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Les Chocotomettes face à des mounadhilet
Publié dans Business News le 14 - 08 - 2013

« Les spécificités de la femme se concentrent sur ses fonctions sexuelles, chaque spécificité de la femme est reliée à sa fonction sexuelle ou est un résultat de cette fonction et la fonction sexuelle est une chose essentielle pour la femme alors qu'elle est symptomatique pour l'homme. Cette fonction est à l'origine du caractère féminin et toutes les autres caractéristiques sont changeantes, ce qui fait de la fonction sexuelle l'essence de la femme ».
Les quelques lignes ci-dessus sont tirées d'un livre intitulé « La femme entre le Coran et la réalité des musulmans » et rédigé par Rached Ghannouchi, cofondateur et président du parti Ennahdha.
C'est ce même parti qui a organisé hier, 13 août, une manifestation à l'occasion de la journée de la Femme à l'avenue Habib Bourguiba. Le parti au pouvoir a usé de tous ses moyens de mobilisation pour tenter de rassembler un nombre conséquent de personnes. Mais ce fût un fiasco ! Les estimations les plus optimistes évoquent 2000 personnes présentes à cette manifestation. Mais au delà de la guerre des chiffres, le fait d'être sur place confronte à des réalités qui démontrent que ce parti et ses sympathisants mobilisés, n'ont fait que jeter de la poudre aux yeux et qu'ils n'ont aucune conviction par rapport à ce qu'ils pensent fêter.
Des bus remplis de jeunes filles sont venus des quatre coins de la Tunisie pour déverser des colonnes de manifestantes. Ces jeunes filles ont été acheminées à Tunis vraisemblablement moyennant une somme d'argent, le cœur n'y était pas et leur ferveur a vite fait de s'éteindre, à la mesure de la somme perçue. Des jeunes filles venues célébrer la liberté de la femme qui a été promulguée par le Code du Statut Personnel, réalisation bourguibienne par excellence.
Bourguiba qui avait été traité de sioniste et de mécréant par un certain Moncef Ben Salem, membre d'Ennahdha et actuel ministre de l'Enseignement supérieur. Bourguiba, celui pour lequel Ghannouchi refuse de dire « paix à son âme ».
Bourguiba, celui qui a imposé à la Tunisie une laïcité importée de l'Occident et qui a entraîné un effacement de l'identité tunisienne, d'après la doctrine nahdhaouie.
Mais bon, pour les besoins de la contre-manif du jour, on mettra de côté les griefs idéologiques. Ces jeunes filles sont donc arrivées en bus et ont entamé leur marche en direction du rassemblement général, guidées en cela par…des hommes. Arrivées devant la scène dressée pour l'occasion, les jeunes sympathisantes ont scandé leurs slogans, des slogans crachés par un mégaphone dans la main d'un…homme. Alors que l'une des revendications essentielles des femmes tunisiennes est de s'affranchir de la tutelle d'une société patriarcale, les manifestantes d'Ennahdha ne semblent pas s'émouvoir du fait d'être aussi « maîtrisées ». Encore une fois, on fermera les yeux sur cette incohérence pour les besoins de la contre-manif du jour.
Le festival des discours enflammés a commencé. Pour l'occasion, toutes les intervenantes sont des femmes. La plus acclamée fût, évidemment, Meherzia Laâbidi, idole des jeunes filles présentes et mère de tous les Tunisiens d'après certains présents. Le but avoué des interventions des présentes est de glorifier les acquis de la femme et de montrer que les femmes islamistes sont conscientes et responsables et militeront pour la préservation et la promotion des droits de la Femme.
Pourtant, les discours ne peuvent s'empêcher de dévier pour parler des sit-inneurs du Bardo. Que ce soit pour dire que les femmes du Bardo sont nos sœurs ou pour dire que les sit-inneurs sont des putschistes, les oratrices d'Ennahdha ont importé le sit-in du Bardo sur l'avenue Habib Bourguiba. Le doute selon lequel Ennahdha organise cette manifestation juste pour « contrer » celle du Bardo s'en trouve dissipé pour laisser place à une certitude.
On notera, par ailleurs, la séparation des hommes et des femmes devant la scène, pratique qui semble pour le moins incohérente avec l'événement censé être fêté. La cause féminine et la défense des droits de la femme, cette fête de la femme organisée par Ennahdha semble être un énième prétexte pour mobiliser et occuper la rue dans une tentative ratée de démonstration de force.
Plus tard dans la même journée, celle de la fête de la Femme, plus de 150.000 personnes se sont rassemblées au Bardo pour célébrer et honorer la femme tunisienne. 520.000 carrément, selon la chaîne El Hiwar.
Envolée l'ambiance embrigadée de l'avenue Habib Bourguiba pour faire place à une ambiance festive et décontractée. Aucun drapeau de parti n'a été brandi au Bardo, seul l'étendard tunisien a été levé au cours de cette manifestation. Sans entrer, encore une fois, dans une guerre de chiffres, il est incontestable que l'assistance au Bardo était de très loin supérieure à celle de l'avenue Habib Bourguiba. Sans commune mesure. Plusieurs personnalités ont été vues à la manifestation et les femmes ont été mises à l'honneur à la tribune.
Le discours de la veuve de Mohamed Brahmi fût certainement l'un des moments forts de la soirée. Plusieurs manifestantes présentes ont pleuré en écoutant ce discours, surtout quand M'barka Brahmi a dit « Je ne mérite pas tout cet honneur que vous me faites ». Ces dizaines de milliers de personnes sont venues fêter la femme et le 57ème anniversaire de la promulgation du Code du Statut Personnel, gratuitement, sans être payées. La foule s'est ébranlée au son de l'hymne national tunisien, entonné en chœur plusieurs fois durant la manifestation.
Il faut également noter que cette mobilisation a en arrière plan la contestation du gouvernement en place et la volonté partagée de dissoudre l'Assemblée nationale constituante. Dans cette manifestation, aucune séparation entre hommes et femmes, tout le monde partage la même conviction quant à la préservation des acquis de la femme d'un côté, et à leur promotion en améliorant le CSP et en le développant, d'un autre côté. Il était également frappant de voir que toutes les générations étaient représentées lors de ce rassemblement.
Dans un contexte de bras de fer politique en Tunisie, la femme et la cause de la femme sont devenues des enjeux importants et des relais nécessaires à tel point que ça a poussé un parti islamiste à célébrer cette fête, alors qu'il ne l'avait jamais fait par le passé. On ne peut contester que la femme tunisienne ait toujours été en première ligne lors des mouvements sociaux décisifs pour le pays. La situation actuelle ne dérogera pas à la règle et la femme tunisienne restera l'élément central de toute évolution.


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