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A qui profite le crime ?
Reportage - Incendie dans la forêt d'Oued El-Ksab (Nabeul)
Publié dans La Presse de Tunisie le 20 - 07 - 2011

• 300 ha incendiés dont 200 totalement carbonisés et perdus à jamais
Décidément, on n'en finit pas avec les incendies dans les forêts du Cap Bon. Si les unités de la Protection civile, de l'Armée nationale, des forestiers et du ministère de l'Equipement ont conjugué, avant-hier, leurs efforts et sont parvenues à empêcher le feu de se propager dans la forêt de Dar Chichou, d'autres foyers d'incendie ont été enregistrés, hier, du côté de la forêt d'Oued El-Ksab, entre les délégations de Hammam Laghzez et El Haouaria, portant le bilan des zones sinistrées à 300 ha dont 200 totalement carbonisés et 100 ha à moitié brûlés. La Presse était présente sur les lieux du drame où tout le monde était en pleine action pour maîtriser le feu dont l'origine criminelle et organisée continue d'être privilégiée par les spécialistes et les enquêteurs présents sur place. Reportage.
Il est 10h00, direction des forêts d'Oued El-Ksab, entre les délégations de Hammam Laghzez et El Haouaria. Hier, l'ambiance était assez tendue ! Les forestiers courraient dans tous les sens. Abdallah Ben Taleb, brigadier de chasse, muni d'un talkie-walkie, criait: «Il faut des renforts. De L'eau et des hommes pour maîtriser les foyers de feu. Où sont les citernes et lances à eau ! Il faut faire vite pour stopper la progression». En effet, bien qu'avant-hier les incendies aient été tous maîtrisés par les équipes déployées sur le terrain, d'autres foyers d'incendie ont été déclenchés instaurant un état d'alerte dans le poste de commandement composé de responsables de la Protection civile, de l'Armée nationale, des forestiers et du ministère de l'Equipement.
A 200 mètres du local de la direction des forêts, on rencontre Mohamed et Mahmoud Mabrouk, deux ouvriers de la direction des forêts, en train d'éteindre un incendie avec leurs pelles. Mohamed nous déclare : «Ça fait 24 heures qu'on combat le feu. Les incendies ont été déclenchés samedi dernier, dont cinq le soir même». De son côté, le brigadier de chasse M. Abdallah Ben Taleb nous révèle : «Cet acte ne peut être que prémédité. Sur une superficie de 1.740 ha, on a recensé plusieurs incendies simultanés. Ce qui est anormal. Samedi, dimanche et lundi, on a eu recours à 3 hélicoptères et un avion Hercule rempli de produit chimique qu'on appelle Retardataire et 60 camions citernes sans parler des tracteurs et des ouvriers investis à fond dans cette mission. Mais, aujourd'hui, on a fait appel à 2 hélicoptères qui aspergent de l'eau de mer sur les foyers d'incendie. Pour le moment, les dégâts sont chiffrés à 200 ha perdus à jamais (carbonisés totalement) et 100 brûlés à moitié et qui peuvent se régénérer.  Il s'agit sans aucun doute de feux volontaires et prémédités. Nos soupçons se dirigent vers certains riverains qui revendiquent la propriété de ces terres».
Des tranchées pour arrêter la progression du feu
Les forestiers nous font monter dans leur voiture 4x4 pour nous montrer les nouveaux foyers déclenchés. En route, les tracteurs remplis d'ouvriers et un camion bleu (propriété des militaires) équipé de canon à eau qu'utilise d'habitude la police antiémeute pour disperser les manifestants était présent sur les lieux pour combattre le feu qui gagnait du terrain.
M. Azaïz Sassi, chef d'arrondissement par intérim des forêts du gouvernorat de Nabeul, nous donne l'éclairage suivant : «Ces canons à eau sont très efficaces. Ils permettent l'envoi de l'eau à haute pression».
Concernant les dernières nouvelles sur le front, M. Sassi nous a déclaré : «Il y a eu la visite de ce matin d'inspecteurs et d'un juge d'instruction qui ont effectué des interpellations. Mais jusqu'à présent, on n'a aucune déclaration officielle qui parle d'arrestation de suspects». Quant aux actions déployées jusqu'à maintenant par les agents présents sur le terrain, M. Azaïz Sassi nous explique : «Nos interventions d'habitude se font la nuit vu que le taux d'oxygène dans l'atmosphère diminue et il y a moins d'humidité. On s'est déployé à la périphérie avec des battes à feu, des pelles, des branches, camions citernes, lances à eau de la Protection civile et des canons à eau actionnés par les militaires. Quant au ministère de l'Equipement, il nous a fourni deux bulldozers et le ministère de l'Agriculture (notre ministère de tutelle) nous a fourni aussi deux autres, soit un total de 6 bulls dont 4 seulement sont opérationnels. On a commencé par aménager une tranchée de 70 m de largeur pour stopper la progression du feu et sauver l'autre partie de la forêt. Notons que de la mer jusqu'à la délégation d'El Rtiba, on dénombre 9.316 ha de forêt.  Le problème c'est qu'il y a deux types d'arbres dans cette forêt : il y a les feuillus qui ne représentent pas un danger et il y a les résineux (c'est-à-dire les troncs d'arbres qui sécrètent de la résine, un produit très inflammable)».
L'hypothèse des pyromanes privilégiée
Pour l'hypothèse privilégiée d'un feu criminel et organisé, M. Sassi nous donne des explications : «Samedi dernier, entre le goudronné et la plage, on creusé deux tranchées secondaires pour maîtriser convenablement le feu. Et il s'est avéré que nos efforts ont porté leurs fruits vu qu'on est parvenu à stopper les incendies. Mais voilà que dimanche dernier, entre 13h00 et 14h00, après avoir maîtrisé des foyers d'incendie dans la forêt qui débouche sur la plage, d'autres incendies se sont déclarés dans l'autre rive du goudronné où il n'y avait pas de feu auparavant. Quelque chose d'inexplicable. Ces feux corroborent l'hypothèse qu'il s'agit de feux prémédités déclenchés par des pyromanes et d'incendiaires criminels. Et maintenant, on n'a plus de doute, ce sont des actes criminels et organisés».
Un peu plus loin, du côté de la maison des jeunes et du centre de campement des scouts d'Oued El Ksab, Ferid et Mohamed Saâfi, deux résidents, nous racontent : «Ça fait 6 jours qu'on est en train de combattre le feu. Chaque soir, on veille jusqu'à l'aube pour surveiller les lieux. Les premiers jours, on a fait le va-et-vient entre la plage et la forêt pour asperger les arbres incendiés de l'eau de mer. Selon les dires des riverains, un gardien du site archéologique de Kerkouane a filmé avec son GSM un homme qui était en train de vider le réservoir de sa moto pour déclencher un incendie».
Assurément, plusieurs zones d'ombre planent sur ces incendies avec un écran de fumée qui cache sans aucun doute des actes volontaires prémédités de pyromanes. En attendant les résultats des enquêtes, nos héros : pompiers, forestiers, militaires et agents du ministère de l'Equipement, continuent leur combat pour sauver un patrimoine végétal à risque !


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