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Les accidents accentués par une infrastructure déplorable: et des comportements irresponsables Nos routes de plus en plus mortelles !
Publié dans La Presse de Tunisie le 28 - 12 - 2021

Pour une population de 12 millions d'habitants et pour une telle infrastructure routière assez limitée, le nombre d'accidents de la route en Tunisie est jugé très élevé dans le contexte régional. Après une « trêve » provoquée notamment par le confinement total, les chiffres alarmants repartent à la hausse. Cette année seulement, près de mille morts ont été enregistrés sur nos routes, sans compter les blessés. Quelles solutions pour limiter ce fléau qui constitue une menace pour la sécurité nationale ?
Les accidents de la route ont fait 980 morts et 6.565 blessés du début de l'année au 24 décembre 2021, selon l'Observatoire national de la sécurité routière (Onsr) relevant du ministère de l'Intérieur.
Selon ses données, les accidents ont augmenté cette année, où 4.835 ont été enregistrés contre 4.690 en 2020. Le nombre de décès a également augmenté (913 en 2020). Le nombre de blessés a en revanche légèrement baissé (6.642 en 2020). Le gouvernorat de Tunis occupe toujours la première place en termes d'accidents (818), de morts (123) et de blessés (1.048), suivi du gouvernorat de Nabeul (465 accidents, 67 morts, 636 blessés) et Ben Arous (355 accidents, 40 morts, 459 blessés).
Le gouvernorat de Sfax occupe la deuxième place en termes de nombre de morts (94 morts et 233 accidents). La cause principale des accidents est la distraction et le manque de vigilance qui ont engendré 1.738 accidents et fait 244 morts et 2.014 blessés, suivie de l'excès de vitesse (290 morts, 1221 blessés et 760 accidents). Sauf que ces données n'évoquent pas un fait assez inquiétant. 50% des victimes de ces accidents sont des jeunes âgés entre 15 et 29 ans, ce qui met à mal la stratégie nationale de prévention contre les accidents de la route.
Existe-il vraiment une stratégie ?
Afef Ben Ghenia, présidente de l'association des Ambassadeurs de la sécurité routière (ASR), explique à La Presse que réellement, il n'existe pas une véritable stratégie nationale de lutte contre les accidents de la route et de promotion de la sécurité routière. Pourtant, rappelle-t-elle, la Tunisie s'est engagée à réduire de 50% le nombre de victimes des accidents d'ici à 2030. « Que fait-on pour atteindre cet objectif ? L'Etat et le gouvernement ne font rien. Pourtant, nous appelons à ce que cette question soit une priorité nationale, car un jour ou l'autre, nous mourrons tous sur nos routes », soutient-elle.
En effet, la Tunisie a adhéré au plan des Nations unies visant à réduire de moitié le nombre de morts et de blessés sur les routes d'ici à 2030. Ce plan, qui constitue un élément clé de la décennie d'action pour la sécurité routière 2021-2030, mise surtout sur la sensibilisation et la prévention en renforçant notamment les infrastructures routières en Tunisie.
Pour Afef Ben Ghenia, si les accidents de la route ont en effet augmenté, c'est aussi la gravité et l'atrocité des accidents qui sont déplorables. « Les accidents en Tunisie sont devenus de plus en plus mortels, derrière les statistiques et les chiffres, il y a des visages, des familles et des vies. Les autorités ne voient que des données. Nous devons changer d'approche », a-t-elle expliqué.
Parmi les causes que notre interlocutrice évoque, les comportements irresponsables et la défaillance de l'infrastructure routière. « Tout incombe aux usagers de la route. Ils ont un comportement inadapté et irresponsable au volant avec une sous-estimation du danger. De plus, l'état de nos routes est déplorable, un grand nombre d'accidents est dû à cette question », ajoute-t-elle.
Certes ces facteurs expliquent en effet la dangerosité du phénomène. Néanmoins, la forte augmentation du nombre de véhicules en circulation et l'incapacité de l'infrastructure de répondre à cette donnée accentuent les risques. En Tunisie, une croissance très forte du parc automobile peut être observée ainsi que le nombre de permis de conduire au cours de la dernière décennie. Le nombre de voitures a doublé entre 2000 et 2015. Il est passé de 893.852 à plus de 1.800.000. En outre, le nombre de permis de conduire accordés a été multiplié également par deux depuis 1995.
Le permis à points : une solution ?
Récemment, un projet de permis à points a été évoqué par le ministère du Transport et de la Logistique. En effet, le département a annoncé avoir préparé un projet de loi pour mettre en place un système de permis de conduire à points.
Selon le projet de loi, le permis de conduire est doté d'un capital de 25 points. Des points sont retirés au conducteur s'il commet des crimes ou des délits routiers, variant entre 18 et 5 points. Cependant, le conducteur pourrait rétablir son crédit s'il ne commet aucun délit ou crime tout au long des 18 mois qui suivent. Il pourrait également récupérer jusqu'à 10 points s'il suit un programme de sensibilisation contre les délits routiers. Notons que conformément à ce projet de loi, 18 points sont accordés aux conducteurs débutants. Leur crédit sera complété après deux ans d'ancienneté seulement s'ils ne commettent aucun crime routier. Sauf que jusqu'à présent, ce n'est que du noir sur blanc, un long processus attend ce projet de loi avant toute concrétisation.
Pour Afef Ben Ghenia, présidente de l'association des Ambassadeurs de la sécurité routière (ASR), un tel projet pourrait constituer une partie de la solution, mais encore faut-il le concrétiser. Elle soutient l'idée selon laquelle, dans l'immédiat, c'est l'application ferme de la loi qui pourrait limiter les dégâts. Mettre en place aussi de nouvelles législations, et se pencher sur le renforcement des infrastructures, car selon ses dires, la sensibilisation n'a plus d'effet au vu de la gravité du phénomène.


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