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Une main de fer dans un gant de crin
Arts Plastiques : «Père, mère, terre» de Latifa Sayadi à El Teatro
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 01 - 2013

Tuniso-allemande, de père originaire de Monastir, ville souveraine des années 1960 - 80, Latifa Sayadi puise son pouvoir et sa force artistique dans l'art sculptural et, plus précisément, dans le fer forgé. Elle a choisi de s'arracher une place dans le cercle culturel de son pays natal, tout en contournant habilement les obstacles et les contraintes en cours de route.
Avec un professionnalisme pointilleux, une détermination et un imaginaire prolifère, Latifa a réussi une exposition d'enfer à l'Aire libre d' El Teatro, intitulée «Père, Mère, Terre».
Latifa Sayadi se forge sans bras de fer, mais avec une main de fer puriste, anticonformiste et minimaliste, une personnalité en laiton, malléable selon le poids des circonstances, le temps, le climat, la mentalité et l'état d'esprit, et ce, tout en gardant des nerfs d'acier.
Elle exprime ses fragments de vie en pointant son destin. Elle exorcise son instabilité secrète et inconsciente, ses joies, ses malheurs, en paliers descendants ou ascendants, en cherchant dans l'acier, le fer, l'inox, le laiton et le cimentun équilibre entre le chez elle, là- bas, et le chez elle, ici, ainsi qu'un sens et une valeur autre à l'amour du prochain, de la patrie, de la mère et du père, sans pour autant négliger l'amour propre avec lequel elle ne badine pas du tout!
Ses sculptures métalliques abstraites prennent des apparences variables selon la lumière, le positionnement et l'état de celui qui les contemple. Elle expose également des gravures et des photos. Ses œuvres sont ses miroirs énergétiques. Les images positives ou négatives qu'elles reflètent, pourraient être l' émotion d'un moment ou une réaction alternative, ou un engagement citoyen et socio-culturel par rapport à un évènement vécu ou subi.
De toutes les façons, les lectures sont plurielles et variables, vu la richesse créative présente! Ainsi, on imagine:
- Le pliage et le repliage sur elle-même par le «geknickt».
- La sociabilité spontanée et le contact facile et direct par les fossiles et leurs empreintes ironiques poinçonnées par un Tanit, déesse de la fertilité chez les Phéniciens.
- L'esprit observateur de l'éternel enfant qu'est l'artiste par les impressions numériques des bouches d'égouts métalliques.
Le résultat est contradictoirement esthétique, compte tenu de la répugnance sociale de l'endroit!
Cela confirme sans nul doute l'éveil, l'originalité, le non-conformisme de l'artiste et son intérêt pour l'inconnu, l'obscur et l'inexploré!
- La cohérence et le pointillisme, par des gravures de «dictatures» noires soi-disant déchues par des «révolutions» blanches, soi-disant libératrices, mais nullement portées parce qu'importées.
La transparence de l'âme et des idées par le ciment translucide.
Le comportement pur et dur comme fer, par des formes puristes rondes, carrées, rectangulaires et rectilignes qui semblent monter vers l' infini ou épouser l'aire de l'espace alloué.
- La patience et la persévérance, par les lattes torsadées ou nouées rappelant un peu les nattes et matérialisant les difficultés de l'intégration.
- Le mystère, par les boules suspendues, enfermant à jamais des messages secrets d'amour, qu'elle peut branler à sa guise, selon sa convenance et son état d'esprit, sans pour autant avoir les boules.
- La béatitude, par le «fibonacci» rond scié et par le «fibonacci» carré à angles d'ouverture aigus ou obtus, perçant l'âme comme un cri d'effroi ou de douleur, dans un silence froid et lourd, jusqu'à l'extase.
L'exposition de Latifa Sayadi suscite un questionnement continu,sous tensions et interactions mystico-magnétiques, au point que l'effort soutenu nécessite temporairement un relâchement et un besoin de détente, bien que la disposition des œuvres soit intelligemment aérée.
C'est du faire provocateur, lourd, fort, musclé, jeune, moderne, rigide, gravant, impressionnant, oxydant et inoxydable !
C'est une incitation à la contemplation et à la méditation. On y sort d'abord assommé, mais par la suite oxygéné et voltigeant avec une sensation de légèreté comme après un massage avec un gant de crin ou une séance de méditation transcendantale.
«Père, mère, terre» est, enfin, une quête spirituelle de l'humain libertaire qui se perd entre libéralisme et libertinage!


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