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Comprendre... ne pas devoir comprendre
Dominant powers, que faire alors ? de Claudia Bosse à l'Institut supérieur des arts dramatiques
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 01 - 2012

Que faire alors ? «Suivre l'actrice !», répond un portier à l'Institut supérieur des arts dramatiques (ISAD). Une créature, vêtue en noir et blanc, accueille le public au seuil de cet établissement. Elle récite des textes tout en entraînant la foule derrière elle... Coude à coude, on traverse la cour, le jardin, et puis, on monte les escaliers pour enfin atteindre les salles métamorphosées en lieux d'installation plastique : on y voit des chaises brisées, des vidéos de témoins tunisiens et égyptiens racontant la révolution, des haut-parleurs bruyants et surtout des branches de jasmin s'allongeant dans tout l'espace et enchaînant les objets et peut-être les regards...
Tout au long de cette visite guidée, des étonnements, ponctués parfois de rires, se font entendre à travers ce public désemparé... Pourtant on s'y attendait ! On savait que ce spectacle, annoncé pour ce mardi, à l'Isad, dans le cadre des Journées théâtrales de Carthage, Dominant powers, que faire alors, signé par Claudia Bosse, n'avait rien d'un théâtre classique. «C'est une tragédie contemporaine (...), un voyage à travers des situations, des espaces et beaucoup de questions», lit-on dans le dossier de presse.
Dans les couloirs, une autre créature masquée surgit de derrière et change la trajectoire du public. Récitant la même réplique, elle faisait l'écho à l'autre voix... le rythme s'accélère et l'errance devient inévitable lorsque la créature amène les spectateurs dans la grande salle de représentation, noyée dans un dense brouillard. Là où des comédiens tunisiens croisent les regards et basculent parfois les corps... Des voix se lèvent et des histoires se racontent en différentes langues… Qui parle ? De quoi ?... On ne sait plus rien. Le flou s'estompe lentement et progressivement quand on se trouve affronté à une réalité très proche. Les textes deviennent plus directs décrivant les scènes de massacre en Egypte et en Tunisie et en Libye. A chaque coin de l'espace, des «blessés» s'allongent à même le sol et murmurent leur souffrance à l'oreille des spectateurs... La colère s'éclate. «Les corps sont secoués comme dans une tempête qui les pousse çà et là (...). La tempête de l'histoire, de la société, de l'être. La tempête de la survie, de l'orientation, de l'aberration», explique Claudia Bosse. Dans «cette partition d'événement», la narration procède par des rythmes, des sons, des ambitions et par aussi la cacophonie et le chaos... Les voix se rassemblent pour évoquer la perplexité et la complexité des notions comme la démocratie, la liberté, le capitalisme, le pétrole, les intérêts politiques, le droit de victimes... Les mots s'ajustent puis s'évadent à travers une chorégraphie de sons, de mouvements et d'un labyrinthe d'informations...
Claudia Bosse travaille sur le politique dans la tragédie. Elle développe la notion d'un théâtre de chorégraphie pour spectateurs et acteurs ; un théâtre de constellation. Elle est à la recherche d'un corps transparent qui pense et pose des questions. La première mondiale de ce spectacle a eu lieu à Vienne en novembre dernier avec la collaboration, non d'étudiants de théâtre, mais plutôt de citoyens spontanés. «La version tunisienne est très différente de l'original. Elle est propre à cet espace très particulier et à la mentalité des gens d'ici. Tout est différent», explique la metteur en scène. Deux heures de déambulation et d'errance étaient, à notre avis, trop lentes et trop fatigantes. Le ballet de textes, malgré sa richesse et sa profondeur, devient, lui aussi, à la longue lourd et malmenant... Il va d'ailleurs de ceux d'œdipe, de Jacques Rancière, de Karl Marx, de Michel Montaigne et d'autres, jusqu'à ceux de Barak Obama, des acteurs, de la metteur en scène en passant par des interviews transcrites du Caire, d'Alexendrie et de Vienne. «On peut se perdre. Mais c'est la pièce; la volonté de comprendre ou ne pas devoir comprendre, ne pas être plus loin que là où on est en ce moment», ajoute Claudia Bosse.


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