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Les carburants enflamment les Tunisiens
Publié dans Business News le 01 - 04 - 2019

Les récentes augmentations des prix des carburants par le ministère de l'Industrie et des PME ont déclenché une vague d'indignation chez les citoyens ainsi que les organisations nationales à savoir l'Utica et l'Utap. Ces hausses qui s'inscrivent dans le cadre de l'ajustement périodique des prix accablant davantage le pouvoir d'achat du citoyen, d'autant plus que leur timing était, pour le moins, imprévu.

C'était dans la soirée du 30 au 31 mars 2019 que le ministère de l'Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises a rendu public un communiqué annonçant la hausse des prix des carburants. Pour le sans plomb, le gasoil sans souffre et le gasoil, les augmentations étaient respectivement de l'ordre de 80 millimes, 80 millimes et 90 millimes.
Selon le département, cette hausse s'inscrit dans le cadre de l'ajustement trimestriel des prix fixé proportionnellement au prix du baril de pétrole sur les marchés internationaux. Un mécanisme périodique appliqué par le ministère de l'Energie, des Mines et des Energies renouvelables à l'époque et adopté depuis juillet 2016.

Le communiqué du ministère de l'Industrie et des PME a indiqué que cette hausse était conforme au mécanisme de la régulation en rapport avec le prix du baril de pétrole à l'échelle mondiale. Il a, également, justifié cette mesure par le fait que ce prix ait dépassé 68 dollars. Cependant, pour ce qui est des hypothèses sur lesquelles le projet du budget de l'Etat de 2019 est élaboré, le prix du baril de pétrole a été fixé à 72 dollars avec une croissance de 3,1% contre 53 dollars en 2018 signifiant ainsi que l'augmentation n'est pas indispensable et que le prix du baril de pétrole est toujours dans l'intervalle prévu par la Loi de finances 2019.
Sans oublier qu'un dollar supplémentaire dans le prix du baril de pétrole représente 121 MD de dépenses de plus pour l'Etat alors que pour le glissement du dinar, chaque 10 millimes de moins par rapport à une monnaie étrangère se répercuteront par 30 MD. Le budget alloué à la caisse de compensation, qui augmentera selon la hausse du prix du baril de pétrole, est de 4,350 MD en 2019 contre 4,950 en 2018 dont 2,100 MD réservés pour les carburants en 2019 contre 2,700 MD en 2018.
Ainsi, la justification présentée par le ministère de l'Industrie et des PME a été jugée « irrecevable ». Tant que le prix du baril de pétrole n'a pas dépassé l'hypothèse fixée dans la LF 2019 et le budget alloué à la caisse de compensation est réglé, la hausse devient suspecte. D'autant plus qu'elle a été introduite tard le soir vers minuit, pendant un weekend, et lorsque tout le pays vivait au rythme des préparatifs de la 30ème session du Sommet arabe.

La hausse des prix des carburants pourrait ainsi se justifier par deux scénarios. Soit ces augmentations serviront à couvrir les majorations salariales dans le secteur public qui n'étaient pas comptabilisées dans le budget de l'Etat 2019, soit il y a une crainte que le prix du baril dépasse les 72 dollars fixés dans l'hypothèse de la LF 2019 vu le rythme ascendant du prix du baril de pétrole depuis janvier 2019. Quoiqu'en théorie, avec un prix de baril fixé à 68 dollars, les prix des carburants auraient dû baisser quand les tarifs à la pompe sont ajustés au prix du baril de pétrole étant donné qu'on est toujours loin de l'hypothèse fixée à 72 dollars pour le prix du baril.
Ce n'est que quelques semaines auparavant que Slim Feriani, ministre de l'Industrie et des PME ait réfuté une éventuelle hausse du prix des carburants. Démentant ce qu'il a qualifié de « rumeurs » à propos d'une augmentation attendue de ces prix, il a souligné que le gouvernement n'avait aucune intention de hausser les prix des carburants bien que le prix du baril de pétrole à l'échelle mondiale ait augmenté de 1 dollar.

Ces déclarations ont attisé davantage la révolte des citoyens qui étaient pris au dépourvu. Plusieurs citoyens ont exprimé leur mécontentement en bloquant les rues dans différentes villes du pays. L'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica) a, quant à elle, condamné cette augmentation appelant à son gel ainsi qu'à entreprendre des discussions avec le gouvernement à ce propos.
La centrale patronale a, par ailleurs, estimé que cette hausse pourrait avoir de graves répercussions sur l'économie nationale, notamment en entravant la croissance économique et le développement régional.
Une position partagée par l'Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche (Utap) qui a mis en garde contre les retombées catastrophiques de ces augmentations sur les secteurs de l'industrie et de l'agriculture notamment la hausse du coût de production des produits agricoles ainsi que celle des prix de vente.
L'Organisation de défense des consommateurs (ODC) a, de surcroît, appelé à une opposition pacifique aux majorations opérées sur les prix des carburants. L'ODC a aussi lancé un appel aux autorités en vue de renoncer à cette hausse d'autant plus que le prix du baril de pétrole à l'échelle internationale n'a pas augmenté.

Mais il ne s'agit pas de la 1ère hausse du prix des carburants. En 2018, l'Etat a procédé à 4 augmentations successives en janvier, en juin, en avril et en septembre toujours dans le cadre de l'ajustement régulier des prix.
Bien que le gouvernement soit contraint de hausser le prix des carburants afin de sauvegarder son équilibre budgétaire, cette majoration engendrera une augmentation de la subvention destinée aux carburants et impactera ainsi le budget de l'Etat. Loin de tous ces calculs, c'est finalement le citoyen qui sera le plus affecté et verra, encore une fois, son pouvoir d'achat se détériorer dans une conjoncture socio-économique de plus en plus fragilisée.


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