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Success Story Badreddine Ouali : Vermeg, c'est beaucoup de travail et de bonheur !
Publié dans Business News le 25 - 06 - 2017

A 54 ans et avec 20 ans d'entreprenariat et de philanthropie à son actif, Badreddine Ouali, président du Groupe Vermeg, est considéré comme un génie de la Finance par l'ensemble de ses partenaires et collaborateurs. Son entreprise tunisienne, qui s'est transformée en multinationale, est aujourd'hui considérée comme l'un des fleurons de l'économie nationale. Altruiste et authentique, cet ingénieur visionnaire qui est aussi président du Réseau Entreprendre Tunisie et promoteur du projet Smart Tunisia, nous a reçus au siège de Vermeg pour un entretien décontracté.

C'est en t-shirt, jean et baskets que Badreddine Ouali est revenu sur son parcours d'entrepreneur dans ses bureaux. On se croirait dans une galerie d'art. Il a évoqué « l'aventure humaine » Vermeg et le caritatif qui rythme sa vie.

Parcours d'une success story internationale
D'abord écolier chez les Sœurs de Tunis, puis lycéen au lycée Khaznadar où il décrochera son baccalauréat en Mathématiques, Badreddine Ouali passera en Tunisie 18 ans de sa vie. Le bac en poche, il décide de s'inscrire dans une école préparatoire Maths Sup/ Spé à Fontainebleau, en France. Il obtient par la suite une bourse et réussit les concours pour intégrer l'Ecole des Mines de Saint- Etienne. A sa sortie, il est initialement employé au sein de l'entreprise MacDonnell Douglas de construction aéronautique et d'informatique, puis au sein de la société de service en ingénierie informatique, Diagram.
Badreddine Ouali n'a alors que 27 ans et accède déjà au poste de directeur général de Diagram, devenant ainsi l'un des plus jeunes dirigeants de l'entreprise. Puis, rachetée par France Télécom, Diagram décide d'opérer un revirement dans ses orientations et licencie, en 1993, Badreddine Ouali.

Un licenciement « bienfaiteur »
Badreddine Ouali avait l'ambition d'orienter davantage l'entreprise vers les nouvelles technologies Microsoft dans les pays émergents mais, pour Diagram, ce dossier ne semblait pas porteur. Licencié de son travail, il ne se démonte pas et décide de rééditer son projet. Sociable et jouissant des relations de confiance réciproque avec ses clients, il décide de les recontacter pour leur exposer son projet. Ceux-ci répondent par l'affirmative et se lancent avec lui dans l'aventure. C'est ainsi que Badreddine Ouali décide de créer la startup Banque Finance Investissement (BFI) qui a servi de terrain initial pour Vermeg. « Mon premier client a été la banque UBCI qui m'a apporté tout son soutien pour que mon projet réussisse. A suivi l'Amen Banque puis un effet boule de neige s'est enclenché » a-t-il déclaré.

