérise par l'existence de trois blocs qui ont des comportements et des performances différentes : le bloc structuré composé des entreprises individuelles ou sociétaires organisées, le bloc informel formé des activités qui ne détiennent pas de comptabilité et le bloc administratif formé des administrations publiques. Les parts relatives de ces blocs, publiées par l'INS, dans le Produit intérieur brut sont respectivement de 52%, 28% et 20% alors qu'elles sont de 36%, 44% et 20% dans l'emploi. La notion de secteur public est plus large puisqu'elle inclut les administrations et les entreprises publiques qui font partie du bloc structuré.
Cela dit, les données de l'INS par secteur d'activité montrent que l'informalité est particulièrement présente dans les activités agricoles puisque son poids atteint plus de 89% de la valeur ajoutée marchande totale du secteur. Par ailleurs, le poids du secteur informel dans les activités industrielles s'établit à 20,8%, en raison du taux d'informalité élevé dans le bâtiment (un peu plus de 57%). L'informalité dans les services marchands se situe à environ 40% de l'activité du secteur.

L'évaluation de la contribution de chaque bloc au bien être national est appréciée de manière différente selon les critères adoptés. En se référant aux critères macroéconomiques de production, d'investissement, d'exportation et de fiscalité, le bloc structuré reste le principal pourvoyeur de ressources pour le pays. Mais en termes d'emplois et de lutte contre la pauvreté, le bloc informel joue un rôle plus important puisqu'il occupe 44% de l'emploi national, contre 36% pour le bloc structuré, et permet de fournir des revenus à des couches défavorisées. Enfin, en termes sociaux, le bloc administratif joue un rôle primordial pour les services publics nécessaires comme la sécurité, la santé et l'enseignement.

S'agissant des emplois, l'enquête nationale sur la population et l'emploi indique que le secteur de l'agriculture et la pêche occupe le premier rang du secteur informel avec 85,6% de l'emploi du secteur, soit 420.000 emplois informels sur un demi-million d'agriculteurs. D'ailleurs, hors agriculture, la part de l'emploi informel dans le total baisse de 44,8% à 38,3%.
Après l'agriculture, le second secteur en importance est celui du bâtiment et travaux publics où l'emploi informel représente 69,2% de l'emploi du BTP. Le troisième secteur est celui des activités commerciales avec 64,7%. Ces trois secteurs forment les 2/3 de l'emploi informel total.
La répartition de la population en 2019 montre que la grande majorité (79%) des occupés non-salariés (un million de personnes) appartient au secteur informel alors que les occupés salariés sont essentiellement (68%) dans le secteur formel.
Une récente étude de l'Observatoire national de l'emploi et des compétences a révélé, en avril 2021, qu'environ 1,3 million de Tunisiens travaillent dans le secteur informel, soit 36% du total des travailleurs.

Ainsi et selon cette étude, le secteur informel ne doit pas être négligé en termes de contribution à l'économie et en tant que vecteur de collecte d'impôt, car avec une telle productivité, le revenu du secteur informel est relativement élevé et doit contribuer à l'assiette fiscale. L'auteur estime, dans ce cadre, le manque à gagner fiscal à 5.450 MD non payés actuellement par le secteur informel compte tenu de l'estimation de sa valeur ajoutée et des revenus qu'il génère et tenant compte d'un taux de fiscalité moyen représentant la moitié de celui appliqué au secteur formel.

L'informalité touche l'ensemble des pays mais à des degrés différents selon le niveau de développement atteint. Elle ne doit pas être considérée comme un mal qu'il faudra éradiquer mais comme une situation transitoire qui doit être graduellement formalisée. En effet, l'économie informelle est très disparate, elle comprend des agents économiques ruraux qui n'ont pas accès aux circuits organisés mais elle comprend aussi des entreprises performantes qui écoulent une partie de leur production sur le marché parallèle pour échapper aux impôts indirects (TVA, DC) et directs (IS). Les petits producteurs informels évitent l'impôt mais payent des taux d'intérêt excessifs sur les microcrédits obtenus et ne bénéficient pas d'assurance sociale.

Récemment, une prise de conscience de l'Etat tunisien du manque à gagner pour le budget et de la nécessité de lutter contre la corruption, a limité l'extension du secteur informel ; mais des mesures plus importantes doivent être prises pour encadrer le secteur informel et l'inclure graduellement dans les circuits économiques organisés.

D'après rapport


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