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Avec beaucoup de retard, les avocats se rebiffent
Publié dans Business News le 10 - 01 - 2024

Il en aura quand même fallu du temps, des humiliations et des atteintes pour que les avocats s'organisent et pondent au moins une pétition. Près de 250 avocats dont six anciens bâtonniers ont signé une pétition demandant la libération immédiate de leurs confrères Ghazi Chaouachi et Ridha Belhaj. Toutefois, il est utile de rappeler que ce que les signataires ont qualifié de mascarade et l'incarcération en l'absence des garanties d'un procès équitable durent depuis près de dix mois. Vaut mieux tard que jamais comme on dit.
Il est fort probable que la récente atteinte par le pouvoir au monument qu'est l'avocat Bechir Manoubi Ferchichi ait fini de convaincre les avocats qu'ils sont dans le viseur. L'accusation formulée contre Bechir Ferchichi de tenter de faire évader un détenu parce qu'il avait une clé et des rasoirs dans son cartable a eu au moins le mérite de faire sortir l'ordre des avocats de sa torpeur politique complice. C'est suite à cela que nous avons vu le bâtonnier Hatem Mziou dire clairement qu'il s'agissait d'une honte pour le pays et pour la profession et que ce regrettable incident devait être clos au plus vite.
Toutefois, sans rien enlever au passif des avocats dans la défense des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, tout cela sent quand même la manœuvre et le calcul. Les signataires de la pétition demandant la libération de Ghazi Chaouachi et Ridha Belhaj ont oublié d'y inclure l'avocate Abir Moussi, qui se trouve également en prison pour des motifs douteux. Ses avocats disent clairement qu'il s'agit d'une séquestration dont l'objectif réel est politique, à savoir l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de 2024. A la décharge des avocats signataires de la pétition, ils ont lié cette dernière à la date du 11 janvier, lors de laquelle seront examinés les recours en appel contre les décisions de prorogation de l'emprisonnement des détenus politiques. Mais cela semble quand même maigre.
Par contre, l'ordre des avocats a fait ce qu'il fallait concernant Abir Moussi en allant jusqu'à mobiliser un comité pour défendre le droit à la défense. Il s'agit de trois sommités mobilisées par l'ordre : Bechir Manoubi Ferchichi, Kamel Ben Messaoud et Mahmoud Daoued Yaâcoub. Rien de tel n'a été entrepris pour les avocats Ghazi Chaouachi et Ridha Belhaj qui étaient, au départ, les avocats d'autres accusés de complot contre la sûreté de l'Etat. L'ordre des avocats ne s'est pas, non plus, spécialement mobilisé quand les avocates Dalila Ben Mbarek Msaddek et Islem Hamza avaient été convoquées par la justice pour des motifs directement reliés à leur appartenance au comité de défense des prisonniers politiques. Le bâtonnier s'est contenté d'informer qu'il représentait Dalila Ben Mbarek Msaddek lors de l'une des accusations. Mais il est évident que cela est largement insuffisant devant toutes les attaques ayant pour cible le droit à la défense et la liberté des avocats.
Si ces actions et cette mobilisation étaient uniquement motivées par la défense des libertés et du droit des avocats à exercer leur profession, elles devraient concerner l'ensemble des avocats. Or, il se trouve que ce n'est pas le cas. Ces agissements ne donnent pas l'impression d'être des actions de principe qui dépassent les noms des concernés, leurs appartenances politiques ou leurs passifs au pouvoir. Cette indignation sélective affaiblit, évidemment, le propos tenu et le vide de toute substance réelle. L'opinion publique scrute également cela avec attention et beaucoup affirment que les avocats font encore de la politique et cherchent le meilleur positionnement dans l'échiquier politique actuel pour défende et préserver leurs intérêts et avantages. Les prises de position prudentes et hésitantes ne peuvent que confirmer cette idée reçue.
Si l'on parle de prise de position de principe, il faut évoquer les grands oubliés qui sont pourtant des avocats. Le premier est Noureddine Bhiri, célèbre faucon du parti Ennahdha et architecte de la boucherie qui a frappé la justice tunisienne lorsqu'il était titulaire du portefeuille. Aujourd'hui, il est en prison pour publication Facebook et son cas embarrasse tout le monde. On dit clairement parmi les avocats et ailleurs qu'il est peut-être injustement emprisonné mais on ne peut pas le défendre. La défense des principes et des valeurs n'inclut apparemment pas Noureddine Bhiri. La détestation du personnage, de son appartenance politique et de son passif au pouvoir l'emportent largement. Le deuxième est le sulfureux Seif Eddine Makhlouf. Tout le monde se remémore ses actions honteuses au parlement et ses agressions physiques et verbales commises en toute impunité, protégé qu'il était par son positionnement politique. On l'a vu également lors des évènements de l'école de Regueb défendre l'indéfendable avec toute la véhémence dont il peut faire preuve. Cela n'empêche pas qu'il est avocat et qu'il a été jugé deux fois pour les mêmes faits, dans une pirouette inédite visant à le mettre en prison. Ni ses confrères et consœurs, ni l'ordre des avocats ne s'étaient émus de ce qui arrivait à Seif Eddine Makhlouf. Ce dernier s'est retrouvé tout seul devant le régime et vu son silence depuis des mois, il semble qu'il a parfaitement compris le message.
A travers l'ordre ou par des actions groupées, les avocats tunisiens cherchent à retrouver un peu d'influence après avoir été, à l'instar des autres organisations nationales et corporations, écartés de la chose publique. Le bâtonnier Hatem Mziou a tenté de naviguer au mieux dans les eaux agitées du tsunami du 25-Juillet. Il reprenait aussi un héritage loin d'être facile légué par Brahim Bouderbala. Force est de constater que le résultat n'est pas fameux…


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