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Portrait de Saïda, handicapée moteur : Battante à tout prix
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 05 - 2019

Saïda, une quinquagénaire, habitant le rif de Kairouan où elle a poussé ses premiers cris pour dire à sa façon «Me voilà! Et, voilà que j'entame une vie, pas comme messieurs-dames Tout-le-monde, une vie pleine d'embûches et de soucis, toutes sortes de soucis». Parfois, elle regrette d'avoir existé. Lorsqu'elle est déprimée et que rien n'accroche plus. Et parfois, elle semble accrochée à la vie beaucoup plus que tout le monde. Lorsque le ciel tonne, le tonnerre gronde, accompagné de coups d'éclair et du bruit (même lointain) de la foudre, elle demande qu'on aille, à la vitesse de l'éclair, éteindre le poste de télévision, de peur d'être foudroyée! Oui, la bonne «dame» et éternelle demoiselle, à cause de son infirmité chronique, préfère l'amertume d'un pénible quotidien à la mort sous un coup de foudre!
Le tournant du malheur !
Saïda a vécu une enfance normale jusqu'à l'âge de la scolarité. Laquelle a marqué d'une pierre noire sa vie et constitué un tournant malheureux, marquant l'entame d'un triste sort. Son premier va-et-vient à l'école primaire sous un soleil de plomb, séparée de plus de cinq kilomètres de son gîte rural parental. Au bout de quelques semaines de classe, l'intéressée a «piqué» une terrible insolation, compliquée par une foudroyante méningite, ayant précipité son handicap moteur…
Sachant que jadis, la tuberculose, la rougeole et la variole (aujourd'hui éradiquée) étaient des maladies fatales en l'absence de vaccination. Je me rappelle, alors enfant, que les jeunes mères disaient : «je n'ose me dire avoir un enfant qu'après avoir surmonté l'obstacle de la rougeole et de la variole» (Ma nkoul ouildi kane baâd el hosba ouil jidri).
Positiver et en profiter pour se cultiver
Passant le plus clair de son temps, clouée ou lit au sur sa chaise roulante, dégradée par le temps et les pistes cahoteuses de la région, elle en profite pour zapper et parcourir les diverses chaînes de télévision, toute la sainte journée durant. Ce qui lui a permis d'acquérir une vaste culture. Elle s'intéresse beaucoup plus aux documentaires politiques, historiques, géographiques et à un degré moindre aux feuilletons, avec la priorité à ceux jugés profonds et intéressants, quant à la forme et au fond…
La vieille fille toujours joviale, alerte, chaleureuse et conviviale, et dotée d'une mémoire d'éléphant, malgré ses inchangeables conditions, se plaît à se faire entourer des jeunes de sa tribu, pour leur prodiguer ses conseils et les inciter matin et soir à s'accrocher à leurs études et à la culture.
Qu'elle définit tout simplement à sa manière : «La culture est la curiosité de savoir ce qu'on ignore». Pourtant, ces jeunes, tout ouïe, sont, pour la plupart, des «bacs» plus ou moins quelque chose. Elle, qui n'a pu, par la faute de son handicap moteur et le mauvais sort, récolter quelque chose à l'école ! Et n'a pu traîner sa jupe et son jupon sur ses bancs que l'espace d'un temps éclair… L'infortunée handicapée est toujours dans le besoin.
Elle a, pour toute fortune, une pension alimentaire de misère, destinée aux miséreux et un carnet de soins blanc, lui permettant l'accès, au prix d'un pousse-pousse exaspérant, à des consultations expéditives et à des médicaments, souvent inexistants. Pour son cas, à force d'en user et abuser, et de consommer des anti-inflammatoires irritants, elle s'est tôt fait enflammer et ulcérer l'estomac, atteignant le stade d'intolérance… En désespoir de cause, Saïda se rabat sur les plantes médicinales et la médecine douce, nécessitant de gros frais, hors de portée des démunis et des miséreux.
Vivement une chaise roulante à moteur !
Cela dit, notre interlocutrice, le teint tantôt vert comme la mort et tantôt rouge comme un coquelicot, finit par nous dire les yeux cernés et humides : «J'en ai assez de vivoter ainsi et de demeurer à la merci de la générosité officielle et "privée", ne m'ayant jamais fait grâce de l'éternelle privation. Je suis en mesure de défier mon handicap, de vivre de mes propres deniers et à la sueur de mon front : celui ou celle qui a la tête pleine d'idées et d'enthousiasme ne mérite pas le qualificatif d'handicapée. Cela tient tout simplement à une chaise roulante à moteur, pour pouvoir bouger à droite et à gauche, arracher 4 sous mérités et gagner ma vie dignement, loin des gestes généreux d'autrui et de l'aumône si avilissants».


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