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2018 : Et la boucle est bouclée !
Publié dans Business News le 30 - 12 - 2018

De janvier à décembre, l'année 2018 a été riche en rebondissements. Affrontements, crise politique, tensions sociales, remaniement ministériel, importantes lois votées, une instance de justice transitionnelle qui suscite la polémique, des attentats terroristes et un blocage syndicalistes ont, notamment, fait l'année 2018. Retour sur les événements marquants de l'année qui vient de s'écouler.

Des affrontements nocturnes et des grabuges touchent plusieurs villes
Pendant la première semaine de janvier, des affrontements ont secoué plusieurs régions du pays. Des protestations contre la cherté de la vie et la hausse des prix, qui ont débuté le 8 janvier, se sont transformées en actes de vandalisme et de banditisme nocturnes. Des heurts qui ont touché plusieurs villes et quartiers à travers tout le territoire tunisien : Tunis, Sousse, Kasserine, Siliana, Béja, Tebourba, Feriana, Sbeitla, Kairouan et Gafsa, ont été le théâtre d'échanges de violences entre manifestants et forces de l'ordre. L'armée nationale a dû intervenir pour rétablir le calme. 200 personnes ont, en tout été arrêtées, 49 agents de police blessés et 45 véhicules de police partiellement détruits, sans compter les autres dommages enregistrés au niveau des établissements publics et privés.
Les tensions ont été ravivées par le décès du manifestant Khomsi Ben Sadek Eliferni, dans la soirée du lundi 8 janvier 2018 à Tebourba à la Manouba. Si le ministère de l'Intérieur dément la thèse selon laquelle il aurait été écrasé par un véhicule sécuritaire, des témoins oculaires affirment le contraire. Une source sécuritaire, à l'hôpital de la Rabta, affirme que Khomsi Ben Sadek Eliferni est arrivé à l'hôpital en état d'asphyxie mais que son corps comportait, toutefois, des blessures.

Nouveau blacklistage de la Tunisie et BCT Gate
Le 7 février 2018, la Tunisie a été de nouveau blacklistée. En effet, après la classification de la Tunisie en tant que paradis fiscal, le 5 décembre 2017, avec la publication d'un classement européen de 17 noms d'Etats ou juridictions considérés comme étant des paradis fiscaux, la Tunisie a été ajoutée, février 2018, sur la liste noire de l'Union européenne des pays exposés au blanchiment de capitaux par le Gafi. Le même jour, le gouverneur de la Banque centrale, Chedly Ayari, fut limogé et remplacé par Marouen Abassi.
En effet, quelques jours après cette classification, une nouvelle affaire de blanchiment éclate. Elle touche cette fois-ci la Banque centrale de Tunisie (BCT) dont cinq cadres se retrouvent suspectés de suspicions de blanchiment d'argent.
Le 23 janvier, la Tunisie finira par être retirée de la liste de l'Ecofin et de ne plus être classifiée en tant que paradis fiscal mais elle figure encore aujourd'hui sur la liste du Gafi. Ce malgré le fait que les autorités tunisiennes aient manifesté leur confiance quant au retrait de la Tunisie « avant la fin de l'année ».

Violences policières et matchs de foot sous haute tension
Le 31 mars, une journée noire pour le monde sportif tunisien. Après le match du championnat national de football, Omar Laâbidi, jeune supporteur du Club Africain, âgé de 19 ans, trouve la mort. Il s'est noyé au niveau de Oued Meliane, qui se trouve à plus de deux kilomètres du Stade Olympique de Radès. Alors que la famille et une partie de l'opinion publique affirment que le jeune homme a été poussé à se jeter dans l'oued par des agents des forces de l'ordre, la police dément de son côté cette thèse évoquant une simple noyade. Une affaire qui a donné naissance au slogan « Taâlem Oum » (apprends à nager) et qui a été à l'origine d'événements de violence dans les stades tunisiens.

Le Startup Act adopté au Parlement
La loi sur les startups (communément appelé Startup Act), a été votée le 2 avril 2018 à l'Assemblée des représentants du peuple. Une loi, jugée « révolutionnaire », et qui vise à faire sauter les verrous qui bloquaient la jeunesse tunisienne par rapport à l'entreprenariat et qui a été initiée début 2016 par l'ancien ministre des TIC, Noomane Fehri.

