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Comment approcher le problème du chômage ? (Ière partie)
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 29 - 02 - 2012

Le chômage est actuellement le problème le plus important et le plus difficile pour la Tunisie, qui compte aujourd'hui plus de 800.000 chômeurs.
Ce problème, en plus de son impact psychologique, matériel et social dévastateur pour la population des chômeurs, constitue un danger extrêmement grave pour le pays, à cause des risques de dérapages et de troubles sociaux qu'il peut engendrer.
En conséquence, une approche objective et rationnelle de ce problème épineux est nécessaire, pour éviter au pays des troubles majeurs, et lui permettre de s'acheminer sur la voie de la croissance, de la paix sociale et de la prospérité.
Dans la suite, un diagnostic de ce problème sera présenté, puis une approche pour le traiter sera proposée.
Diagnostic
Le nombre de chômeurs estimé à la fin de 2011 à plus de 800.000, dont 200.000 environ de diplômés de l'enseignement supérieur, représente plus de 21% de la population active.
Ce nombre était à la fin de 2010, c'est-à-dire la veille de la révolution, d'environ 490.000, dont 180.000 environ de diplômés de l'enseignement supérieur.
Sous l'effet de la révolution du 14 janvier 2011, et de l'année 2011 post-révolutionnaire qui la suivit, ce nombre s'est envolé à plus de 800.000, pour les raisons suivantes :
- perte de dizaines de milliers d'emplois suite à l'arrêt d'activité de plusieurs usines et entreprises, qui ont été pillées, saccagées ou brûlées
- perte de dizaines de milliers d'emplois suite à la fermeture de plusieurs usines et entreprises à cause des sit-in, des grèves et de la montée des revendications sociales.
- retour en Tunisie de dizaines de milliers de travailleurs tunisiens en Libye suite à la révolution dans ce pays
- arrivée sur le marché du travail d'environ 80.000 nouveaux demandeurs d'emplois, qui constituent le lot annuel normal de nouveaux arrivants sur ce marché, y compris les nouveaux diplômés de 2011.
- Une création pratiquement nulle de nouveaux emplois en 2011, suite à une croissance économique nulle, voire négative, de l'économie tunisienne en 2011.
Donc, outre l'impact de la révolution, qui a augmenté le nombre des chômeurs de plus de 60%, il y avait quand même un nombre important de chômeurs avant la révolution , c'est-à-dire à la fin de l'année 2010, estimé à 490.000 environ.
Ce nombre de chômeurs d'avant la révolution est dû en premier lieu à une faiblesse structurelle de l'économie tunisienne.
En effet, alors que le nombre des nouveaux arrivants sur le marché du travail par an est estimé pendant les dernières années à plus de 83.000 environ, l'économie tunisienne créait par an moins de 70.000 postes de travail en moyenne. Ainsi, le nombre d'emplois créés pour la période 2007-2010 était de 272.500, soit une moyenne annuelle de 68.125 emplois, contre une demande de nouveaux emplois de 334.000, soit une moyenne annuelle de 83.500 emplois ( voir rapport annuel de la BCT pour 2010; page 27).
Chaque année donc, et sur une longue période, le nombre de chômeurs augmentait de 15.000 environ.
Pour être en mesure d'enrayer le fléau du chômage, il faut donc que l'économie crée plus de 83.500 emplois par an. Cela permettrait de faire travailler les nouveaux arrivants sur le marché du travail (environ 83.500) et de prendre en charge une partie de ceux qui sont déjà inemployés.
Cela correspondrait à une croissance annuelle du PIB (Produit intérieur brut) de plus de 5,5%. Il est en effet admis qu'un point de croissance crée entre 14.000 et 16.000 emplois. Donc une croissance de 5,5% créerait 82.500 emplois par an, si on considère qu'un point de croissance crée en moyenne 15.000 emplois.
En fait, et tenant compte des fluctuations d'une année à l'autre du nombre de nouveaux demandeurs d'emploi, un taux de croissance minimum de 6% (soit 90.000 emplois) serait nécessaire pour une prise en charge complète et régulière des nouveaux arrivants sur le marché du travail, et d'une partie minime des anciens chômeurs. Et ce n'est qu'à partir d'une croissance supérieure à 6% que le chômage commencera à diminuer d'une façon perceptible
Cela est du reste confirmé par plusieurs experts qui estiment qu'une croissance annuelle de 6% à 7% serait nécessaire pour diminuer le chômage.
Un petit calcul montre que même une croissance annuelle de 8% ne permettrait de créer que 120.000 emplois par an (8*15.000 = 120.000). Cela représente 36.500 postes en plus des 83.500 postes correspondant aux nouveaux arrivants annuels sur le marché du travail.
