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Stress hydrique : Il est grand temps d'agir
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 08 - 2022

L'inertie et l'absence d'actions salvatrices pour contrecarrer le manque d'eau ne laissent même pas de place à l'espoir d'une meilleure pluviométrie au cours des années à venir. Il est grand temps donc d'agir pour enrayer la dynamique négative en matière de gestion de l'eau en Tunisie. Le plus tôt sera le mieux...
La Tunisie est l'un des pays au monde les plus exposés au stress hydrique à cause d'une demande évolutive et exponentielle de la population locale sans qu'elle ne puisse être pleinement satisfaite. Tout un champ de possibilités est menacé, de l'agriculture grande consommatrice des ressources en eau à la consommation d'eau potable pour les ménages ou encore les infrastructures hôtelières qui ne sont pas en reste en termes de forte demande de services et d'approvisionnement en eau. D'un autre côté, toutes ces dernières années, on n'a pas manqué de souligner l'impact négatif du réchauffement climatique en Tunisie qui a causé de nombreux dérèglements météorologiques dont la baisse des quantités de pluie et des apports en eau. Le manque d'eau dans les nappes souterraines en fait partie, sans parler des quantités insuffisantes de réserves en barrages. A ce sujet, lors d'une récente intervention sur les ondes radiophoniques, le spécialiste Abdallah Rebhi a souligné que le stock en eau de la Tunisie est estimé à 911 millions de m3, tandis que le taux de remplissage des barrages avoisine les 40% au cours des dernières années. D'où le lien avec le stress hydrique, défini par une demande en eau qui dépasse la quantité d'eau disponible et une qualité de l'eau qui nécessite d'en limiter l'usage parce qu'elle devient peu propice à la consommation. On ne peut se satisfaire de cette situation et d'un classement mondial peu enviable en termes de richesses hydrauliques, sans anticiper. Nécessairement. Inévitablement.
Selon les experts hydrauliques, le seuil de stress hydrique frôle celui de la pauvreté hydrique avec un tarissement des ressources en eau d'une décennie à l'autre. Le manque de pluviométrie ces dernières années, loin de l'abondance en eau, est une cause sous-jacente du phénomène. Mais pas seulement, car les experts hydrauliques tirent continuellement la sonnette d'alarme sur les menaces au cours des années à venir, même si nul ne peut véritablement le prédire avec une grande justesse et précisément, pas même les plus grands scientifiques dans ce qui n'est pas une science exacte...
Baisse du stock hydrique
Dans une déclaration médiatique en début de semaine, Abdellah Rebhi affirme que la Tunisie est l'un des pays pleinement exposés au changement climatique et au stress hydrique avec une disponibilité évaluée à moins de 400m3/habitant/an, à l'horizon 2050. Avant de développer : « Quant aux apports en eau, ils ont atteint un milliard de m3, alors qu'ils sont censés être à un niveau estimé à un milliard 800 millions de m3. Cela est essentiellement dû aux changements climatiques, à la hausse de la demande et à la baisse du stock hydrique en Tunisie. Ainsi, la Tunisie se place dans le groupe des pays les moins dotés en eau douce dans le monde ».
On apprend également qu'une étude titrée « L'eau à l'horizon 2050 » est en cours d'élaboration avant sa publication. Elle va passer en revue les grandes difficultés relatives au stock hydrique dans les différentes régions tunisiennes. Si la demande en eau continue à être supérieure à l'offre disponible, la situation risque de devenir encore plus critique et sévère qu'elle ne l'est déjà.


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