Décès des deux militants Maya Jribi et Salah Zghidi
Le 2 avril 2018, le farouche défenseur de la laïcité et des droits de l'Homme, Salah Zeghidi est décédé à l'âge de 77 ans, laissant derrière lui un parcours digne des plus grands militants. Le militant syndicaliste et activiste de gauche a été suivi, le 19 mai, par la grande militante Maya Jribi. L'ancienne secrétaire générale du parti Al Joumhouri, Maya Jeribi, partie à 58 ans, après un long combat contre la maladie. Deux décès qui ont endeuillé la Tunisie et laissé les Tunisiens en émoi.

Les élections municipales et le sacre des indépendants
Le 6 mai 2018, les Tunisiens ont élu leurs conseillers municipaux. Il s'agit des premières élections municipales de la Tunisie post-révolutionnaire. Ce scrutin n'a, cependant, suscité que peu d'intérêt de la part des citoyens tunisiens et le taux de participation enregistré a été de 35,6%, à la fin de la journée de vote.
Les indépendants ont été les grands vainqueurs de ces élections puisqu'ils sont arrivés en tête avec 2373 sièges. Ils sont suivis par Ennahdha (2139 sièges) et Nidaa Tounes (1600 sièges).

73 morts dans le naufrage d'une embarcation au large de Kerkennah
Le 3 juin, une embarcation clandestine a fait naufrage au large de l'île de Kerkennah (Sfax). Près de 100 clandestins étaient à bord de cette embarcation, 73 d'entre eux sont morts. Un drame qui en rappelle plusieurs autres survenus ces dernières années dans le pays où, des dizaines de clandestins ont tenté de quitter la Tunisie et sont morts en mer, fuyant le chômage, la crise économique et la cherté de la vie. Le ministre de l'Intérieur, Lotfi Brahem est limogé dans la foulée. Un limogeage très mal accueilli par une partie de la scène politique, dont Nidaa Tounes, qui s'oppose au chef du gouvernement.

Crise politique et suspension de l'accord de Carthage

Le 28 mai, l'accord de Carthage est suspendu et donne naissance à un deuxième accord, « le Carthage Bis », en septembre de la même année. Sur les 64 points qu'il comporte, le dernier suscite des tiraillements entre les signataires, il concerne le départ de Youssef Chahed de la Kasbah. Ce dernier point est d'ailleurs, le point central de ce nouvel accord. Youssef Chahed est d'ailleurs abandonné par son ancien mentor, Béji Caïd Essebsi et par son parti, Nidaa Tounes. De son côté, Ennahdha soutient Youssef Chahed et son gouvernement d'union nationale.

La Tunisie, victimes d'inondations
Les 22 et 23 septembre, de très fortes pluies ont provoqué des inondations plusieurs villes du Cap Bon. Les inondations ont engendré des dégâts matériels importants notamment à Korbous et à Beni Khiar. Six personnes sont mortes et plusieurs dizaines d'habitations ont été endommagées. Des inondations ont, par ailleurs, été enregistrées les 17 et 18 octobre dans plusieurs régions (Nabeul, Zaghouan, Kasserine, Le Kef, le Grand Tunis, Bizerte, Siliana, Sousse, Béja, Sidi Bouzid, Jendouba, Monastir, Gafsa, Kairouan et Mahdia). Des routes ont été coupées et des d'importants dégâts matériels constatés. 4 décès ont été enregistrés dans les villes de Sidi Bouzid, Kasserine, Zaghouan et du Kef.

La pénurie de médicaments suscite l'inquiétude générale
Plusieurs médecins et pharmaciens dénoncent une importante pénurie de médicaments. Le ministère de la Santé préfère éviter de parler de « pénurie », affirmant qu'il s'agit, d'un simple « manque » de certains médicaments sur le marché. Imed Hammami, ministre de la Santé de l'époque, se veut rassurant alors qu'on l'accuse d'être « dépassé par les événements ». L'association des pharmaciens et l'Organisation tunisienne des jeunes médecins publient des listes de médicaments manquants et plusieurs services hospitaliers dénoncent d'importants manques de matériel médical.

Les soupçons d'une organisation terroriste pèsent sur le mouvement Ennahdha
Le 2 octobre, le comité de défense de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi tient une conférence de presse dans laquelle il fait des révélations fracassantes à propos de l'implication du mouvement Ennahdha dans les deux assassinats politiques et dans la constitution d'une organisation terroriste. De lourdes accusations, dont le comité affirme détenir des documents mais que le parti islamiste s'empresse de démentir. Ces accusations mettront le parti de Rached Ghannouchi dans une position peu enviable et causent une rupture avec le président de la République Béji Caïd Essebsi. Le 29 novembre, BCE s'exprime lors d'une réunion du Conseil de sécurité nationale et affirme : « je ne crains personne, encore moins Ennahdha ». Le 26 novembre, le comité de défense est reçu par la présidence à Carthage.

