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Pour un code au diapason de l'époque !
Accidents de la route
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 10 - 2014

Le code de la route actuel a fait son temps. Il faudrait un autre qui cadre avec les changements intervenus avec le grand nombre de véhicules qui sillonnent nos routes, nos villes et villages. Celui de 2003, retiré, pourra faire l'affaire avec quelques petits amendements. Il faudra faire régner l'ordre sur nos routes pour arrêter cet élan dévastateur qui fait chaque année des milliers de morts et de blessés. Il faut sévir et faire respecter la loi.
Les temps ont changé. Le nombre d'immatriculations a décuplé en l'espace de dix ans. La majeure partie de la population du pays s'est urbanisée avec un taux avoisinant les 80%. Le transport terrestre s'est développé à un rythme effréné, notamment dans le secteur du transport des marchandises. Cela s'est fait au détriment du rail. De véritables mastodontes sillonnent nos villes et nos campagnes en roulant souvent à tombeau ouvert.
La tranche d'âge des jeunes, parmi les conducteurs, est la plus importante, ce qui n'est pas sans conséquences sur les comportements sur les routes. Face à tous ces changements intervenus, et en dépit des grandes réalisations en matière d'infrastructure, celle-ci n'arrive pas à suivre le rythme de l'augmentation des véhicules dans le pays. Il y a, certes, eu des tracés de nouvelles routes, extensions des autoroutes, déviations et bretelles pour contourner les agglomérations, échangeurs à profusion notamment dans le Grand-Tunis et d'autres villes du pays, asphaltage de plusieurs axes nationaux et régionaux, mais cela demeure en deçà des besoins réels en la matière. Ce qui explique l'encombrement quotidien sur nos routes et les embouteillages monstres à l'entrée de nos villes, et le nombre d'accidents mortels. Il ne se passe pas un jour où il n'y a pas de victimes et de blessés, dont bon nombre perd une ou plusieurs fonctions physiques ou mentales.
Le compteur macabre affiche en moyenne quatre victimes par jour! Le taux parmi les piétons est très élevé. Indiscipline et non-respect des règles élémentaires de la conduite en sont la principale cause. Et tout le monde est responsable. Conducteurs, piétons, et l'Etat aussi ?
Ce dernier est le premier responsable de cette hécatombe quotidienne, de par ce code vieillot qui continue à régir la circulation automobile dans le pays, mais aussi à cause de la non-application de la loi et ce laisser-aller qu'on observe tous les jours, notamment dans le milieu urbain.
Davantage de sévérité !
Une loi est faite pour protéger les uns des abus des autres. Personne ne devra, pas conséquent, se sentir visé ou lésé par une quelconque loi. Et c'est là que le bât blesse. En 2003, un code de la route dissuasif fut voté et dont l'entrée en vigueur eut lieu au mois de février de la même année. Toute la panoplie y était avec le permis à points, l'obligation du port de la ceinture de sécurité notamment.
Ce code a soulevé un tollé au sein de la corporation des taxistes dont les affiliés ont décrété la grève, suite à laquelle on a retiré ce code et ordonné l'organisation et la tenue d'une consultation nationale pour revoir cette nouvelle loi et l'amender. Cette reculade du pouvoir de l'époque a tout chamboulé dans les esprits, notamment chez les taxistes qui avaient crié victoire comme s'il s'agissait d'une bataille pour l'honneur. Les arguments avancés par la corporation ne tenaient pas la route, tel que le port de la ceinture de sécurité qui aurait causé la mort d'un taxiste étranglé par un client à l'aide de ladite ceinture!
Archifaux, affirmaient les gradés de la circulation (Garde nationale et Police) présents aux travaux de la fameuse consultation nationale à laquelle j'ai pris part et où j'ai eu des prises de bec avec le président du syndicat des taxistes, qui, à chaque détour, et comme pour intimider l'assistance, nous rappelait qu'il restait reçu par le chef de l'Etat.
Tout le mal que nous vivons de nos jours et le malheur que nous subissons à cause des accidents de la route sont consécutifs au retrait de ce code. Les policiers tournaient le dos au feu pour éviter de voir les contrevenants. Ils étaient excédés, voire dépités d'autant qu'ils étaient toujours mis à l'index par les conducteurs.
