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Provoquer pour communiquer?
Publié dans Business News le 23 - 11 - 2017

Reprendre les arguments abjects justifiant la violence contre les femmes pour "choquer" à travers une campagne de communication, est-ce bon?

En communication, la provocation est en effet une technique utile et reconnue. La provocation est utilisée pour susciter l'intérêt, pour retenir l'attention. Parfois, elle est utilisée pour contrecarrer les critiques, les messages négatifs.

La provocation est une méthode à utiliser avec beaucoup de finesse et d'intelligence.

La communication sur une cause sociale ne peut être abordée de la même manière que la communication sur un produit commercial. Le tact est de mise parce que cela touche à des valeurs humaines, à des sentiments, à un modèle de société.

Alors, qu'en est-il de cette campagne qui semble soutenir les pires excuses et justifications à la violence faite aux femmes? J'estime que cette campagne est un ratage en termes de communication et de sensibilisation.

L'objectif d'une campagne de sensibilisation est d'abord d'asseoir un message, un message qui accroche, un message à retenir et à diffuser.

Pour être efficace, une campagne de sensibilisation doit poser un parallèle entre une situation à dénoncer et la situation qu'elle devrait promouvoir. Elle doit susciter l'adhésion de l'audience cible. L'adhésion vient à travers un contenu positif. L'audience doit pouvoir s'identifier à la campagne et se reconnaître dans l'image positive dont la campagne fait la promotion.

Cette campagne va-t-elle dans ce sens? Non.

D'abord, elle suscite un malaise. Il est normal d'être mal à l'aise face à la violence. C'est une réaction normale et cela devrait être le point de départ de la campagne de sensibilisation.

Ensuite, elle reproduit les pires préjugés justifiant l'injustifiable. Sans avoir la délicatesse de s'en démarquer, de placer le récepteur, la cible, en position de s'en démarquer. Qu'on le veuille ou pas, on s'arrête au message négatif.

Enfin, elle n'a pas de "message", de slogan. Un affichage urbain est une rencontre. En l'occurrence, on ressort de cette rencontre "les mains vides". On devrait pouvoir en retenir une idée, une valeur de cette campagne.

Quelles leçons en tirer?

"Une bonne campagne de communication est une campagne qui fait parler". Pas toujours. Il ne s'agit pas de yaourts ou de lessive ici. Une campagne de sensibilisation sur la violence doit ouvrir un débat, dénoncer la situation actuelle, appeler à des sanctions, lancer une prise de conscience collective.

"Cette campagne a fait le buzz". Oui, peut-être. Mais qu'apporte-t-elle à la lutte contre les violences faites aux femmes? Les initiateurs de cette campagne auraient dû avoir assez d'humilité pour s'intéresser au véritable objectif, et non chercher simplement à faire parler d'eux.

"C'est bien d'utiliser les propos sexistes et violents pour la campagne afin de les dénoncer". Non. Cela aurait été le cas si on avait offert une sortie à cette campagne. En fait, c'est comme une histoire qui n'a pas de chute. On se contente d'offrir une plateforme pour reproduire ces propos au lieu de promouvoir un discours ou un esprit de soutien aux femmes victimes de violence. D'une manière ou d'une autre, c'est une façon de réaffirmer ce discours qui justifie la violence.

"La provocation fait partie de la communication". D'une certaine façon. Mais la communication ne peut pas s'arrêter à la provocation. La polémique n'est pas une fin en soi. Cette campagne visait-elle à dénoncer la violence? Parce qu'elle ne le fait pas de manière directe. Si nous devons nous demander à quoi sert cette provocation c'est qu'elle ne sert pas son but.

Finalement, que fait cette campagne? Elle nous rappelle que des femmes souffrent de violences physiques et morales tous les jours en Tunisie et que certains préjugés sociaux justifient ces violences.

On n'en retient que le constat des violences. Il n'y a pas d'alternative. Nous ne sommes pas face à un choix: d'un côté les violences faites aux femmes et de l'autre la lutte contre ces violences. Nous nous contentons de confirmer le fait de ces violences.

Trop peu. Pas assez. Erreur sur l'objectif et la méthode.


*Directrice exécutive de l'institut des politiques générales du MPT


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