La Tunisie adopte la loi antiraciste au parlement
Le 9 octobre, La loi antiraciste a été adoptée dans son intégralité à l'Assemblée des représentants du peuple. Une grande avancée pour la cause antiraciste en Tunisie et la consécration du travail de plusieurs associations militantes. Le 23 décembre, le président de l'association des Ivoiriens de Tunisie, Falikou Koulibaly, décède suite à un braquage à Tunis. Les motivations racistes de cet assassinat ne sont pas à écarter. La communauté subsaharienne s'indigne en Tunisie et le débat sur la question du racisme en Tunisie et de l'application d'une loi fraichement votée est relancé.

L'UPL et Nidaa Tounes ne font plus qu'un
Le 14 octobre, l'Union patriotique libre (UPL) annonce sa fusion avec Nidaa Tounes. Le parti affirme qu'il ne soutient pas le gouvernement actuel appelant à un remaniement ministériel global. Slim Riahi a été désigné secrétaire général de Nidaa Tounes et devient de fait le numéro 1 du parti, fondé par Béji Caïd Essebsi en 2012. Hafedh Caïd Essebsi a été désigné président du comité politique alors que Ridha Belhadj a été désigné coordinateur général.

Attentat terroriste à l'avenue Habib Bourguiba
Le 29 octobre 2018, un attentat terroriste a été commis par la kamikaze Mouna Guebla en plein centre-ville de Tunis. Une jeune femme s'est dirigée vers la patrouille sécuritaire présente devant le théâtre municipal avant de se faire exploser sur place. La kamikaze est morte sur le coup. La bombe utilisée serait de fabrication artisanale et ne contiendrait pas une grande quantité d'explosifs. Bilan de l'attentat : 20 individus ont, en effet, été blessés dont 15 sécuritaires. Aucune blessure grave n'a été enregistrée, selon le bilan du ministère de l'Intérieur.

Un remaniement ministériel opéré dans la souffrance
Le 5 novembre, Youssef Chahed décide un remaniement de son équipe ministérielle. Certains ministres ont été maintenus, d'autres changent de postes alors que de nouveaux noms font leur apparition à l'instar de René Trabelsi ou de Kamel Morjane. Le gouvernement passe haut la main le test du vote devant le parlement et obtient sa légitimité le 12 novembre.

L'IVD : l'instance de la discorde
Alors que ses travaux devaient se terminer fin mai 2018, l'instance Vérité et Dignité décide de jouer les prolongations et annonce qu'elle poursuivra son exercice le 31 décembre de l'année en cours. Lors d'une plénière houleuse, les députés votent contre la prolongation du mandat de l'instance. La décision obtient 68 voix contre suite au départ des élus d'Ennahdha et du bloc démocrate avant le début des votes.
La décision prise par le parlement n'a jamais été émise par le président de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Ennaceur pour être adressée, par la suite, à la Présidence du gouvernement et l'instance a donc pu continuer ses travaux.

La loi sur l'égalité successorale divise
Le 23 novembre 2018, un conseil des ministres valide le projet de loi sur l'égalité dans l'héritage, un des l'un des points les plus marquants du rapport élaboré par la Commission des libertés individuelles et de l'égalité (Colibe). Un projet de loi très attendu, mais qui divise. Un projet de loi proposé par la commission des libertés individuelles et de l'égalité (Colibe), présidée par Bochra Belhaj Hamida, sur initiative du président de la République. Cette loi devra bientôt être soumise au test ultime du parlement. Pour cela, il faudra attendre l'année 2019.

L'affaire du coup d'Etat envenime la crise politique
Le 23 novembre 2018, Slim Riahi intervient sur la chaîne France 24 et évoque « un coup d'Etat militaire visant le parti Nidaa Tounes ». Plus tôt dans la journée, Slim Riahi dépose une plainte auprès du Tribunal militaire contre le chef du gouvernement, Youssef Chahed, le chargé de communication de la Kasbah, Mofdi Mseddi, l'ex directeur du cabinet présidentiel, Slim Azzabi, l'ancien dirigeant au sein de Nidaa Tounes, Lazhar Akremi ainsi que le directeur général de la sécurité présidentielle, Raouf Mradâa. Une plainte qui finit par être classée par le parquet militaire, à la suite de l'absence du plaignant malgré les deux convocations qui lui ont été adressées par le juge d'instruction le 30 novembre 2018 et le 6 décembre 2018, pour l'auditionner.

