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Tunisie révolutionnaire, quel environnement ?
Opinions


Par Ali El HILI*
L'environnement a été le grand oublié de la Révolution. En effet, depuis le 14 Janvier 2011, les 2 gouvernements Ghannouchi et le gouvernement Caïd Essebsi ont cru bon de rattacher le ministère de l'Environnement à celui de l'Agriculture ce qui est une grave erreur car les intérêts de ces deux départements peuvent être contradictoires notamment en matière de conservation des ressources naturelles et plus spécialement de la biodiversité. Quand aux médias : presse écrite, radios, télés, nous avons assisté à une véritable diarrhée verbale et à un déluge d'écrits. Tous les sujets étaient abordés sauf celui de l'environnement, tandis-que les rares fois où l'environnement étais cité, il était systématiquement limité à la pollution industrielle et aux déchets urbains. Ce fut notamment le cas tout au long de la compagne électorale quand les partis et les listes indépendantes y compris ceux et celles relevant de verdure ont parlé d'environnent. A titre d'exemple, les 365 points du programme d'Ennahdha, 12 de (236 et 247) sont consacrés à l'environnement dont 4 seulement sont relatifs à la conservation des ressources naturelles. De même, dans un opuscule publié par Mustapha Zitouni en octobre 2011 et intitulé «la lutte des Verts contre la dictature du général Ben Ali» on cherchait en vain une mention de la biodiversité végétale et notamment du désastre écologique subi par la faune sauvage du Sud tunisien concédé pendant 23 ans aux émirs saoudiens par le président déchu.
A propos de la campagne électorale, notons que la biodiversité a été à l'honneur – non pas dans les programmes et les déclarations d'intention des candidats – mais à travers leurs logos où les oiseaux ont été largement représentés. Ainsi le mouvement Ennahdha a choisi une belle silhouette d'aigle royal tandis-qu'une liste indépendante a choisi une tête d'aigle commettant deux erreurs flagrantes : la première est relative au choix de l'aigle dont la tête est celle d'un aigle nord-américain qui n'a rien à voir avec les cinq aigles que nous connaissons en Tunisie : 2 espèces sédentaires (l'aigle royal et l'aigle de Bonellie) et 3 espèces migratrices (l'aigle botté et la circaète jean-le-blanc estivants nicheurs, et le balbuzard pêcheur hivernant). La seconde est d'ordre linguistique et est malheureusement commune en Tunisie. Elle consiste à attribuer à l'aigle le nom de nisr alors que c'est celui du vautour. Ainsi notre équipe nationale de football est en fait constituée par «les vautours de Carthage». En effet, l'arabe littéraire désigne l'aigle par aoukab et non par nisr.
D'autre part, lors de la présentation du gouvernement de Hamadi Jebali devant l'Assemblée nationale constituante, les rares élus qui ont évoqué l'environnement dans leurs interventions – qu'ils appartiennent à la majorité ou à l'opposition – l'ont encore une fois réduit à la pollution industrielle. Ainsi le jeune juriste d'Ennahdha, élu de Gabès, a bien sûr dénoncé la pollution industrielle dans la ville qui l'a élu et s'est félicité de la présence d'un ministère de l'Environnement dans le nouveau gouvernement. Il rejoignait ainsi le directeur de la chaîne El Moustakilla qui, lors de la campagne électorale a promis aux Gabésiens que s'il était élu (président de la République) il mettrait fin à la pollution dans leur ville. Il est du reste surprenant qu'au cours du débat à l'Assemblée nationale constituante, aucun des élus des cinq gouvernorats du Sud n'ait évoqué le cas de ces fauconniers qataris dont les médias ont abondamment parlé au cours des dernières semaines.
Ainsi, tout ce qui précède prouve que 20 années de ministère de l'Environnement n'ont pas inculqué une quelconque culture environnementale à nos citoyens, encore moins à nos gouvernants. Il est donc impératif que la prochaine Constitution garantisse aux générations futures la protection de leur environnement, un environnement non pas réduit aux problèmes de pollution urbaine mais perçu dans sa globalité, c'est à dire incluant l'air, le sol, l'eau, la faune et la flore, l'homme exploitant ces ressources naturelles de façon rationnelle et durable.
