Dégradations du VAR : la FTF promet des poursuites et un durcissement disciplinaire    Dernier rappel : Déposez votre déclaration avant le 16 février 2026 !    21 infractions économiques détectées en deux jours à La Manouba    Grèves majeures dans l'enseignement secondaire : 3 jours de mobilisation sur tout le territoire    Carrefour Tunisie prépare Ramadan 2026 avec 1 500 couffins solidaires    6 gouvernorats sous alerte orange en raison de vents forts atteignant 100 km/h    Alerte météo : vents jusqu'à 100 km/h et pluies orageuses ce dimanche    Le romarin en Tunisie: Une ressource stratégique et une filière d'avenir    Mercato : Nader Ghandri signe en Libye avec Asswehly SC    La Chine ouvre grand ses marchés aux exportations africaines dès mai 2026    Quand commence vraiment le Ramadan 1447/2026 ?    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    En vidéo : Ooredoo Night Run by Xiaomi célèbre sa 5e édition et ouvre les inscriptions    Ooredoo Night Run by Xiaomi célèbre sa 5e édition et lance les inscriptions (Album photos)    Faut-il priver nos jeunes des réseaux sociaux?    Le drame occulté des Tunisiens morts "pour la France" durant la Première Guerre mondiale    Ramadan 2026 : horaires des pharmacies en Tunisie    Samsung Zero Trust : Leader dans le domaine de la sécurité mobile pour les entreprises    Hyundai Tunisie organise la troisième édition de l'initiative solidaire 'Couffin du Ramadan'    Météo en Tunisie : temps partiellement nuageux sur l'ensemble du pays    La pratique enseignante pour l'éducation scientifique et le paradoxe de «l'innovation sans changement»    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Epson Atmix annonce une nouvelle unité de production de poudres d'alliages amorphes    Casa Tarab, les Nuits musicales du Ramadan 2026, reviennent dans une 5ème édition au Théâtre Cléopâtre à Gammarth    Offre Saint-Valentin: 40 % de réduction sur vos vols nouvelair    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    Météo Tunisie : vents violents jusqu'à 100 km/h et pluies orageuses    Du donnant-donnant en milieu académique: entre coopération éthique et dérive clientéliste    Fierté tunisienne : Ridha Mami ouvre un département arabe et islamique au Mexique    Le diplomate tunisien Mohamed Ben Youssef nommé à la tête de l'Institut culturel Afro-arabe    Raoua Tlili et Yassine Gharbi remportent 2 médailles d'argent aux Championnats internationaux de Fazza de para-athlétisme 2026    La danse contemporaine à l'honneur au Festival des Premières Chorégraphiques à Tunis et Sfax (Programme))    Elyes Ghariani - La doctrine Donroe: le retour brutal de l'hégémonie américaine    Changement à la tête de l'ITES : Kaïs Saïed démet le directeur général    La Galerie Saladin propose l'exposition Les 12 Art'pôtres de Carthage    Les taekwondoistes tunisiens dominent le classement de la Coupe arabe juniors avec 8 médailles    Décès du Dr Badri Mimouna après une répétition théâtrale    Magna Mater: La Grande Déesse de retour à Zama (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Israël intensifie sa politique d'annexion et de colonisation en Cisjordanie    Un pays arabe bloque Roblox pour protéger les enfants    Salon national des arts plastiques: des talents à promouvoir (Album photos)    Etude de cas - Venezuela: Anatomie d'une opération spéciale, l«Absolute resolve»    Nizar Chakroun fait rayonner la littérature tunisienne avec le Prix Naguib Mahfouz    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Sofiène, Nadhir, Nourane : Black-out et suspense tragique
Publié dans Business News le 29 - 01 - 2016

Rarement des personnes portées disparues à travers le monde n'ont soulevé autant de suspense tragique et d'incertitudes que nos deux journalistes, Sofiène Chourabi et Nadhir Guetari, enlevés à deux reprises par des milices en Libye où ils se trouvaient pour effectuer un reportage et une enquête d'investigations relatives aux institutions pétrolières ! Une autre compatriote, Nourane Houas employée du Comité international de la Croix-Rouge est portée disparue au Yémen depuis décembre 2015. Leur sort demeure inconnu...

Après un premier kidnapping le 3 septembre 2014 dans la région de Briga, les deux journalistes avaient pu être libérés le 7 du même mois, selon un communiqué du ministère tunisien des Affaires étrangères, de l'époque, avant d'être enlevés de nouveau, le lendemain, soit le 8 septembre, dans la région libyenne d'Ajdabia.
Depuis, plus rien ou plutôt que de rebondissements, de suspense, dans le sens où les nouvelles allaient jusqu'à faire état de leur mort, exécutés. Et ce sont des responsables libyens qui l'affirmaient, mais sans jamais apporter la moindre preuve sur un tel sort tragique.

