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Médias tunisiens : nul n'est prophète en son pays !
Publié dans Leaders le 23 - 05 - 2016

Par Slaheddine Dchicha - Que Libération, Le Point, le Figaro et d'autre journaux, magazines et médias français reprennent une information faite par le quotidien le Monde, quoi de plus « naturel ». C'est une pratique courante entre médias français et fréquente entre médias internationaux.

Mais que des journaux, des magazines et des médias tunisiens s'ignorent et négligent des sources toutes proches pour privilégier celles étrangères et plus lointaines, c'est « mouch normal », comme l'on dit en franco-tunisien.

En effet, les médias tunisiens ont repris l'entretien accordé par M. Rached Ghannouchi au journal Le Monde le 19 mai, la veille de la tenue du Xème congrès de sa formation, Ennahdha. Or, le président islamiste, a tenu des propos encore plus explicites et bien plus tôt, en l'occurrence le 15 mai, dans un entretien-fleuve à un magazine tunisien, Leaders el Arabiya, entretien qui a été repris, traduit en français et diffusé par la version française de Leaders, les 17, 18 et 19 mai.

Les déclarations fracassantes de M. Ghannouchi et ses révélations concernant les changements et les révisions idéologiques et doctrinales de son parti sont donc restées dans l'indifférence pendant cinq jours. Elles n'ont suscité l'intérêt des commentateurs, des analystes et des hommes et femmes des médias tunisiens qu'après la publication de l'interview de Ghannouchi par le quotidien français.
Comment expliquer un tel comportement et que révèle-t-il du paysage médiatique tunisien ? Et au-delà de la société tunisienne plus généralement ?

Une jalousie infantile et une concurrence féroce peuvent dicter des attitudes aussi triviales et si peu professionnelles consistant à ignorer ce que fait l'autre voire à nier son existence.

La peur, le manque d'assurance et l'absence de confiance poussent au repli sur soi et au rejet de tout ce qui vient d'ailleurs et au déni : ce qui vient me contrarier ou compromettre mes intérêts n'existe pas. D'où l'absence de réactivité au sein du paysage médiatique tunisien : comme si la reprise d'une nouvelle ou la citation d'une source était un aveu de la supériorité du média repris et une reconnaissance de sa propre faiblesse ou défaillance.

Mais alors, c'est cette attitude qui devrait s'appliquer à tous les concurrents et notamment étrangers. Or, ce n'est pas le cas. Au contraire, l'étranger et particulièrement le Français, l'Européen, l'Occidental…se trouve idéalisé et valorisé ainsi que tout ce qui le touche de près ou de loin : ses produits, ses diplômes, ses universités…ses médias ! Bref tout ce qui est « souri », synonyme de modernité et de qualité.

Cette survalorisation se remarque dans l'exaltation des Tunisiens porteurs de diplômes occidentaux, dans l'admiration éprouvée face aux Tunisiennes et tunisiens qui ont réussi ailleurs ou qui se sont vu décerner des prix, des récompenses, bref une reconnaissance hors du Pays. Que l'on se souvienne de la fierté et de la ferveur qu'a provoquées l'attribution du Prix Nobel au quartet national !

Mais cette idéalisation de l'autre n'est pas sans danger. Elle peut entrainer la dévalorisation voire la haine de soi. Ainsi en est-il de certaines choses quand elles sont qualifiées péjorativement de « arbi ». Y aurait-il un reliquat de la mentalité du « colonisé », décrite jadis par Albert Memmi, dans l'attitude des médias tunisiens entre eux ?

A moins que l'on trouve ici une illustration du fameux « désir mimétique » cher à René Girard. Ce désir n'est jamais direct entre le sujet désirant et l'objet désiré, il passe toujours par un Tiers. Le Tiers ici est le média étranger, Le Monde en l'occurrence, qui rend attrayante, l'information jusques là négligée voire méprise, celle de Leaders, comme le regard d'un rival rend désirable une personne qui était jusques là indifférente et ignorée.

Morale de l'histoire pour être reconnu chez soi, il faut être d'abord reconnu à Paris, à New York ou à Berlin, ou…


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