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Lorsque ses troupes sont désordonnées, le général n'a pas de prestige (Sun-Tzu)
Publié dans Leaders le 07 - 05 - 2015

Un jugement sans doute quelque peu moqueur et sévère à l'égard de la conduite des affaires du pays. C'est du moins et semble-t-il l'impression générale qui se dégage des derniers sondages.
Quoiqu'à dire vrai, et corriger tout de suite le ton persifleur, la réalité des choses est toujours en demi-teinte ! A preuve les succès certes encore fragiles obtenus au plan de la sécurité. Le pays retrouve un semblant d'apaisement après les évènements sanglants survenus au Bardo et à l'intérieur. Dont acte ! Mais si nos concitoyens reconnaissent volontiers les efforts fournis et les résultats obtenus dans ce domaine, ils se défient dans leur for intérieur du caractère éphémère de ce calme. Une hirondelle n'a jamais fait le printemps !
Sur d'autres plans, l'opinion telle que reflétée par ces sondages etles éditoriaux est manifestement décontenancée. Elle oscille entre scepticisme dubitatif et franche colère.
Presque cent jours passés, et comme sœur Anne du conte de Perrault…l'opinion ne voit rien venir !
Bienveillante cette opinion, à l'égard des tribulations chaotiques de la formation du gouvernement ! Indulgente s'agissant des premiers couacs en matière de conduite de politique étrangère ! Accommodante vis-à-vis de cette démarche consistant à faire croire qu'en changeant quelques têtes (PDG et gouverneurs) les choses iraient mieux ! Débonnaire, quand le Premier Ministre fait part d'une méthode inédite: La politique poursuivie sera la somme des cinq priorités majeures de chaque ministère. Mais voilà, l'opinion finit tout de même par s'impatienter, et ce qui devait arriver arriva !
Le climat social passablement délétère jusqu'ici vire à la franche confrontation. On aurait aimé pour la circonstance que le ministère des affaires sociales nous communique ses statistiques sur les conflits sociaux (nombre, jours de grèves, nature, etc…). Il n'en fera rien.A l'interminable conflit du bassin minier de Gafsa est venu se greffer de très impopulaires débrayages dans la fonction publique, mais aussi un durcissement des différents dans plusieurs entreprises du secteur privé.
Sans parler d'embrasement, le malaise général est suffisamment profond à en juger par l'escalade verbale à laquelle se livrent les organisations patronales et syndicales, sans parler des joutes oratoires, aux limites du pugilat à l'ARP. Du jamais vu depuis longtemps. A l'évidence passer du dialogue national au dialogue social…un pas difficile à franchir !
Un état de grâce qui a assez duré…semble dire cette opinion, que nos sondeurs traduisent en « faible rendement du gouvernement » ! Mais alors comment en est-on arrivé là ? Et quelles portes de sorties empruntées ? Bien malin qui pourrait le dire, mais esquissons quelques réponses.
Le trait de fonctionnement de ce gouvernement est indubitablement, -pour l'instant-, son hésitation et de facto son indécision. Sa composition y est sûrement pour quelque chose. Des sensibilités qui vont du « statu quo ante bellum » (vous aurez décodé) à celle social-démocrate bon teint, en passant par celle tragi-comique ultra-libérale, de quoi, vous l'avouerez, anéantir toute velléité de cohésion et d'unité de vue. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, ce gouvernement n'a pas de programme à proprement parler, aucune feuille de route digne de ce nom, aucun objectif prévu et réalisable à un horizon de temps donné….si ce n'est de conduire des réformes structurelles passablement inaudibles pour le commun des mortels.L'assertion est sans doute un peu rude. Mais faire le déplacement jusqu'à Washington pour obtenir un délai de six mois pour la mise en œuvre de ces réformes en dit long sur cet empressement temporisateur…
Il faut dire que cette tergiversation procède aussi d'une autre conséquence inaperçue au moment de la formation de ce gouvernement d'union plus composite que nationale. Celle d'une hasardeuse présemption que gouvernement et majorité parlementaire travailleraient de concert et à l'unisson. Un pari osé...mais, c'était mal connaitre les arcanes de la politique telle qu'elle est pratiquée depuis 2011. Membres du gouvernement, parlementaires et partis politiques n'ont pas les mêmes agendas ! Mener des réformes « nécessaires mais douloureuses » n'est bien évidemment pas interprété de la même façon par tout un chacun. Inutile de préciser le caractère éminemment impopulaire de nombre d'entre elles. Les ruades de l'UGTT comme du Front Populaire donnent déjà le ton !
Une hésitation gouvernementale donc qui ressemble à une entame de démarche politique à hauts risques.Tous les ministres ont à l'esprit la conduite de réformes structurelles (Hartz I & II) en Allemagne mais qui s'est soldée par une retentissante et douloureuse défaite deSchroeder et du PSD aux élections. Le spectre d'un possible échec hante notamment les membres du gouvernement les plus exposés: premier ministre, celui des finances ou encore celui de l'investissement et de la coopération. Ce gouvernement dont la cohésion ne semble pas être décidemment le point fort est soumis à une double pression croissante: Celle d'un côté, d'honorer les engagements pris auprès du FMI et de la communauté internationale et bénéficier ainsi d'un prolongement de soutien financier dans cette période difficile et celle, de l'autre, de s'exposer à une flambée sociale redoutable de conséquences.Ce flottement et cette tergiversation ne sont pas qu'une simple impression ou une vue de l'esprit. De trop nombreux autres signes témoignent de ce souci de procéder avec la plus extrême prudence. Quelle méthode adopter pour faire passer ces réformes ? Le ministre des finances suggère de mobiliser et faire monter en première ligne les partis ? Faire passer ces réformes en bloc dans l'urgence ou une après l'autre ? Attendre l'approche de l'été pour les présenter ? Un exercice qui quoi qu'il arrive s'avère hautement périlleux.
Le seul exemple de la réforme du secteur bancaire illustre la difficulté. Une hardiesse improvisée stoppée nette. Le nouveau ministre des finances vient d'hériter d'un dossier complexe et sulfureux. La recapitalisation des banques, première étape de la restructuration, sera poursuivie indique-t-il avec assurance, estimant l'apport d'argent frais à quelque 1,3 à 1.5 Md DT. Une paille, vous l'admettrez, à la seule charge des contribuables ? Omettant d'indiquer, au passage, si les actionnaires privés (entre 25 et 45% du capital social des banques publiques) verseraient aussi leur obole, le ministre affirme vouloir faire appel à des partenaires « stratégiques » (oui vous avez bien lu) pour un montant de l'ordre de 15% du capital.On croit rêver !
Outre le caractère hautement improbable, jamais aucun partenariat stratégique ne se fait à ce niveau de pouvoir et de contrôle, le ministre s'est inutilement exposé à une volée de bois verts qui discrédite son approche….du coup silence radio.
Chat échaudé craint l'eau froide !A moins que le gouvernement et chacun de ses membres n'ait lu Sun Tzu : « Feignez le désordre, ne manquez jamais d'offrir un appât à l'ennemi pour le leurrer, simulez l'infériorité pour encourager son arrogance, sachez attiser son courroux pour mieux le plonger dans la confusion »…
Les semaines et les mois qui viennent nous donneront surement des réponses.
Hédi Sraieb
Docteur d'Etat en économie du développement.


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