C'était un véritable méprise à l'encontre des Tunisiens : une corporation, dont les adhérents ne représentent même pas 5% des véhicules dans le pays, impose sa propre loi à la majorité. Un populisme de mauvais goût aux conséquences désastreuses pour les familles et le pays. Aux centaines de morts et milliers de blessés s'ajoutent les dégâts matériels qui se chiffrent en centaines de milliards de nos millimes.
Voilà le résultat de cette volte-face du pouvoir face à ceux à qui la loi fait peur, parce qu'ils ont eu l'habitude de l'enfreindre.
Mépris et conséquences!
Le mal a ensuite touché le corps, avec ce que nous voyons chaque minute dans nos artères, et chaque jour sur nos routes. Aujourd'hui et avec les nouvelles mœurs, l'as de la conduite, c'est celui qui grille le feu rouge, emprunte le sens interdit, ne marque pas l'arrêt obligatoire, ne cède pas la priorité, qui dépasse la vitesse réglementaire et double en ligne continue.
On vous insulte, on vous menace et on vous tabasse s'il le faut si vous faites une simple moue désapprobatrice ou le moindre geste de quelqu'un d'excédé.
Les piétons ont, eux aussi, leur part dans cette descente aux enfers. Ils traversent la chaussée n'importe où, ils se faufilent entre les véhicules. Sur l'autoroute sud, ils franchissent la voie et laissent les ponts enjambant l'axe routier et le tunnel qui se trouve au niveau de la cité Ennour. Mais il est vrai que ce tunnel est très dangereux surtout la nuit. Selon les statistiques de l'Observatoire national de la circulation, les piétons représentent 28,4% des victimes de la route. Cela veut tout dire du comportement du Tunisien, à pied couplé avec la vitesse excessive des automobiles.
Le constat est plus qu'alarmant. Et ce ne sont pas les campagnes de sensibilisation qui vont inverser la tendance. Depuis des dizaines d'années, on mène de telles campagnes. Le phénomène ne fait que prendre de l'ampleur pour devenir un véritable fléau avec cette hécatombe quotidienne.
La solution est pourtant simple, exhumer ce code retiré en 2003, le remettre à jour et le relancer de nouveau. Il y aura des protestations, mais elles s'estomperont devant la fermeté de l'autorité. Une grève ou deux de telle ou telle corporation ne changera en rien le cours des événements et de l'histoire.
Il est grand temps de sévir pour qu'un minimum d'ordre et de sécurité règne sur nos routes. Il est inadmissible de céder devant les tentatives d'intimidation de ceux qui ne portent aucun égard envers la loi. L'incivisme et l'incivilité ne feront pas de la Tunisie un pays moderne, au contraire, ils nous replongeront dans un chaos qui ne mènera que vers le désastre.
Faisons comme la France au milieu des années 1970. A cette époque, le nombre des victimes de la route était de 15.000. Une action civique de la part des habitants d'un village comptant ce même nombre a changé le cours de l'histoire. Ils ont fait un sit-in sur un axe routier. Des kilomètres de corps humains couvrant la chaussée. Une action qui a donné le ton pour que les pouvoirs de l'époque prennent les choses en main en légiférant et promulguant un code de la route qui cadrait avec les besoins pour sauver des vies humaines de la folie de conducteurs souvent éméchés et peu regardants sur la vitesse.
L'alcootest est né, la ceinture de sécurité est décrétée obligatoire (avant elle n'existait pas), le permis à points a fini par compléter cette armada de mesures dissuasives, au point qu'aujourd'hui le nombre de morts des accidents est tombé sous le seuil de 4.000 victimes, avec un parc automobile qui a plus que doublé entre-temps.
Seule la loi est à même de freiner cet élan dévastateur des gangsters de la route qui hantent les esprits de chaque conducteur qui n'est pas de leur trempe, à chaque sortie pour aller au travail ou changer d'air.
Trop, c'est trop! Et il faut agir.


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