De BFI au succès Vermeg
En 1994, Badreddine Ouali fonde Vermeg, une société éditrice de logiciels pour le monde des assurances et des banques, basée à Tunis et initialement créée sous le nom de BFI. Aujourd'hui leader mondial du logiciel financier, Vermeg a fait le nid de son succès en faisant le pari des compétences tunisiennes. Avec un chiffre d'affaires annuel de 150 millions de dinars, cette entreprise tunisienne est considérée comme un des fleurons de l'économie nationale et s'est internationalisée. Le réseau Vermeg englobe aujourd'hui 700 collaborateurs présents dans 4 pays : 450 en Tunisie, 250 en France, en Belgique et au Luxembourg. Les clients de la société sont des piliers de l'économie mondiale tels que la Banque de France, la Banque centrale anglaise, le Crédit agricole, la Société générale ou encore BNP Paribas. En 2010, Vermeg s'était ouverte au monde des assurances en acquérant 24% du capital de BSB, leader belge de l'édition de logiciel. Puis en 2012, c'est la totalité des actions de BSB que Vermeg rachète sachant qu'aujourd'hui Vermeg est en phase d'ouverture de deux nouvelles filiales en Espagne et au Brésil.
Interrogé sur la fulgurance du succès Vermeg, Badreddine Ouali a précisé « le fait de ne pas posséder les codes professionnels locaux et de n'entrer dans un aucun moule m'a permis d'entretenir des relations saines ». En effet, Badreddine Ouali a décidé de vivre selon un code vestimentaire et de comportement en rupture avec la codification traditionnelle des relations sociales. Cette spontanéité lui vaut d'être constamment sollicité en vue de recrutements au sein de sa société. « Nous ne recrutons pas via des pistons. Il y a un concours à passer puis les candidats sont classés selon leurs compétences. Par ailleurs, nos salariés sont heureux car l'entreprise est bâtie sur la notion de méritocratie et l'équipe initiale de Vermeg est toujours là car nous croyons en la pérennité des liens sociaux » a-t-il déclaré.
La culture d'entreprise de Vermeg
Le sentiment d'appartenance des Vermegiens à l'égard de leur entreprise est remarquable ! La culture d'entreprise qui y est établie favorise les commentaires positifs ce qui a renforcé la marque. La culture, la fidélité, l'authenticité, l'émulation au travail et la philanthropie sont d'ailleurs les principes véhiculés au sein de l'entreprise. Empowered By Vermeg s'inscrit dans cette démarche de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et implique tous les salariés en matière environnementale, sociale ou créative. C'est dans ce sens que Vermeg a joué un rôle majeur en faveur du Réseau Entreprendre en Tunisie et de l'association TACT(Association tunisienne pour la communication et la technologie) et c'est aussi dans ce contexte que les salariés de Vermeg ont financé une maison pour héberger des orphelins à Diar El Amel à cité Ennasr 1. L'entreprise supporte également la Ferme thérapeutique Gaia pour les handicapés et parraine, en tant que partenaire du mécénat vert, des campagnes de nettoyage des rues comme au Kram le 3 juin dernier. Vermeg a, par ailleurs, été l'instigateur du Printemps des arts plastiques de la Marsa au palais El Abdellia qui avait été saccagé par des salafistes.
« Ce qui fait le succès de Vermeg, c'est la fidélité » et « la fierté » a affirmé le président de Vermeg. Patriotique et fier des avancées démocratiques de la Tunisie, il est revenu sur la manifestation culturelle Vermeg Art Fair organisée le 19 mai dernier au musée de Carthage en présence de l'ensemble des salariés tunisiens et européens de Vermeg.

Badreddine Ouali et la philanthropie humaniste
En 2015, Badreddine Ouali décide de construire trois écoles pour réfugiés syriens dans le sud de la Turquie. Les cours dispensés aux 1150 enfants se font en anglais, en arabe et en turc sous la supervision tunisienne de l'université Esprit, chargée d'élaborer le contenu pédagogique des écoles.
Pour tendre la main à la jeunesse tunisienne des régions et les former, Badreddine Ouali a également créé une fondation. Il s'agit de la Fondation Tunisie pour le développement qui œuvre à réduire la fracture régionale en Tunisie. Cette fondation a financé le projet Smart Tunisia à hauteur 5 millions de dinars et œuvre également au droit à la santé pour tous. C'est ainsi qu'un centre pour personnes atteintes de sclérose en plaque verra prochainement le jour à l'hôpital Razi. Badreddine Ouali a également évoqué le Programme Elife destiné à la construction de 10 incubateurs de technologie et d'entreprenariat à Seliana, le Kef, Jendouba, Sidi Bouzid, Kairouan, Kasserine, Médenine, Tozeur et Gabès. Ces laboratoires seront équipés sur le modèle de l'espace de coworking place : Le Cogite aux Berges du Lac.
« Changer la donne et donner de l'espoir aux jeunes dans les régions intérieures est un défi » a déclaré le président de Vermeg ajoutant que « croire en soi et être heureux » sont ses leitmotivs. Père de deux enfants de 15 et 16 ans, Badreddine Ouali est un as des jeux d'échecs et un amoureux des livres qui est heureux de vivre en Tunisie : « Je suis heureux en Tunisie, l'Etat se construit et les institutions se mettent en place. Il faut prendre du recul pour s'apercevoir que globalement la machine fonctionne et nous devons y contribuer ».


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