Comme un saule sur les berges Tu ne peux retenir le cours de l'eau Ni la fuite des années qui passent Ta compagnie la rumeur des flots Ce n'est pas un nuage qui couvre Ton horizon Mais la raideur des branches qui cassent Dans la froidure, l'hiver si long Tu le sais parfois à ton seuil Résonnent des voix de passants Ou surgissent des oiseaux consolant Les demeures par leurs chants Courbé là dans l'attente des saisons Tu ne sais si le monde est à pleurer ou bénir Penché sur le reflet des surfaces Tu te demandes qu'est-ce qu'il y a au fond Est-ce le cri que tu étouffes Parmi les feuilles qui tombent Qui te rappelle le nom de la terre Que tu n'as pas vue depuis longtemps Elle est loin la chanson que tu entends Comme une envolée haute Ailes déployées dans les airs Par-dessus les rochers menaçants Sais-tu si la sève des jours nourrit Ton écorce qui mue pour grandir En dépit des torrents Ou si ta hâte veut rejoindre l'océan Ta plume prise dans les bois morts Rêve de limon pourtant Combien faut-il de radeaux à la rivière Pour se séparer de la source et séduire le pont Comment dire au magnolia si près D'où te vient cette éclosion soudaine Quand tout alentour est silence nu Sans robes festives ni bourgeons Pourras-tu accueillir le soleil Qui se lève Exténué de la nuit fauve Brillances d'étincelles grondements de tonnerre Toutes ces filantes dans les bras du désert Dormant la planète jamais sevrée Des guerres ni des monnaies sonnantes Les Humains blessant terre et firmament Tu voudrais voir revenir les cigognes Sur les toits des passages Leur dire emportez mes nuages Loin des crépuscules loin des brumes La vie comme un songe Se révélant chaque jour Porte-clés aux anneaux de lumière E t ouvrir les portes à l'élan