A ce taux de croissance de 8%, si difficile qu'il soit à réaliser, et en considérant «qu'il n'y a» actuellement que 800.000 chômeurs, il faudrait plus de 10 ans, pour réduire le nombre de chômeurs de moitié, soit à 400.000 environ.
En outre, et tenant compte de la croissance de 4,5% espérée et prévue par le gouvernement actuel, pour les années 2012 et 2013, prévisions considérées trop optimistes par plusieurs observateurs, le chômage va s'accentuer durant les deux prochaines années, du fait que ce taux de croissance de 4,5% est inférieur au minimum de 6% mentionné ci-dessus.
Approche pour traiter le problème du chômage
Il est donc clair que la résolution du problème du chômage demandera du temps. Très longtemps. Ce problème est installé dans la durée. Et toute approche sérieuse pour le résoudre doit le traiter en tant que tel, c'est-à-dire en tant que problème durable, et même très durable.
En outre, la croissance économique ne pouvant apporter de solution à elle seule que sur plus de dix ans, délai tout simplement insupportable, toute solution doit se baser sur quatre volets : économique, social, politique et éducationnel.
Economique, pour s'attaquer aux causes structurelles du problème. A terme, seule une croissance économique soutenue et durable permettra d'apporter une solution efficace.
Social, pour venir en aide aux centaines de milliers de chômeurs jusqu'à ce qu'ils aient un travail. En effet, il n'est pas possible d'abandonner la population des chômeurs à leur sort, alors que la plupart d'entre eux devront attendre plusieurs années pour trouver un emploi. L'Etat doit leur venir en aide en attendant que leur calvaire soit fini, et multiplier les mesures pour alléger leur peine.
Politique, pour créer un climat favorable à la création d'emplois, et favoriser autant que possible l'exportation de main-d'œuvre vers les pays frères et amis, et notamment la Libye.
Et enfin éducationnel. Notre système d'éducation fabrique trop de chômeurs, et il a accusé une baisse de niveau sensible. Il convient donc de le revoir et de le réformer pour aboutir à une meilleure adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail. Cela est d'autant plus justifié que le problème du chômage est un problème de longue durée.
Volet économique de la solution
Est-ce qu'une croissance annuelle sensiblement supérieure à 6%, disons de 6.5 à 8%, est possible ? Ce taux est en effet nécessaire, pour diminuer et enrayer le chômage. Comme mentionné ci-dessus, un taux de croissance de 6% suffit à peine pour résorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail.
La réponse est probablement oui.
En effet, du temps de Ben Ali, la croissance annuelle variait en gros entre 4% et 6% (4,5% en moyenne pour la dernière décennie, et plus de 5% en moyenne pour la décennie d'avant).
Ce taux était réalisé malgré la corruption qui ravageait le pays.
Plusieurs experts estiment que cette corruption faisait perdre au pays 2 points de croissance du PIB par an.
Donc, rien qu'en combattant et en minimisant la corruption, et en réalisant les mêmes performances économiques que celles de l'époque du régime déchu, on pourrait aboutir à une croissance entre 6% (soit 4% +2%) et 8% (soit 6% +2%).
En outre, du temps du régime déchu, il y avait une mauvaise répartition de la richesse créée, dont une grande partie était accaparée par quelques familles privilégiées.
Avec une répartition plus équitable de la richesse, on peut venir en aide aux couches sociales précarisées, et donner un coup de pouce supplémentaire à la confiance des investisseurs dans le pays. Cela ne manquera pas de débrider les initiatives, de favoriser la création de plus de projets, de pousser la croissance davantage, et de favoriser la création de plus d'emplois.
Evidemment, pour reprendre la croissance d'avant la révolution, il faut que la sécurité s'installe… que les revendications sociales soient raisonnables, et que les grèves et les sit-in soient réduits au minimum.
C'est là une responsabilité collective, du gouvernement en premier lieu, mais aussi des syndicats, ainsi que des partis politiques et des autres acteurs de la société civile.
Un autre élément qui peut favoriser la croissance, est un meilleur équilibre entre les régions. En orientant plus d'investissements vers les régions défavorisées et jusqu'ici oubliées, on pourrait escompter une croissance plus rapide. Les investissements dans les régions pauvres peuvent amener une croissance plus rapide que dans les régions riches, où l'économie est plus ou moins «accomplie», et où une croissance importante est plus difficile à réaliser. Cela est du reste constaté dans les pays développés où on enregistre rarement une croissance supérieure à 2% ou 3%, alors que dans les pays émergents, on arrive parfois à une croissance à deux chiffres (plus de 10%).
La conjugaison des éléments mentionnés ci-dessus: lutte contre la corruption, répartition plus équitable des richesses créées, et équilibre d'efforts et d'investissement entre les régions, pourrait générer un taux de croissance de 7%, et peut-être même plus.


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