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Ne pleurons pas de l'avoir perdu, mais réjouissons-nous plutôt de l'avoir connu...
Publié dans Leaders le 17 - 10 - 2017


Oraison au Doyen Lazhar Bouony, paix à son âme.
Il était notre collègue, mais il était aussi et surtout un ami pour certains d'entre nous, un homme exemplaire. Lazhar BOUONY était un homme solide, pragmatique, un grand travailleur, d'une très grande modestie. Il avait placé sa vie sous le signe du combat. Le combat pour sa famille d'abord et pour son pays auquel il était passionnément attaché, pour son idéal politique, au service duquel il s'engagea, en participant à diverses institutions. Rien ne l'a arrêté sur son chemin, ni l'agitation, ni la haine, ni la calomnie, ni la violence, ni l'injustice. Mais son dernier combat, il l'a mené seul, après plusieurs mois d'une lutte acharnée dans laquelle il puisa l'énergie nécessaire pour exercer pleinement et jusqu'à son dernier souffle ses responsabilités. L'honnêteté et la générosité ont guidé sa vie. Le respect pour ses semblables était et restera un exemple pour tous. Nous nous inclinons devant celui qui fut pour nous un collègue unanimement respecté, devant le parcours remarquable de cet homme exemplaire de la République.
C'est par l'exercice de responsabilités institutionnelles que le Doyen Lazhar BOUONY était entré en politique il y a environ 22 ans, associant une carrière de diplomate à celle de juriste. Professeur agrégé en droit et en sciences politiques, il a contribué à rehausser le prestige de l'université tunisienne et à diffuser et faire connaître la vision tunisienne du droit à différents niveaux, correspondant aux différents postes qu'il a occupé : doyen de la faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, Président d'universités, vice-président de la Cour maghrébine de justice, membre de la Commission nationale du droit de la mer, Ambassadeur. Fort de cette expérience, Lazhar BOUONY fut appelé à faire partie du gouvernement tunisien. Les années pendant lesquelles il exerça ces responsabilités furent marquées, par son dynamisme et un certain charisme. Il était animé par une passion pour le développement du droit, en particulier international dont il défendait, par devers et contre toutes les opinions contraires, la réalité avec un parti pris qui le caractérisait pour le Tiers-Monde. Il mena, avec tant d'autres collègues présents sur les bancs de l'Université, le combat des infrastructures et du désenclavement du droit.
La fidélité de Lazhar BOUONY pour le domaine juridique, ne se sépare pas de son engagement politique national. Son aspiration à la construction d'une société libre et solidaire l'ont conduit à son adhésion partisane dans les jours qui suivirent la fondation du mouvement dont il a été une clef de voute.
Son implication dans la vie politique nationale marquée du sceau d'une loyauté sans faille à l'égard de la République, son goût pour les batailles politiques difficiles, le conduisirent à cette solitude des décideurs qui fut la sienne à certains moment sombres. Cette période ne fit naître en lui aucune amertume, mais au contraire renforça sa combativité et sa connaissance du monde et de son pays, qualités qui lui permirent de travailler à un grand chantier ouvert et qui lui tenait particulièrement à cœur : la rédaction de deux ouvrages, l'un sur le droit international public et un autre sur les régimes politiques et le régime politique tunisien. Il fut néanmoins, et jusqu'à la fin, ce professeur actif que nous avons tous apprécié pour sa solidité, sa rigueur méthodologique, ses idées qu'il défendait avec pugnacité et son savoir.
Lazhar BOUONY était de ces hommes publics qui ont placé leur action au service des autres dans le souci de promouvoir une société solidaire, capable de rendre aux plus faibles, à ceux que la vie a durement éprouvés, leur dignité et leur juste place. Pour beaucoup d'entre nous, il fut un exemple. Il l'est demeuré et sut trouver l'énergie jusqu'à l'extrémité de ses forces, jusqu'à ses derniers jours.
Il va sans dire que l'intense activité scientifique et les qualités professionnelles de notre collègue lui ont valu l'attribution de nombreuses distinctions.
Sur tous les bancs de son université, l'heure est aujourd'hui au recueillement et à la mémoire. A son épouse, à sa fille, à ses proches, à ses collègues, j'exprime notre profonde tristesse et notre solidarité dans l'épreuve qu'ils traversent.
Après ses funérailles, ces mots, je voudrai les dire, comme ami ainsi que collègue.
La mort l'a emporté pour son dernier grand voyage, en silence, comme il a vécu, causant une peine immense à sa famille et ceux qui l'ont connu et à toute la famille du droit. Le droit connaît une vraie douleur en son cœur et dans son âme. Mais sa mort, son enterrement ne sont pas une fin, tant il est vrai qu'il aura marqué de son empreinte l'institution dont il a été l'un des mentors.
J'écris ce texte pour cet homme tellement vivant dans nos cœurs et dans nos souvenirs, un Professeur qui était pour nous un modèle de rigueur… Un exemple à suivre. Sa vie toute entière était pour nous une leçon, tous ses amis sont là pour en témoigner et pour un dernier hommage. La tristesse de ses disciples dit ce qu'il était et ils ne l'oublieront jamais. Certes, son enterrement est un moment de tristesse, mais il nous reste son héritage, des milliers de souvenirs pour alimenter les jours de son absence. Et même si sa vie n'aura duré qu'un instant, par ses actions il a gagné son immortalité et nous devons apprendre à vivre comme lui. Toutes les formules de condoléances, les peines partagées, le deuil qui commence inscrivent à jamais des pensées pour lui, dans les cœurs, pour que le souvenir de lui ne meure jamais. La sagesse orientale dit que les jardins de ce monde ne fleurissent que pour un temps, et que les meilleures choses du monde sont éphémères. C'est vrai une fois de plus et le jour est venu pour nous, de rendre un ultime hommage à l'homme exceptionnel qu'il était. Ainsi je me plais à imaginer qu'il va désormais rejoindre l'éternité et qu'il restera dans le cœur de l'Université et de la Tunisie toute entière pour ce qu'il a été, une personne juste, attentionnée, généreuse et désintéressée dont l'altruisme a ébloui plus d'un et qui a vécu pour les autres plus que pour lui-même. Il a cessé de vivre, chose qui simplement, d'elle- même arriva, comme la nuit se fait, lorsque le jour s'en va et sa présence nous manquera pour toujours.
La mort a ajouté un nouvel esprit au panthéon du droit ; aussi ne pleurons pas de l'avoir perdu, mais réjouissons-nous plutôt de l'avoir connu...
Monji Ben Raies
Universitaire, Enseignant et chercheur en droit public et sciences politiques,
Université de Tunis-El Manar, Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis.


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