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Moncef Marzouki, le plus caricaturé des Tunisiens
Publié dans Business News le 29 - 02 - 2012

Dans l'histoire de la Tunisie, Moncef Marzouki - de tous les chefs d'Etat que le pays a connus - est celui qui a accédé à la magistrature suprême de la façon la plus démocratique. Une réelle revanche sur une Tunisie au passé dictatorial et totalitaire.
L'homme, brillant et cultivé, intransigeant tribun qui a combattu, bec et ongles, l'ancienne dictature au pouvoir, défenseur des droits de l'Homme, est, à première vue, une réelle providence pour la Tunisie post-révolutionnaire.
Celui que beaucoup acclament comme le nouveau sauveur de la nation, semble pourtant s'attirer les foudres des journalistes, politiciens, et internautes et essuie, sur la toile, à la télévision, à la radio et sur les supports papier, les critiques les plus virulentes. Mais pourquoi s'acharne-t-on autant sur le nouvel homme à la magistrature suprême ?
Alors que critiquer l'ancien président Ben Ali, était un exercice des plus hasardeux - voire même suicidaire - traiter le nouveau président de tous les noms semble désormais la nouvelle attraction du moment. Entre «Super Barnous», réincarnation de Kadhafi, «Singe du Yémen» et de nombreuses autres qualifications que la bienséance nous interdit d'évoquer, Moncef Marzouki semble délier les langues.
Mais est-ce ici une simple liberté d'expression exacerbée que les citoyens (et la presse), longtemps muselés, viennent de découvrir et ne maîtrisent pas encore? Ou encore l'effondrement de la barrière de la peur ? Certes, mais ceci ne justifie pas autant d'attentions accordées au nouveau président provisoire de la République. Il faut avouer que le personnage y est tout de même pour quelque chose. Un homme qui attire l'attention à tout prix.
Les nombreuses critiques dont Moncef Marzouki fait quotidiennement l'objet, ne manquent pas de susciter l'indignation et la colère de ses plus farouches défenseurs et alliés, outrés de la déferlante de caricatures qui entachent l'image de leur représentant. «La période d'essai du nouveau président étant tellement courte qu'aucun homme politique ne pourra être jugé «impartialement» et «justement» à la lumière de ses actions et «prouesses» !», diront ses fidèles.
Mais force est de reconnaître que des «prouesses», notre cher président n'a pas cessé d'en accomplir durant cette période de début de règne, certes courte, mais très remplie.
Moncef Marzouki s'est confectionné un nouveau costume sur-mesure à l'image du nouveau représentant du pays qu'il veut devenir. Rompant ainsi tout lien avec les anciennes présidences tunisiennes, se voulant être hautaines et régnant d'une main de fer sur le peuple.
Avec ses triples « assalamou alaykom », à chacun de ses discours, son burnous «berbère», qui a remplacé, le jour même de son élection, son costard-cravate, et ses discours populistes en arabe littéraire que, paradoxalement, très peu de gens comprennent, et qui ont suscité de nombreux quiproquos, Moncef Marzouki a tissé un nouvel habit à la présidence tunisienne.
Mais, depuis qu'il est sur le « trône », le président provisoire de la République semble s'atteler plus à donner au «nouveau représentant du pays» une nouvelle image qui convient mieux, selon lui, à la situation actuelle, que de se battre pour les libertés longtemps prônées.
Le jour de son accession au pouvoir, Moncef Marzouki a fait deux promesses solennelles au peuple tunisien : «veiller à la réalisation des objectifs de la Révolution» et «ne pas transiger» ! Une tâche qui s'est avérée beaucoup plus délicate sur le terrain.
Les objectifs de la révolution semblent être un concept des plus subjectifs et des plus controversés. Alors que le «petit peuple», auquel il n'arrête pas de lancer des œillades, revendique des solutions immédiates à ses problèmes urgents (chômage, logements précaires, infrastructure, cherté de la vie, etc.), Moncef Marzouki ne cesse de perpétuer les messages à teneur identitaire.
