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Sofiène, Nadhir, Nourane : Black-out et suspense tragique
Publié dans Business News le 29 - 01 - 2016

Rarement des personnes portées disparues à travers le monde n'ont soulevé autant de suspense tragique et d'incertitudes que nos deux journalistes, Sofiène Chourabi et Nadhir Guetari, enlevés à deux reprises par des milices en Libye où ils se trouvaient pour effectuer un reportage et une enquête d'investigations relatives aux institutions pétrolières ! Une autre compatriote, Nourane Houas employée du Comité international de la Croix-Rouge est portée disparue au Yémen depuis décembre 2015. Leur sort demeure inconnu...

Après un premier kidnapping le 3 septembre 2014 dans la région de Briga, les deux journalistes avaient pu être libérés le 7 du même mois, selon un communiqué du ministère tunisien des Affaires étrangères, de l'époque, avant d'être enlevés de nouveau, le lendemain, soit le 8 septembre, dans la région libyenne d'Ajdabia.
Depuis, plus rien ou plutôt que de rebondissements, de suspense, dans le sens où les nouvelles allaient jusqu'à faire état de leur mort, exécutés. Et ce sont des responsables libyens qui l'affirmaient, mais sans jamais apporter la moindre preuve sur un tel sort tragique.

En effet, au départ, les déclarations se voulaient rassurantes et optimistes sur leur sort affirmant que des négociations, étaient en cours, pour leur libération et leur retour en Tunisie.
Mais une première alerte, faisant état de l'exécution des deux journalistes, le 8 janvier 2015, selon un site connu pour son appartenance à la branche libyenne du mouvement terroriste de Daêch, a été vite dissipée. On avait parlé, même, d'un vulgaire montage de photos.
Puis, voilà que vers la fin du mois d'avril 2015, d'autres informations fournies par des officiels libyens faisant état de la mort présumée des deux journalistes et donnant force détails sur les circonstances de leur exécution en compagnie d'autres ressortissants égyptiens et des lieux du drame. Mais encore une fois sans pouvoir préciser les endroits où les corps avaient été enterrés.
Une délégation de magistrats tunisiens a été dépêchée en Libye, mais ils n'ont rien pu obtenir. Et, ainsi, en l'absence des corps, les deux jeunes Tunisiens sont considérés comme vivants.

Une fois le tollé calmé, l'affaire est retombée dans les oubliettes jusqu'à la fin du mois d'août 2015, lorsque l'activiste et chargé de la question libyenne, Mustapha Abdelkebir avait réaffirmé, encore une fois, le 29 dudit mois, que « Sofiène Chourabi et Nadhir Guetari étaient toujours en vie et que le dossier est en bonne voie », sachant qu'en janvier 2015, Mustapha Abdelkebir avait déjà fait la même déclaration, affirmant que les choses avançaient, côté libyen.

Ces informations contradictoires et alarmantes, faisaient dire au père de Sofiène Chourabi, le 1er mai 2015 lors d'un rassemblement organisé à Tunis, que les parents des deux journalistes son épuisés : «De rumeur en rumeur, nous n'en pouvons plus. Dites-nous la vérité. Rendez nous nos enfants », criait-il.

En octobre 2015, les propos rassurant se confirmaient par la bouche du ministre tunisien des Affaires étrangères, de l'époque, Taïeb Baccouche qui déclarait à qui voulait bien l'entendre que des négociations étaient en cours.
Plus encore, le vendredi 16 octobre 2015, M. Baccouche, non seulement a réitéré les mêmes propos mais il a également ajouté que « des démarches étaient en cours pour ramener Sofiène et Nadhir mais sous silence, probablement pour garantir leur sécurité et que les signes étaient positifs ».
Etrangement, au même moment, sur Radio Jeunes, Fayçal Tebourski, PDG de la chaîne privée M Tunisia affirmait que « les deux journalistes étaient de retour en Tunisie et qu'ils se portaient bien à Djerba ».

Plus de 16 mois après la disparition des deux journalistes, où en est-on ? « Nous sommes au point mort, nous sommes exactement dans la même situation que celle du 8 septembre 2014 », a commencé par indiquer Sami Guetari, père de Nadhir, dans une déclaration accordée, aujourd'hui vendredi 29 janviers 2016 à Business News.
Et d'ajouter, excédé : « Le gouvernement tunisien n'a rien fait et n'a rien entrepris de sérieux pour retrouver nos enfants. Il nous laisse dans l'angoisse en suivant une politique de black-out total. Nous finirons, ma femme et moi-même, par aller en Libye où nous procéderons à la recherche de nos enfants par nos propres moyens, même s'ils sont limités, car nous n'arrivons plus à tenir le coup face à ce doute mortel… ».
Et de conclure avec émotion : « Pour nous, ils sont encore vivants. L'espoir est, certes mince, mais nous nous y accrochons ».

D'autre part, la mère de Nadhir Guetari, Sonia Rejeb a décidé d'observer un sit-in ouvert et illimité devant le siège de la présidence du gouvernement à la Kasbah, et ce à partir du 1er février 2016, en protestation contre l'inaction de l'Etat quant au dossier de son fils.

A noter à ce propos que, voulant avoir de plus amples détails, côté officiel tunisien, sur l'évolution de ce dossier, nous avons contacté, aujourd'hui même, le responsable de la communication au département des Affaires étrangères qui nous a demandé de le rappeler vers midi. Or, depuis l'heure qu'il nous a indiquée, il était aux abonnés absents.

Pour corser la situation, la Tunisie a connu, plus récemment, un autre cas de disparition, celui d'une employée tunisienne, Nourane Houas, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), enlevée, le 1er décembre 2015 dans la capitale yéménite Sanâa.
La porte-parole du CICR, déclarait, à l'époque, que l'organisation humanitaire internationale ne connaissait ni l'identité des ravisseurs ni les raisons de cet enlèvement survenu alors que le Yémen est ravagé par un conflit meurtrier depuis mars 2015.

Côté tunisien, et à part des communiqué laconiques et fort diplomatiques affirmant que « les autorités se penchent sur le dossier et font tout leur possible pour permettre la libération de la citoyenne tunisienne », c'est le néant, sans oublier le black-out au niveau de l'information et de la communication, au point que l'opinion publique a pratiquement oublié le cas tragique de cette jeune femme.

Ainsi, la gestion des dossiers épineux, notamment sur le plan de la communication se trouve pointée du doigt et mise au banc des accusés. Une gestion marquée, pour plusieurs observateurs, par l'absence de toute efficacité, ce qui suscite la colère de l'opinion publique avide d'information et de transparence. Entre temps, le sort de nos trois compatriotes reste inconnu et leurs parents espèrent toujours le retour au pays de leurs enfants…


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