Kasserine, face à la menace terroriste
Le 14 décembre, un groupe terroriste braque une banque de la ville de Sbiba (Gouvernorat de Kasserine). Les voleurs ont réussi à dérober une somme d'argent en espèces de plus de 300 mille dinars. Après ce braquage, les terroristes prennent la fuite et s'introduisent chez un citoyen, Khaled Ghozlani, et de l'assassiner. Khaled Ghozlani n'est autre que le frère du caporal Saïd Ghozlani, tué également par des terroristes dans la localité de Douar Kherayfiya au Mont Sammema en novembre 2016. Il s'agit du deuxième braquage d'une agence bancaire à Kasserine cette année. En août 2018, 90 mille dinars ont été dérobés lors du braquage d'une agence bancaire à la Cité Ennour à Kasserine par des individus armés. Plusieurs autres attaques terroristes ont été commises dans la région de Kasserine, les premières victimes sont les soldats de l'armée nationale. Des habitants de la ville ont par ailleurs été touchés, un berger est décédé après avoir été torturé par des terroristes.

Les critiques contre la loi de finances 2019
Certains articles de la Loi de finances 2019 ont provoqué la colère des professions libérales, des concessionnaires automobiles et des franchisés, qui ont appelé à la révision de certaines de ses dispositions dont notamment l'article sur le secret professionnel ainsi que celui stipulant une augmentation des impôts sur les bénéfices, pour les concessionnaires automobiles, les grandes surfaces ainsi que les sociétés exportatrices. La loi de finances, très critiques, a provoqué la colère des différents secteurs touchés par ses dispositions. On annonce même une rébellion qui s'organise pour les semaines à venir.

Bras de fer syndicat-gouvernement
En cette fin d'année 2018, l'UGTT annonce une grève dans le secteur public et la fonction publique pour le 17 janvier 2019, suite à l'échec des négociations avec le gouvernement concernant les augmentations salariales dans le public.
Le 22 novembre dernier, une grève générale dans la fonction publique été décrétée par le syndicat et des milliers de fonctionnaires sont sortis manifester à travers le pays.
Un nouveau bras de fer entre le syndicat de l'enseignement secondaire et le ministère de l'Education a lieu également en cette fin d'année 2018. Les examens du 2ème trimestre seront, en effet, boycottés par les enseignants comme mesure d'escalade contestant le mutisme des autorités face aux revendications des enseignants. Deux journées de colère sont, par ailleurs, également prévues les 9 et 23 janvier 2019.

Décès du journaliste Abderrazak Zorgui
Le 24 décembre 2018, le journaliste Abderrazak Zorgui s'immole en s'aspergeant d'essence dans la ville de Kasserine. Avant son décès, le jeune correspondant de Telvza Tv laisse une vidéo à l'adresse des chômeurs de la région, les appelant à sortir manifester, à brûler et à casser afin d'exprimer leur colère et indignation contre les conditions de vie difficiles des habitants de Kasserine. Des manifestations éclatent d'abord à Kasserine, ensuite à Tebourba, à l'avenue Habib Bourguiba et à la Cité Ettadhamen à Tunis. Des actes de vandalisme et des échanges de violence sont, par ailleurs, enregistrés.
Dans la mort de Abderrazak Zorgui, la thèse du meurtre n'est pour l'instant pas écartée et une personne demeure actuellement en garde à vue, soupçonnée d'être derrière la mort du journaliste.
Un drame qui a relancé le débat sur la précarité et les conditions de travail difficiles de certains journalistes. Une réunion est également organisée entre le SNJT et le chef du gouvernement.

L'année 2018 a été faite de nombreux événements marquants. Une crise permanente secoue la classe politique, la situation économique est au plus bas et les tensions sociales sont toujours aussi vives. En plus de cette liste non-exhaustive, d'autres faits marquants pourraient bien avoir une suite en 2019, comme la cavale de l'ancien ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli, les blocages autour de la cour constitutionnelle, du président de l'Isie et les nombreuses lois en attente d'être votées au parlement. L'année qui commença avec des grabuges semble se terminer de la même manière. De quoi présager une année 2019 tonitruante et riche en événements…


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