Les Tunisiens sont d'incorrigibles optimistes. Partis à Londres avec des illusions, ils en reviennent bredouilles sauf pour Oussama Mellouli et Habiba Ghribi. Les Tunisiens sont d'incorrigibles optimistes. Partis à Londres avec des illusions, ils en reviennent bredouilles sauf pour les deux expatriés Oussama Mellouli (1 or et 1 bronze) et Habiba Ghribi (1 argent). Et ils s'en plaignent. Libre à eux de se nourrir d'illusions, mais force est de constater que le sport est une affaire très sérieuse où l'improvisation n'a guère de place. Et puis, de quoi nous plaignons-nous, nous qui avions fait si peu pour le sport (du moins d'élite)? Que dire de l'Egypte et de pays comme le Portugal, Qatar, la Belgique et la Grèce (pourtant berceau des Jeux Olympiques) qui n'ont remporté aucune médaille d'or. Le sport d'élite est aujourd'hui une affaire de volonté, de moyens et de talent. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si nous retrouvons loin devant nous, aux trois premières places, les USA (104), la Chine (88) et la grande Bretagne (65). Pour ce trio, le sport d'élite est une affaire de talent à part entière. Procédons donc par ordre. Rien ni aucun résultat ne peut être atteint sans le talent. Ceci laisse supposer une vaste opération de prospection car les grands talents, il faut toujours aller les chercher dans la Tunisie profonde, pour l'athlétisme surtout. (Habiba Ghribi a déjà souligné qu'il existe plusieurs athlètes en Tunisie mais qu'ils manquent d'encadrement et de soutien). Et sur ce plan, très peu a été fait. Les coureurs du dimanche disparaissent aussitôt dans la nature. Le talent (souvent à l'état brut) est de ce fait dilapidé, au départ. Le mérite de Habiba Ghribi a été d'avoir quitté la Tunisie pour la France pour apprendre et... progresser. Les moyens ensuite : «Oussama Mellouli et Habiba Ghribi ont remporté des médailles grâce à leur talent et aussi aux moyens de l'Etat. Si on donne les mêmes moyens aux athlètes qui sont en Tunisie, on peut avoir un autre résultat», a souligné Hédi Mhiresi, membre de bureau exécutif du Cnot. On suppose que ceci est également valable pour tous les sports. Avec l'infrastructure adéquate, l'athlétisme par exemple — contrairement ce qu'on pourrait penser — n'exige pas de grands moyens. Infrastructure appropriée et des entraînements à Tunis (nous éviteront des dépenses pour des stages à l'étranger et une participation aux meetings à l'étranger. Soyons réalistes : la Tunisie ne dispose pas et ne disposera pas de sitôt de plusieurs athlètes d'élite. Il est bon de souligner que les escrimeurs et escrimeuses n'ont guère progressé par rapport aux Jeux olympiques de Pékin. Il semble que le Cnot veut distribuer des primes d'encouragement. C'est inadmissible ! Du calme, pas d'excès de zèle, s'il vous plaît ! Il est urgent de créer un statut propre aux quatre, cinq ou six athlètes pour lesquels on misera en leur permettant à la fois de se dédier totalement aux entraînements en contrepartie d'une assurance matérielle, Tarek Dhiab a bien fait de désigner deux grands spécialistes dans le sport d'élite : Mongi Kachouri et Riadh Azaïez pour redonner à notre sport un second souffle. La tutelle devrait écarter les parasites qui gèrent la commission d'élite dominée par un certain électricien. Attention, cela ne suppose pas l'abandon du sport de masse qui est à la base de tout. La tâche n'est pas insurmontable et le projet guère utopique. L'essentiel est de s'y mettre dès à présent. Rio de Janeiro, c'est demain.