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Une âme dans tous ses états
Danse : Hala, nouvelle chorégraphie de Imed Jemâa
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 04 - 2013

Le spectacle de danse-théâtre, Hala(*), fraîchement créé —avec un groupe de jeunes— par le chorégraphe-danseur Imed Jemaâ et produit par le Théâtre National, a été donné en première, lors de la Journée mondiale du théâtre. Un cycle vient de lui être consacré au 4e Art, les 5, 6 et 7 avril courant.
Influencé par Pina Bausch, la chorégraphe allemande et figure de proue de la danse contemporaine, Imed rend hommage à cette artiste en s'inspirant de son style qui se base sur la fusion entre le théâtre et la danse. Ce style est pour l'artiste tunisien la meilleure manière de montrer que l'art est une arme contre le désordre, le chaos et la violence qui règnent dans cette société souffrante, confirmant l'affirmation de Socrate : le meilleur danseur devient le meilleur guerrier.
Violence, tu nous violes !
Faire parler le corps et faire crier ses membres qui souffrent n'est pas chose facile. Par moments, la parole devient assiégée quand la douleur atteint son paroxysme. Mais ces jeunes artistes ont réussi tout de même à délier les cordes serrées. En fait, les danseurs ont eu le courage et l'audace de mettre à nu le corps d'un système qui assomme et consume le corps humain. Et c'est quand le cœur est atteint que le corps s'épuise pour de bon. Que dire alors lorsque la violence est dominante ? On voit sur scène que la femme est asservie, mal aimée et rejetée. Sa relation avec l'homme souffre de privations, de condamnations et de brutalités. Et c'est ce mur en métal qu'on voit au milieu de la scène qui est curieux, le choix de ce genre de métal sur lequel les corps des femmes sont jetés brutalement relève d'un symbolisme frappant. En fait, ce métal signifie la solidité et la dureté, comme il peut signifier aussi la matière dans son sens propre. D'ailleurs, on a bien vu la présence de chariots qui n'arrêtent pas leur défilé. Le chariot renvoie ici à la consommation et aux produits, il accable le corps puisqu'il l'assujettit, le soumet et le conditionne : le corps devient alors esclave de la matière. Quand on regarde de près le chariot, on discerne les petites barres qui rappellent la prison. Ce chariot qui commande et conduit le corps où il veut, est une charrette dans laquelle le corps s'engouffre et se laisse empiéter soit par résignation, soit par impuissance. Ce mur est, également, symbole d'une a-communication terrible entre les hommes et les femmes. Soudain, on voit un autre corps qui entre sur scène : l'instrument de la batterie. À travers les coups de cet outil qui résonnent dans la salle, on voit que le corps est tantôt haché, tantôt s'enflant dans le mouvement : il est entièrement malade!
Tabula rasa...
Comment mettre des anticorps et détecter un corps malade qui souffre d'un état lamentable? Comment changer cet état insupportable et dur, surtout quand il condamne un cœur sensible? La fragilité rend le corps fragmenté et érodé. Le recroquevillement des corps est un crime, le silence est complice; mais le cri est aussi parole, parole d'un corps qui veut se libérer, d'un corps qui veut créer.
Ce spectacle invite le corps et le cœur fragiles à parler, à crier et à se dégager de toute frustration. Cette mise à mort de toute forme de viol et de violence met en avant un corps qui refuse de s'exhiber, il se désinhibe, déclarant avec le geste, le souffle et les entrailles du corps, le rejet en bloc de toute déformation du corps. Le corps est frénétique dans ce spectacle, il interprète et mime la violence des corps frustrés. Cette frustration est lue surtout grâce aux pas rapides et aux gestes automatiques, elle est expressive car elle nous plonge dans un autre état : celui de la stupeur, de l'angoisse et de l'électrochoc.
L'effet de cet état, que nous fait partager l'artiste, nous rappelle Sarah Bernhardt qui confie dans ses correspondances quand elle venait de jouer Phèdre : Je souffrais, je pleurais, je criais, et tout cela était vrai; ma souffrance était horrible; mes larmes coulaient brûlantes, âcres... le Dieu était venu. Dans ce spectacle complet où danse, théâtre et musique s'entrelacent dans un corps à corps formidable, l'émotion qu'éprouvait le public était visible. Mais attention, âmes sensibles s'abstenir!
(*)Mise en scène et chorégraphie : Imed Jemâa.
Interprétation : Mariem Bou Ajaja, Thouraya Bou Ghalmi, Karim Touwayma, Kaïs Boularès, Marwen Errouine, Imed Jemâa, Nafaâ Allam, Hamza Zeramdini.


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