Rappelons, qu'après la Conférence mondiale sur l'environnement, tenue à Stockholm en 1972, les Nations unies ont chargé l'Unesco de préparer un programme d'éducation relative à l'environnement. J'ai eu personnellement la chance de représenter la Tunisie aux premières réunions organisées par l'Unesco dans ce sens et il a été décidé que ce programme viserait trois cibles : l'école de la maternelle à l'université, les citoyens classés par tranches d'âge et en fin les décideurs. S'agissant de l'école, les ouvrages publiés par le C.N.P. et mis à la disposition des élèves de l'école de base et du secondaire (livres de textes de lecture et de sciences de la vie notamment) contiennent souvent des énormités pour tout ce qui touche à l'environnement. Ils ont ainsi besoin d'une lecture critique, quant à nos décideurs ils auraient bien besoin de cours de recyclage en la matière.
Aujourd'hui, nous avons un ministère de l'Environnement dirigé qui plus est par une dame, comme ce fut le cas au début des années 2000.
Il faut espérer que ce ministère ne sera pas une copie conforme du ministère que nous avons subi sous l'ancien régime bien que plusieurs dirigeants d'Ennahdha se félicitant de la création de ce ministère n'aient évoqué que les problèmes de pollution.
Pour que ce ministère soit un véritable ministère de l'Environnement il faudrait :
1) – Que le ministre de l'Environnement soit un ministre délégué auprès du chef du gouvernement car l'environnement touche à des domaines relevant des attributions de plusieurs autres départements (Agriculture, Intérieur, Industrie, Tourisme, Education, Enseignement supérieur, recherche scientifique, etc...) d'où une source de conflits qui nécessitent des arbitrages au niveau du chef du gouvernement;
2) – Que les textes législatifs relatifs aux attributions du ministère de l'Environnement (et aux agences sous sa tutelle) soient revus et corrigés afin que la conservation des ressources naturelles prenne la première place au lieu de l'assainissement, la lutte contre la pollution et la gestion des déchets. Il en est de même du décret relatif au grand prix de protection de l'environnement dont les trois premiers critères d'attribution sont relatifs à la pollution la biodiversité venant en quatrième et dernier lieu;
3) – Il est impératif qu'un arbitrage soit effectué entre les départements de l'Agriculture et de l'Environnement en matière de conservation des ressources naturelles afin que l'on sache exactement qui fait quoi dans ce domaine. C'est ainsi que le ministère de l'Environnement est signataire, au nom de la Tunisie, de la Convention de Rio sur la biodiversité alors que sur le terrain, la faune et la flore terrestres et marines sont du ressort du département de l'Agriculture. De même, depuis 2001, le ministre de l'Environnement est président de Comité national MAB-Unesco (programme international l'homme et la bio-sphère) alors que dans tous les pays membres de l'Unesco, ce comité est présidé par une personnalité scientifique. Il en a résulté que ce comité est en sommeil depuis 10 ans et que la Tunisie ne profite pas de ce programme international;
4) – Depuis la conférence de Rio sur l'environnement en 1992, les possibilités de financement de projets environnementaux sont multiples que ce soit dans un cadre bilatéral, régional ou international. La Tunisie possède aujourd'hui une pléiade d'universitaires à même d'élaborer et de réaliser des projets bancables que ce soit dans un cadre officiel ou à travers des ONG mais encore faut-il qu'ils soient encouragés dans ce sens;
5) – Enfin, le ministre de l'Environnement se doit d'ouvrir le dossier des ONG environnementales. Les unes ont toujours été une émanation du RCD tandis que d'autres se sont mises à la solde d'organisations étrangères.
En 1954, le Mouvement national, sous la direction de Bourguiba et de beaucoup d'autres, a libéré la Tunisie de l'emprise coloniale, le 14 janvier 2011, la jeunesse tunisienne a libéré les Tunisiens de cinquante années de dictatures, les aînés qui ont eu la chance de vivre ces deux événements osent espérer que les générations futures puissent vivre dans une Tunisie soucieuse de la qualité de son environnement et où les citoyens sont enfin libres de penser, d'agir et de s'exprimer.


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