Marzouki semble considérer que l'urgence du moment est de s'atteler à une intégration avec la nouvelle Libye, désormais plus pieuse, de Mustapha Abdeljalil, et de trouver une solution au conflit syrien. Une accumulation de signaux identitaires sur fond de populisme qui n'a pas été du goût des pays étrangers.
Un nouveau président qui semble ignorer que la diplomatie ne fait pas partie de ses prérogatives. Ses interventions, souvent impulsives et précipitées, et dépassant généralement ses pouvoirs, attirent les foudres des pays étrangers et mettent la Tunisie dans une situation plutôt embarrassante.
Après la colère de la France, Moscou lui conseille même de «parler uniquement au nom de la Tunisie» et de ne pas faire de déclarations qui outrepassent ses prérogatives.
La rupture d'image entre un Marzouki, qui se présentait jadis comme un universaliste, et qui affublé aujourd'hui de son nouvel accoutrement ne semble pas différencier son ancien combat de militant des droits de l'Homme, avec son poste de chef de l'Etat, est plutôt inquiétante.
Moncef Marzouki orchestre son opération «séduction du petit peuple» à coups de populisme, de visites surprises, de soutien inconditionnel aux martyrs de la révolution, de déjeuners mondains avec des citoyens des régions défavorisées et des visites guidées du Palais de Carthage pour les enfants de ces mêmes régions. Un président qui aurait visiblement tout bon et des œillades qui semblent porter leurs fruits.
En effet, selon les derniers sondages en date (notamment celui commandé par Mosaïque Fm, Nessma Tv et publié par Le Maghreb le 8 février), Marzouki continue de bénéficier de la confiance de la majorité des Tunisiens. Mieux encore, si des élections présidentielles avaient eu lieu à cette période, l'actuel président de la République devrait rempiler au sommet de l'Etat !
Un président de la République en lice pour un prix Nobel de la paix. Première en Tunisie !
Mais depuis son arrivée au pouvoir, Moncef Marzouki n'arrêtera pas d'envoyer des signaux plutôt contradictoires. Premier discours, première gaffe. L'affaire des « sefirates » ne passe toujours pas.
Un président qu'on accuse d'être « devenu islamiste l'espace d'un discours » semble se fondre dans une démagogie des plus décomplexées. Les exemples sont nombreux.
Prolongation de l'état d'urgence, un état que lui-même dénonçait quand il était dans l'opposition, reconduction sans problème d'anciens caciques du RCD, laisser-faire des violences perpétrées à Sejnane et des blocages de cours dans l'université de La Manouba, notamment, limogeage de l'ambassadeur syrien et invitation de Bachar Al Assad à trouver refuge en Tunisie.
Dans un véritable flou idéologique, Moncef Marzouki, ancien militant de la gauche laïque, devient sympathisant des islamistes avec lesquels il partage le principe de l'identité arabo-musulmane.
Utilisant la volonté du peuple comme alibi, ce seraient, selon lui «les démocrates qui ont amené les islamistes sur leur terrain et non l'inverse».
Il faut avouer que la manière avec laquelle il a accédé au pouvoir, désigné et nommé par Ennahdha, a tout de même été pour quelque chose dans la campagne de dénigrement dont il «jouit» aujourd'hui. La convoitise dont il fait preuve pour accéder à la magistrature suprême a entaché le parcours sans failles du militant des Droits de l'Homme qui a montré une certaine avidité au pouvoir. Avidité que ses défenseurs étaient loin de soupçonner.
Mais Moncef Marzouki, celui qu'on a connu comme un intransigeant tribun aux valeurs indétrônables, a-t-il réellement la carrure d'un homme d'Etat dans cette phase critique que connait le pays ?
Le nouveau président aura eu le mérite de débarrasser le poste présidentiel de toute sa sacralité, en brisant le mythe du dictateur arabe et en redonnant une nouvelle image à une présidence qu'il méprise. Le président de la nouvelle Tunisie est ainsi un « Monsieur Tout Le Monde », proche du peuple… et donc de ses critiques et insultes.
Mais l'excès de caricature est-il préférable à l'excès de censure ? Jusqu'à quand pourrons-nous encore nous adonner au joyeux dada de descendre le chef de l'Etat…provisoire… Un terme qui insupporte tant notre président…


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