Au bout d'une belle victoire devant l'Algérie, peut-on considérer que l'équipe de Tunisie a atteint son rythme de croisière à l'heure de croiser le fer avec le Zimbawe? Les progrès accomplis par comparaison au match inaugural perdu face au Sénégal (2-0) peuvent laisser croire à cette thèse. Le onze national a trouvé la réussite (c'est vraiment le cas de le dire: un autogoal d'un défenseur adverse, et un penalty suite à une bévue monumentale), et affiche clairement des indices de rétablissement au niveau du jeu et de la confiance. Tout cela ne peut pas porter la marque d'un seul homme aussi important soit-il. Le retour de Mohamed Amine Ben Amor n'est pas le seul facteur ayant permis cette remontée de la pente. Le bonhomme aura certes abattu un travail monstre à la récupération et dans la couverture de l'arrière-garde, le maillon faible qui avait condamné les Aigles quatre jours plus tôt devant les hommes d'Aliou Cissé, mais cela n'explique pas tout. Devant les Fennces, l'équipe nationale a joué plus court, mieux combiné, mis le pied sur le ballon et pris le contrôle du milieu grâce à cinq joueurs qui pouvaient partir de cette zone névralgique (Sassi et Ben Amor, solides sentinelles et pistons balayant ce secteur, Sliti, Khazri et Msakni qui se projettent vite devant). Une plus grande disponibilité des milieux offensifs et une meilleure exploitation des flancs par les latéraux, Nagguez et Maâloul, qui pouvaient se projeter sans gros soucis en attaque puisqu'ils étaient couverts soit par Sassi soit par Ben Amor, ont fini par booster le jeu des nôtres, notamment au niveau offensif. A partir de là, le team Tunisie a pu trouver un meilleur équilibre tout en imposant sa loi dans les duels. Un secteur où il fut pratiquement écrasé lors de sa sortie sénégalaise. Bref, si elle a su monter en puissance, l'équipe de Tunisie est pourtant loin d'avoir atteint son rythme de croisière. Elle s'est dépensée énormément contre l'Algérie, jeudi dernier au point qu'il serait insensé de lui demander de rééditer pareille dépense d'énergie quatre jours plus tard. D'autant que Kasperczak va reprendre la totalité de ce onze titulaire. Les copains de l'excellent Aymen Mathlouthi vont devoir compenser par le métier et l'intelligence. On peut croire que la confiance qui les habite aujourd'hui doit les aider à se défaire de l'étreinte zimbawéenne. Et puis, au niveau du vécu, il n' y pas vraiment photo. Les Warriors pour l'exploit Après avoir fait grosse impression contre l'Algérie (nul 2-2), les Warriors (les guerriers) sont entrés un peu dans les rangs en s'inclinant face au Sénégal (2-0). Les Lions de la Téranga leur ont vite infligé un double KO par l'intermédiaire de Sadio Mané à la 9' et Henri Saivet à la 14'. Malgré le naufrage des copains du capitaine Katsande, le sélectionneur, Callisto Pasuwa, assure que rien n'est encore joué et que ses hommes ont toujours une chance. Certes, à l'heure d'engager ce qu'ils appellent «le match de vérité», les Zimbabwéens ne comptent qu'un petit point au compteur. Toutefois, les Khama Billiat et consorts ne jettent pas l'éponge. La pression sera donc mise sur nos Aigles, puisque les Warriors, perdus pour perdus, n'ont plus rien à craindre. Par contre, l'équipe de Tunisie peut redouter une tournure défavorable, par exemple un but qu'elle prendrait d'emblée et qui lui compliquerait la tâche. Pour se mettre à l'abri, elle doit gagner un second match. Elle doit éviter le mauvais exemple donné par l'Algérie, laquelle dut longtemps courir derrière le score avant de rejoindre son adversaire sur le fil. Rythme de croisière pour les copains d'Aymen Abdennour ? Le tournoi est encore bien long. Espérons qu'ils iront en se bonifiant et qu'ils n'atteindront le pic de leur forme qu'en.... finale. Si affinités, bien entendu.