En effet, au départ, les déclarations se voulaient rassurantes et optimistes sur leur sort affirmant que des négociations, étaient en cours, pour leur libération et leur retour en Tunisie.
Mais une première alerte, faisant état de l'exécution des deux journalistes, le 8 janvier 2015, selon un site connu pour son appartenance à la branche libyenne du mouvement terroriste de Daêch, a été vite dissipée. On avait parlé, même, d'un vulgaire montage de photos.
Puis, voilà que vers la fin du mois d'avril 2015, d'autres informations fournies par des officiels libyens faisant état de la mort présumée des deux journalistes et donnant force détails sur les circonstances de leur exécution en compagnie d'autres ressortissants égyptiens et des lieux du drame. Mais encore une fois sans pouvoir préciser les endroits où les corps avaient été enterrés.
Une délégation de magistrats tunisiens a été dépêchée en Libye, mais ils n'ont rien pu obtenir. Et, ainsi, en l'absence des corps, les deux jeunes Tunisiens sont considérés comme vivants.

Une fois le tollé calmé, l'affaire est retombée dans les oubliettes jusqu'à la fin du mois d'août 2015, lorsque l'activiste et chargé de la question libyenne, Mustapha Abdelkebir avait réaffirmé, encore une fois, le 29 dudit mois, que « Sofiène Chourabi et Nadhir Guetari étaient toujours en vie et que le dossier est en bonne voie », sachant qu'en janvier 2015, Mustapha Abdelkebir avait déjà fait la même déclaration, affirmant que les choses avançaient, côté libyen.

Ces informations contradictoires et alarmantes, faisaient dire au père de Sofiène Chourabi, le 1er mai 2015 lors d'un rassemblement organisé à Tunis, que les parents des deux journalistes son épuisés : «De rumeur en rumeur, nous n'en pouvons plus. Dites-nous la vérité. Rendez nous nos enfants », criait-il.

En octobre 2015, les propos rassurant se confirmaient par la bouche du ministre tunisien des Affaires étrangères, de l'époque, Taïeb Baccouche qui déclarait à qui voulait bien l'entendre que des négociations étaient en cours.
Plus encore, le vendredi 16 octobre 2015, M. Baccouche, non seulement a réitéré les mêmes propos mais il a également ajouté que « des démarches étaient en cours pour ramener Sofiène et Nadhir mais sous silence, probablement pour garantir leur sécurité et que les signes étaient positifs ».
Etrangement, au même moment, sur Radio Jeunes, Fayçal Tebourski, PDG de la chaîne privée M Tunisia affirmait que « les deux journalistes étaient de retour en Tunisie et qu'ils se portaient bien à Djerba ».

Plus de 16 mois après la disparition des deux journalistes, où en est-on ? « Nous sommes au point mort, nous sommes exactement dans la même situation que celle du 8 septembre 2014 », a commencé par indiquer Sami Guetari, père de Nadhir, dans une déclaration accordée, aujourd'hui vendredi 29 janviers 2016 à Business News.
Et d'ajouter, excédé : « Le gouvernement tunisien n'a rien fait et n'a rien entrepris de sérieux pour retrouver nos enfants. Il nous laisse dans l'angoisse en suivant une politique de black-out total. Nous finirons, ma femme et moi-même, par aller en Libye où nous procéderons à la recherche de nos enfants par nos propres moyens, même s'ils sont limités, car nous n'arrivons plus à tenir le coup face à ce doute mortel… ».
Et de conclure avec émotion : « Pour nous, ils sont encore vivants. L'espoir est, certes mince, mais nous nous y accrochons ».

D'autre part, la mère de Nadhir Guetari, Sonia Rejeb a décidé d'observer un sit-in ouvert et illimité devant le siège de la présidence du gouvernement à la Kasbah, et ce à partir du 1er février 2016, en protestation contre l'inaction de l'Etat quant au dossier de son fils.

A noter à ce propos que, voulant avoir de plus amples détails, côté officiel tunisien, sur l'évolution de ce dossier, nous avons contacté, aujourd'hui même, le responsable de la communication au département des Affaires étrangères qui nous a demandé de le rappeler vers midi. Or, depuis l'heure qu'il nous a indiquée, il était aux abonnés absents.

Pour corser la situation, la Tunisie a connu, plus récemment, un autre cas de disparition, celui d'une employée tunisienne, Nourane Houas, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), enlevée, le 1er décembre 2015 dans la capitale yéménite Sanâa.
La porte-parole du CICR, déclarait, à l'époque, que l'organisation humanitaire internationale ne connaissait ni l'identité des ravisseurs ni les raisons de cet enlèvement survenu alors que le Yémen est ravagé par un conflit meurtrier depuis mars 2015.

Côté tunisien, et à part des communiqué laconiques et fort diplomatiques affirmant que « les autorités se penchent sur le dossier et font tout leur possible pour permettre la libération de la citoyenne tunisienne », c'est le néant, sans oublier le black-out au niveau de l'information et de la communication, au point que l'opinion publique a pratiquement oublié le cas tragique de cette jeune femme.

Ainsi, la gestion des dossiers épineux, notamment sur le plan de la communication se trouve pointée du doigt et mise au banc des accusés. Une gestion marquée, pour plusieurs observateurs, par l'absence de toute efficacité, ce qui suscite la colère de l'opinion publique avide d'information et de transparence. Entre temps, le sort de nos trois compatriotes reste inconnu et leurs parents espèrent toujours le retour au pays de leurs enfants…


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.