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Réduire les inégalités sociales
Santé
Publié dans La Presse de Tunisie le 12 - 06 - 2014

L'Observatoire national des inégalités sociales de santé ( Oniss) a organisé, hier, à Tunis, une conférence-débat pour décortiquer les causes directes et indirectes de la disparité sociale et régionale en matière d'accès aux soins, évaluer l'existant de par les points de force et ceux de faiblesse et proposer des solutions à même de remédier aux défaillances.
Le Dr Chokri Arfa, économiste, s'est penché, lors d'un exposé méticuleusement détaillé, sur la santé financière du système de santé et celui de la couverture sociale sanitaire. Il a rappelé, d'abord, que les principaux acteurs du financement de l'assurance maladie sont l'Etat, les cotisations sociales, notamment dans les entreprises publiques et les cotisations des ménages dans le secteur privé. Les dépenses sociales représentent, toutefois, 40,5% des paiements directs en matière de santé, ce qui classe la Tunisie dans le deuxième groupe en matière de paiement direct dans la zone de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Il est bon à savoir que le premier groupe correspond aux pays dont les paiements directs excèdent les 50%. Quant au troisième, il concerne les pays du Golfe où les paiements directs sont inférieurs à 20%.
S'agissant, par ailleurs, des paiements indirects de santé, ils comptent 4% du PIB contre 3,6% en 2010. Cet indicateur place la Tunisie en position honorable par rapport à la moyenne de la région qui n'est que de 2%.
A ces points de force s'opposent, toutefois, des points de faiblesse et non des moindres. En effet, selon l'enquête réalisée en 2010, l'on constate que 21% des ménages tunisiens n'ont pas accès à la couverture sociale en matière de santé. L'orateur souligne la disparité régionale comme étant un facteur qui joue au détriment du milieu rural, où l'on découvre que 30% des ménages ne bénéficient pas de couverture sociale en matière de santé contre 18% dans le milieu urbain. Autre disparité digne d'intérêt : l'option pour la filière publique d'assurance maladie concerne 64% des ménages ruraux alors que 34,1% d'entre eux privilégient la carte de tarifs réduits.
Un système fragmenté
L'économiste considère que le système de la couverture sociale en matière de santé est un système fragmenté en termes de financement, ce qui augmente, d'ailleurs, les coûts administratifs. Il est également marqué par une gouvernance verticale. De son côté, la Cnam vit mal sa dégringolade budgétaire avec, notamment des dépenses qui se situent actuellement à 44% contre 27,6% en 2007.
Le Dr Arfa constate une inadaptation des modes de financements actuels à la coordination entre les différents acteurs et encore moins à l'évolution escomptée de l'offre des soins. Sans parler de la difficulté d'accès aux soins dans certaines régions faute de moyens financiers ou à défaut d'établissements sanitaires. Il ne manque pas d'insister sur le manque de perfectionnement et d'efficacité du secteur public et la crise de confiance qui en résulte, par comparaison évidemment à la qualité des prestations dans le privé.
L'orateur appelle, donc, à la réduction des inégalités sociales en matière de santé. Un but qui ne pourrait être atteint sans le recours à des mesures cruciales, dont l'élargissement de la protection sanitaire aux Tunisiens encore non couverts, la diminution du déficit de la Cnam et la régularisation du secteur public. Il recommande également la décentralisation des décisions via une meilleure autonomie de gestion et l'élaboration d'une politique claire et applicable en matière d'accès aux médicaments.
Il convient, en outre, de développer un régime de prépaiement et ce, afin de réduire les risques relatifs au financement, miser davantage sur une politique préventive et opter pour une nouvelle organisation des soins de premiers secours.
Ajuster la politique sanitaire à la transition épidémiologique
De son côté, le Dr Souha Bougatef a traité des défis de la transition épidémiologique, une transition marquée par la baisse de la morbidité des maladies transmissibles, l'augmentation perpétuelle des maladies non transmissibles ( MNT) ainsi que l'émergence de nouvelles maladies transmissibles comme le coronavirus. L'oratrice indique que le vieillissement de la population va de pair avec l'évolution des maladies chroniques ou MNT, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète, l'obésité et le cancer. Ces maladies sont étroitement liées à une mauvaise hygiène de vie, caractérisée par la sédentarité, la malbouffe, le tabagisme etc. Si en 1980, les principales causes de mortalité en Tunisie se résumaient essentiellement aux maladies périnatales et infantiles, ce sont, désormais, les maladies cardiovasculaires et les tumeurs qui occupent le haut de la liste en termes de mortalité avec des taux respectifs de 28% et 15% ( 2010 ). Aussi, les MNT constituent-elles 68% des causes de décès.
Le Dr Bougatef évoque, par ailleurs, les disparités en matière d'accès aux soins ; des écarts qui excèdent la dualité rural /urbain pour toucher des quartiers au sein d'une même région qualifiée comme favorisée, à savoir le Sahel. L'oratrice s'attarde sur le recul palpable au niveau de la mise en œuvre des programmes nationaux de prévention, comme c'en est le cas pour le Programme national de lutte contre le tabagisme.
Elle estime que l'absence de protocoles référentiels de prise en charge des maladies non transmissibles, le déficit de coordination entre chercheurs et décideurs, le manque d'investissements et l'inégalité sociale de santé constituent les points noirs à remédier.


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