Hier, nombreux étaient les étudiants privés de leurs cours habituels ! Et pour cause : enseignants, professeurs et encadreurs de plusieurs établissements universitaires ont observé une grève générale toute la journée. A 10h30, le technopôle de Borj Cédria est presque désert ! Les étudiants se sont rassemblé dehors, en groupes devant leur institut, dans les buvettes, alors que d'autres ont préféré rentrer chez eux. Quant à leurs enseignants, ils se sont réunis dans le hall de l'université. Cause de cette grève ? La situation de l'Université tunisienne qui se dégrade ! Et c'est le syndicat de l'Union des enseignants universitaires et chercheurs tunisiens « IJABA », qui a organisé cette action et lancé un appel à tous les universitaires pour la grève. Les professeurs de l'Institut supérieur des sciences et technologies de l'environnement, présents sur place, depuis la matinée, se sont également regroupés dans le hall de l'université et ont décidé de ne pas faire cours. « Il faut que la situation de l'Université tunisienne s'améliore ! », explique la coordinatrice générale de l'Institut, Jamila Ghrab, qui revient sur les raisons de cette grève. « Nous avons lancé un appel à tous les universitaires pour participer à cette grève afin de défendre nos droits : les conditions de travail dans certains établissements, notamment cet institut, n'encouragent ni les professeurs ni les étudiants à accomplir leurs tâches convenablement : un important manque de matériel ainsi que plusieurs autres problèmes d'ordre logistique (internet non fonctionnel... La réforme de l'enseignement supérieur s'avère nécessaire aujourd'hui et face au silence du ministère de l'Enseignement supérieur à l'égard de nos propositions et projets de réforme, nous exprimons notre colère aujourd'hui et nous revendiquons nos droits, tels que la révision des échelons et des catégories de promotion, l'augmentation du montant de l'heure supplémentaire à 50 dinars de l'heure, l'instauration d'une prime pour l'encadrement de chaque projet de fin d'études, chaque mastère professionnel ou de recherche et chaque thèse. Les étudiants nous soutiennent dans notre action, parce qu'ils savent bien que ces revendications s'inscrivent principalement dans l'intérêt de l'Université tunisienne », a expliqué encore la coordinatrice J. Ghrab. Déroulement normal des cours dans certains établissements Chaima et Manel, deux camarades de classe inscrites en deuxième année, spécialité physique et chimie de l'environnement (PCE), ont décidé de rester à l'institut pour attendre le prochain cours qui commencera, peut-être, à 11h00. Elles avaient un cours à 8h00 du matin, mais le fait qu'il a été annulé ne les affecte pas, parce ce que, selon elles, « rien n'a été raté » ! Cet avis n'est pas partagé par tout le monde ! Car, à l'Institut supérieur des technologies de l'information et de la communication et à l'Ecole nationale des sciences et technologies avancées (Enstab) du technopôle, les enseignants et étudiants n'ont pas participé à cette grève. Selon les responsables de ces établissements, la grève ne peut être dans l'intérêt de l'étudiant, même si les professeurs, par le biais de cette action, luttent pour améliorer les conditions de travail, sauvegarder la dignité de l'universitaire et l'université, cela peut affecter l'avenir de plus de 1.000 étudiants inscrits dans ces écoles. A rappeler que la grève générale a été observée également dans les régions, notamment à Sfax, Sousse, Gafsa, Monastir, NabeulMahdia, Mateur et Ksar Saïd.