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Tunisie - La volte-face de Rached Ghannouchi
Publié dans Business News le 13 - 03 - 2014

L'apparition radiophonique de Rached Ghannouchi, sur Mosaïque Fm, offre une nouvelle vision du président d'Ennahdha. Les salafistes sont des imbéciles, la loi d'immunisation de la révolution ne passera pas et le parti n'a aucune tension avec Nidaa Tounes. Voilà ce que soutient le nouveau Rached Ghannouchi, essayant de faire passer un message conciliant et modéré, à l'image d'un homme qui « a appris de ses erreurs ». Faut-il se laisser leurrer ?
Le président d'Ennahdha a accordé une interview aujourd'hui à radio Mosaïque Fm. La « Grande interview », titre la station, dirigée par le journaliste Naoufel Ouertani dans le cadre de son émission Midi Show en compagnie de Néji Zaïri et de Boubaker Akacha. Une occasion pour le leader islamiste de revenir sur le règne des deux anciens gouvernements de la Troïka, ou plutôt d'Ennahdha, ainsi que la position du mouvement sur la situation actuelle dans le pays à différents niveaux : économique, politique, mais aussi idéologique.
D'emblée, le président d'Ennahdha donne le ton : « salafistes et terroristes ont été derrière la chute des deux gouvernement d'Ennahdha [...] Nous sommes les premiers à en avoir fait les frais ». Tout en expliquant que la relation entre les deux mouvances a changé lorsque les salafistes ont eu recours aux armes, il va même jusqu'à affirmer que nombre d'entre eux sont en prison, ou morts, actuellement. « Nous n'en sommes pas fiers », affirme-t-il.
Et pourtant, jamais les relations entre Ennahdha et la mouvance salafiste n'avaient été aussi compromises. Mettant salafistes et terroristes dans la même balance, Ghannouchi se désengage du mouvement. Sans doute, plus que jamais conscient des préjudices portés par les salafistes à son parti. « Ils ont porté préjudice à eux-mêmes mais aussi à tout le pays », a-t-il déclaré. Sans compter le mouvement Ennahdha, qui, au début de son règne les avait protégés en affirmant qu'ils étaient « ses enfants, porteurs d'un message ».
Mais le message qu'ils portent aujourd'hui ne semble plus convenir aux aspirations politiques du parti islamiste qui n'hésite pas à pointer du doigt « leur stupidité ainsi que leur compréhension erronée de l'Islam ». Le leader d'Ennahdha opère une volte-face, sans pour autant le confesser ouvertement. Il n'hésite cependant pas à déclarer : « C'est leur comportement qui nous a fait changer d'avis […] Ce sont eux qui ont fait entrer le pays dans une crise de laquelle il n'est sorti que grâce à un gouvernement apolitique ». Rached Ghannouchi essaye-t-il d'atténuer la mauvaise gestion de son gouvernement en prétextant que tous les maux viendraient des salafistes ?
Dans cette apparition radiophonique, Rached Ghannouchi s'est exprimé, comme à son habitude, à demi-mots et a privilégié les entourloupes à des réponses claires. Mais il en a cependant profité pour annoncer les prémices d'une nouvelle politique prônée par Ennahdha pour les élections à venir. En effet, son virage de bord n'a pas seulement concerné l'idéologie du mouvement et sa position face à la mouvance salafiste.
Sur le plan politique, Rached Ghannouchi a affiché une position assez mielleuse. Alors que son parti avait été, aux côtés du CPR, un des instigateurs du projet de loi d'immunisation de la révolution, Rached Ghannouchi affirme qu'Ennahdha voterait contre, aujourd'hui, s'il venait à être débattu à l'ANC. « Nous sommes contre toute sanction collective [...] Destouriens et RCDistes font désormais partie intégrante de la vie politique aujourd'hui et leur exclusion n'est pas à l'ordre du jour», explique-t-il. Le dialogue national aurait même réussi à apaiser les tensions entre Ennahdha et Nidaa Tounes et le parti de Ghannouchi refuse d'exclure quiconque pour une alliance politique dans le futur.
Force est de reconnaître qu'il ne s'agit pas de la première volte-face du parti islamiste et de son leader. Habitué des discours à double tranchant et des propos flous qui laissent entendre une chose et son contraire, Rached Ghannouchi dit, à celui qui veut l'entendre, que son parti n'est plus celui que la Tunisie a connu il y a quelques mois. Voilà qui est meilleur pour la politique.
Alors que son parti est en pleine campagne électorale, à l'instar de nombreux autres sur la scène politique, Ghannouchi martèle : « Ennahdha est le parti le plus fort et le plus uni », ou encore, « un tiers des électeurs votera pour Ennahdha ». Certains accusent la Troïka, et plus particulièrement Ennahdha, d'être derrière la situation économique chaotique du pays. Rached Ghannouchi tient, cependant, à faire porter le chapeau également au gouvernement de Béji Caïd Essebsi qui a enregistré à son passif, à l'époque où il était chef du gouvernement, une situation économique fragile.
Mais selon le leader islamiste, aujourd'hui, la Tunisie est sur les rails et l'expérience tunisienne est exceptionnelle et constitue un exemple pour de nombreux autres pays. « Exemple dont nous pouvons être fiers », dit-il tout en donnant des exemples de réalisations accomplies du temps de la Troïka (dialogue national, Constitution, etc.).
Lors de ses récents voyages à l'étranger, à Washington et en Turquie, Rached Ghannouchi a profité pour se faire symbole d'un islamiste compatible avec la démocratie. La solution, selon lui, consiste en la mise en place d'un gouvernement consensuel composé d'islamistes et de laïcs. Raison pour laquelle il n'exclut aucune alliance pour l'instant à l'issue des élections législatives.
« Je ne me présenterai pas à l'élection présidentielle », tranche-t-il également. Mais tout porte à croire que le leader d'Ennahdha prépare le terrain à sa succession en essayant de débarrasser le parti du spectre d'un islamisme radical qui pèse encore sur lui.
Si Rached Ghannouchi a opéré une véritable volte-face par rapport à ses précédentes positions, une chose reste pourtant inchangée. Le leader d'Ennahdha maintient le flou et continue de répondre à demi-mots et de donner des moitiés de réponses, tout en refusant de se prononcer sur d'autres questions. « Lorsque l'on vieillit, on devient plus modéré », a-t-il affirmé. Admettrait-il, toujours à demi-mots, qu'Ennahdha était un parti radical ? Si les salafistes lui rappelaient sa jeunesse, l'heure est à l'avenir aujourd'hui.


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