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Dormez tranquilles, Mourad Zeghidi et Borhen Bssais restent en prison
Publié dans Business News le 19 - 03 - 2025

Le peuple tunisien peut respirer et profiter de la sécurité qui lui est offerte : les journalistes Mourad Zeghidi et Borhen Bssais ont vu leurs demandes de libération rejetées par la justice hier, 18 mars. Hasard du calendrier, le 18 mars 2025 marque dix ans depuis l'attaque terroriste du musée du Bardo. Un jour triste où la Tunisie a affronté et vaincu le terrorisme sur ses terres. En 2025, le danger vient des journalistes, apparemment, et nos deux confrères restent en détention pour des raisons tout à fait inconnues.

Une détention injustifiée et arbitraire
Les accusations de fraude et de blanchiment d'argent ne tiennent pas la route, puisqu'il s'est avéré qu'il s'agit d'un simple retard dans le paiement des impôts et de certains dus. Mourad Zeghidi a régularisé sa situation de chef d'entreprise, et puis, personne en Tunisie n'est détenu en prison pour une retenue à la source ou pour un retard avec le fisc. Si c'était le cas, la moitié de la Tunisie serait en prison. Pour rappel, les deux hommes ont purgé une peine de huit mois de prison sur la base du fameux décret 54, accusés d'avoir propagé de fausses nouvelles. À ce jour, personne ne sait de quelle nouvelle il s'agit précisément. De tout cela se dégagent deux certitudes : la première est que les deux hommes ne devraient pas être maintenus en détention au vu des chefs d'accusation auxquels ils font face, la deuxième est qu'il y a manifestement une réelle volonté de les maintenir en prison.

Un acharnement judiciaire sans fondement
Plusieurs demandes de libération ont été déposées par le passé concernant Mourad Zeghidi et Borhen Bssais, toutes ont été systématiquement refusées, ajoutant ainsi à la peine de leurs familles et de leurs proches. Mourad Zeghidi et Borhen Bssais ne représentent absolument aucun danger pour la société et n'ont pas à être emprisonnés : c'est une question élémentaire de justice. La détention est l'exception, la liberté est la règle. C'est exactement dans ce même esprit qu'un arrangement a été trouvé entre les ministères tunisien et libyen de la Justice pour faire libérer des détenus des deux côtés. Des personnes qui n'auraient jamais dû être emprisonnées au vu de ce qu'on leur reproche, puisqu'il s'agit d'accusations portant sur des kilos de couscous et sur du carburant. Cette même justice a eu la lucidité de faire libérer Sihem Ben Sedrine pour des raisons humanitaires liées à son âge et à son état de santé. Elle continuera cependant à faire face aux accusations qui pèsent contre elle. Donc, la justice tunisienne peut, parfois, faire preuve de clairvoyance suivant les situations. Pourquoi reste-t-elle si obstinément aveugle concernant Mourad Zeghidi et Borhen Bssais ?

L'indifférence complice d'une opinion publique insensible
Il faut dire que l'emprisonnement de journalistes ou les diverses agressions dont ils sont victimes n'émeuvent pas les foules. Seule une minorité s'en préoccupe et tire la sonnette d'alarme depuis des mois à ce propos. Nombreux sont ceux qui se délectent de ces arrestations et en demandent d'autres. D'ailleurs, on ne sait pas quel plaisir ils en tirent, à part celui d'assouvir un vide abyssal. Toutefois, la justice est là pour faire respecter le droit et ne doit en aucun cas se laisser happer par cette soif de vindicte. Cette populace s'est détournée de ces questions et verse actuellement son fiel dégueulasse sur les migrants subsahariens, élevés au rang de menace existentielle. D'ailleurs, c'est l'un des sujets où la voix d'un Mourad Zeghidi nous manque cruellement.
Paradoxalement, tout ce qu'espèrent Mourad Zeghidi et Borhen Bssais, c'est l'application de la loi. Tout ce qu'ils demandent, c'est d'être traités comme n'importe quel citoyen. Ils ne veulent pas être au-dessus de la loi, mais ne veulent pas être en dessous non plus. Être journaliste ne donne droit à aucun traitement de faveur, mais cela ne doit pas non plus devenir une circonstance aggravante.

Quand la justice devient une arme politique
En réalité, il est usant de ressasser des évidences et de rappeler des règles et des normes relevant du simple bon sens. Il n'est dans l'intérêt de personne, y compris ceux qui ont aujourd'hui le pouvoir, de vassaliser la justice et de donner l'impression qu'elle agit à la tête du client. Quitte à se répéter, il faudrait se rappeler que d'autres s'y sont essayés dans le passé et en ont payé le prix fort. Cette même justice, que tout le monde refuse de réformer, se transforme en arme redoutable quand elle change de main.
Le maintien de Mourad Zeghidi et de Borhen Bssais en prison est sans doute une injustice criante. La justice tunisienne sait faire preuve de bon sens dans certains dossiers, elle s'y refuse dans d'autres. Cette injustice restera gravée dans les mémoires et portera indéfiniment atteinte à l'intégrité de la justice tunisienne.


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